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Festival des blogs – Mexique (2): Présence des médias citoyens

(Liens en espagnol et anglais) Dans ce second volet du résumé du Festival des blogs: Mexique – Citoyenneté, violence et blogs, nous présentons les billets participants qui se rapportent à l'utilisation d'Internet dans ce contexte de violence. On a beaucoup parlé du rôle d'Internet dans la société actuelle, et peu de sujets ont été autant débattus que celui de l'existence des médias citoyens. Remplacent-ils les médias traditionnels? Ont-ils une réelle transcendance et un réel impact sur la réalité des sociétés ? A force de s'interroger on en est arrivé à considérer Internet comme étant un droit fondamental et cela en raison de sa capacité à générer et à renforcer des voies qui garantissent la liberté d'expression.

Nous allons alors commencer par poser la question de la relation existante entre violence, citoyenneté et les blogs non seulement du point de vue d'Internet mais aussi des médias informatifs dans leur ensemble. A l'heure actuelle, l'information n'est pas un droit que l'on peut façonner à partir d'une attitude passive de “consommation d'informations” mais bien à partir du besoin et de cette exigence qu'ont les citoyens de pouvoir générer et transmettre du contenu. Sur ce point, on peut l'affirmer, une certaine tension continue d'exister,  notamment lorsqu'il s'agit  de raconter ce qui s'est passé, entre la version officielle et celle citoyenne.

No más sangre. Del usuario otromundoesposible_com en Flickr. http://www.flickr.com/photos/otromundoesposible/5348752376/ Usada bajo una licencia CC Atribución 2.0 Genérica (CC BY 2.0)

Assez de sang. Image sur Flickr de otromundoesposible_com. Utilisée sous licence CC Atribution 2.0 Générique (CC BY 2.0)

Couverture de faits violents dans les médias : Présence des médias citoyens.

La réflexion que fait Miguel Ángel Guevara, du blog mit liv, dans son billet La eterna primavera (l'éternel printemps) sur la couverture médiatique da la violence est un bon exemple de la tension auparavant mentionnée :

Je ne partage pas cette idée de censure de l'information mais oui, je crois que les médias doivent faire leur travail de manière plus responsable. Quels sont les effets à long terme sur un enfant qui n'écoute que des informations violentes? Sommes-nous en train de créer des êtres humains violents dès le début de leur vie? La couverture médiatique va bien au-delà des lignes traditionnelles de la liberté d'expression, transcendant  jusqu'à la nature humaine et faisant irruption dans le tissu social. Les citoyens que nous sommes devons exiger une couverture plus saine, plus intègre et plus objective. Nous pouvons faire cela en partageant nos expériences, en informant, en nous organisant pour l'exiger des autorités.

De son côté, Jorge Escudero Villa, du blog Óbice, écrit sur la recherche de la vérité et  l'importance qu'ont, de fait, les nouveaux médias citoyens:

Pour parvenir à découvrir la vérité, dans la mesure de l'humainement possible, il faut pouvoir discuter de tous les éléments importants y compris ceux insignifiants, laisser chaque personne s'exprimer sur certains thèmes et confronter les opinions, c'est pour cela que le Blog devient un instrument très précieux. C'est dans le contexte décrit ci-dessus que se cachent des histoires qui n'apparaissent pas dans les médias “traditionnels” et qui, par ailleurs ne sont pas politiquement correctes; elles sont en tout cas, le reflet d'une société qui prétend, en l'écrivant parfois dans le sang, guérir de l'immense et continuelle douleur dont elle souffre et qui en aucune manière ne doit devenir quotidienne.

Outre le fait qu'Enrique Figueroa Anaya de Asfalto Tecnicolor s'interroge “Vers quelle sorte de pays sommes-nous en train de conduire les prochains Mexicains qui l'habiteront ?”, celui-ci insiste sur l'utilisation du blog par les gens ordinaires:

Je ne prétends pas changer le monde ni ne prétends être un révolutionnaire de divan qui “hausse la voix” par le biais de Twitter et d'un blog pour ensuite retourner à sa télévision et s'absorber dans le spectacle de la ligue de football (eh oui, je regarde le foot, j'ai bien le droit de m'échapper du quotidien un petit moment). Je ne suis qu'un simple citoyen qui, de par ses actions quotidiennes, cherche à obtenir un changement, une meilleure situation pour ceux qui l'entourent et même un moment de réflexion lequel, en général, nous conduit à donner ce petit supplément capable de relever notre pays. Parce que s'il est vrai que les grands révolutionnaires seront toujours admirés pour leur cran et leur leadership, au final, comme l'Histoire elle-même, ce sont nous, les anonymes, avec nos petites actions qui écrivons les changements.

Mais lorsque nous parlons de médias citoyens, nous ne parlons pas seulement des blogs. Ernesto Priego nous le rappelle dans ce billet Sobre Hero Reports y Civic Media (à propos des reportages sur les héros et les médias citoyens), publié sur #SinLugar.

La partie la plus  réussie de ce projet a été précisément sa mise en oeuvre à Ciudad Juárez, connue en espagnol sous le nom de  Crónicas de héroes (Chroniques des héros). Via une campagne publique de diffusion et d'intégration, l'équipe dirigée par Yesica Guerra, en collaboration avec l'Université TecMilenio, le campus techologique de Monterrey à Juárez, la IADA, l'Ecole préparatoire Allende,” Unir ses efforts pour  Juárez”, a incité les citoyens à rapporter les cas d'”héroïsme” citoyen, en les géolocalisant et en les visualisant sur une carte interactive.

Et c'est précisément cette même  Yesica Guerra qui depuis son blog du Centre pour les Médias citoyens nous raconte que Crónicas de héroes (Chroniques des héros) va prochainement passer à une nouvelle étape:

A l'heure actuelle,  Chroniques des HEROS est en train d'explorer de nouveaux territoires, de planifier le lancement d'une série de travaux bi-nationaux le long de la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, d'essayer de jumeler deux villes de ces régions.  […] Le conflit actuel dans les villes mexicaines et les disparités existantes entres deux villes frontalières est un sujet qui ne peut être ignoré.  Toutefois, la focalisation permanente et déformée ainsi que la présentation d’ informations sur les événements négatifs de ces régions, tirent vers le bas la perspective quotidienne des citoyens et obstruent les possibles résultats positifs.

Dans le blog bien connu Vivir México, Ismael Flores nous fait part d'autres initiatives de médias citoyens qui se rapportent au journalisme et aux migrants:

Dans La Plaza — un blog hébergé sur le site web du journal Los Angeles Times—, plusieurs journalistes contribuent via des articles d'analyse et d'opinion.[…] C'est le cas de Daniel Hernández, qui dans son article Internal migration flows below the radar in Mexico […] examine la migration interne dans notre pays à partir d'une visite qu'il fait en la ville  de Querétaro. […] Mexodus, (est) un projet de collaboration journalistique mené entre des universités nords-américaines et mexicaines. Dans le cadre de celui-ci, des étudiants en journalisme des deux côtés de la frontière se consacrent à la recherche documentaire sur la migration de familles entières depuis Ciudad Juárez jusqu'aux Etats-Unis voire  en d'autres Etats plus sûrs du Mexique —comme celui de Querétaro.

Mariel García Montes du blog Thought Experiment #45,730,944, nous rappelle par son billet Los “tweets” que arruinaron la fiesta (les twits qui ont gâché la fête)  qu'il existe  un autre aspect de l'utilisation faite par les citoyens des médias citoyens,lesquels ne sont pas seulement pour eux un moyen de s'exprimer ou de témoigner:

Le 15 et 16 septembre 2010, le Mexique a célébré le deux-centième anniversaire du début de sa guerre d'indépendance. […] Au primaire, quand tu es un petit Mexicain, tu apprends que tu peux être fier du Mexique car il a réussi à s'organiser et à lutter pour être indépendant de l'Espagne. Il est indépendent. Tu es indépendant.

Mange ! Festoie ! […] Tandis que tu lis ceci, […] il est un village où les gens examinent les réseaux sociaux en ligne pour avoir des informations sur les fusillades avant de partir travailler et ce, afin de savoir quels chemins doivent être évités. Pour ces personnes,  200 ans ne revêtent pas d'importance “juste parce que”. […] Si tu regardes de près les publications en ligne sur cette célébration, tu peux entendre les milliers de réflexions qui se sont succédé tout au long de la fête. Devrions-nous être en train de célébrer cet événement en cette année où la guerre contre le narcotrafic a atteint son point le plus sanglant ? Y-a-t-il quelque sécurité à le célébrer maintenant que nous savons que le milieu des narco-traficants s'apprête à attaquer les civils en réponse au gouvernement?  […] “Il n'y a rien à célébrer”

Note de l'éditeur: Pour des raisons de longueur ainsi que pour faciliter la lecture, nous avons décidé de publier l'habituel billet de résumé du Festival en plusieurs parties. Voici la première , celle que vous lisez est la seconde et demain nous publierons la troisième.

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