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Mexique : Indignation après des échanges de tirs lors d'un match de football à Torreón

Cet article fait partie de notre dossier spécial sur la guerre contre la drogue au Mexique.

La vague de violence qui secoue le Mexique a touché le sport national par excellence. Samedi dernier, le 21 août 2011, lors d'un match officiel de première division au stade Estadio Corona [en français] (TCM- Torreón, Coahuila, Mexique) à Torreón [en français], dans l'Etat de Coahuila, une confrontation armée a eu lieu à l'extérieur du stade. Il s'en est suivi l'annulation du match, ainsi qu'un moment de panique et de désarroi de la part des supporters, qui avaient fui vers le terrain à la recherche d'un endroit sûr.

Dans une annonce officielle [en anglais], le gouvernement a vigoureusement condamné ces actes, et a expliqué plus tard que le conflit avait eu lieu après que des membres connus du crime organisé eureent attaqué la police locale. Selon des sources officielles, il n'y a pas eu de mort lors des affrontements.

Des utilisateurs de YouTube, comme Realidadtorreon, 03h2on24s, et jesus1521, ont partagé des vidéos prises dans l'enceinte du stade.

Ces violents événements [en français] ont été perçus de différentes manières parmi les auteurs de la blogosphère mexicaine, et ont suscité des opinions et des versions différentes concernant ce qu'il s'est passé. Le site internet Hazme el Chingado Favor [en espagnol] a publié un récit de l'événement :

Antes de terminar el primer tiempo la gente se comienza a ir para no hacer tanta fila al baño y otros se van para hacer fila para comprar cerveza.

De un momento a otro, se empiezan a escuchar estruendos, vivir en Torreón es vivir acostumbrado a escuchar todo tipo de sonidos, balazos, cohetes, etc… Pero precisamente deduje rápidamente: Son balazos. Mi amiga me comenta:

- “¿En dónde, aquí adentro?” y le digo “no” con el movimiento de mi cabeza.

-Es afuera en la carretera.

Se escuchaban los balazos dentro del estadio, pero era simple eco, los balazos eran afuera. En ese momento escucho al árbitro pitar desesperadamente su silbato y comienzan todos los jugadores a correr rumbo a los vestidores, yo doy una vista a todo el estadio y la gente en las diferentes áreas empiezan a moverse para todos lados y yo pienso: -no es adentro, si así fuera, en un área del estadio habría más movimiento que en las demás. Esto por la costumbre de ver cuando pelean, siempre empieza por un lado. Le digo a mi amiga que nos quedemos en nuestros lugares, mucha gente empieza a correr para cualquier lado y otras a tirarse al suelo. Los estruendos se escuchan más cerca, se escuchan como si fueran a 10 metros, fuertes, consecutivos, lastimosos, cada balazo era el temor de confirmarme que me equivoqué y los balazos si eran adentro del estadio.

Avant la fin de la première mi-temps, certaines personnes sont allées aux toilettes (afin d'éviter de faire la queue) tandis que d'autres sont allées chercher des bières.

Soudain, les gens ont entendu un énorme grondement. Vivre à Torreón implique d'être habitué à entendre toutes sortes de bruit : des coups de feu, des feux d'artifice, etc…Je me suis juste dit que c'était des coups de feu. Mon amie m'a demandé :

- “D'où vient le bruit de ces coups de feu ? Du stade ?” Puis, faisant signe de la tête, je lui ai dit que ça ne venait pas du stade.

- “Ça vient de la route”.

Nous pouvions entendre les balles à l'intérieur du stade, mais les sons n'en étaient que l'écho, les échanges de tirs se passaient à l'extérieur. Au même moment, j'ai entendu le coup de sifflet affolé de l'arbitre et tous les joueurs ont commencé à courir vers les vestiaires. J'ai parcouru le stade du regard et j'ai vu à différents endroits des gens se déplacer en tous sens. Puis j'ai pensé : les tirs n'ont pas lieu dans le stade, sinon dans ce cas, on verrait un groupe distinct de gens bouger plus que les autres. Dans la mesure où j'avais l'habitude de voir des gens se battre, je savais que les bagarres démarraient toujours en un point précis. Alors que de nombreuses personnes se mirent à courir, certaines tombant par terre, j'ai dit à mon amie qu'il valait mieux que nous ne bougions pas. Les bruits semblaient plus proches, ils paraissaient venir d'environ 10 mètres de l'endroit où nous nous tenions. Ils étaient assourdissants et rapprochés. Ils étaient même perçants. Chacun des coups de feu me faisait craindre que je m'étais trompé : les tirs avaient lieu à l'intérieur du stade.

Le site internet Pateando Piedras [en espagnol] a décrit l'événement dans son ensemble et fait mention de la transmission télévisée du match :

En una escena impresionante en el minuto 40 del partido Santos-Morelia de la Primera División del Fútbol Mexicano se sucita [sic] una balacera en las afueras del estadio provocando la suspensión del partido. La señal es interrumpida de la televisión abierta. TV Azteca, y sólo la emisora ESPN sigue transmitiendo los detalles. Al parecer un vehículo no se detuvo en un retén en las afueras del estadio y provocó un enfrentamiento con fuerza (sic) federales.

Indignantes las imágenes de cientos de personas corriendo por el estadio.

El presidente de Santos Alejandro Irarragori y el capitán Oswaldo Sánchez, tomaron el micrófono para pedir calma a la afición, anunciar que el partido se había suspendido y ofrecer disculpas al equipo de Morelia por la situación que obligó a finalizar el partido antes de tiempo.

El equipo de seguridad del estadio no permitió salir a nadie del inmueble hasta que se confirmó la fuente de las detonaciones y que el peligro había pasado.

Durant le match de première division Santos-Morelia, une fusillade a démarré à l'extérieur du stade à la 40ème minute. Le match a été annulé. Le signal de transmission TV a été interrompu. Seules les chaînes ESPN et TV Azteca ont continué de diffuser la scène. Apparemment, un véhicule ne se serait pas arrêté à un barrage de contrôle situé à l'extérieur du stade, menant à une confrontation avec les forces fédérales.

Les images de centaines de gens courant à travers le stade sont scandaleuses.

Le président de Santos, Alejandro Irarragori ainsi que le capitaine de l'équipe, Oswaldo Sánchez, ont pris le micro pour demander aux supporters de se calmer, annonçant que le match avait été annulé et présentant leurs excuses à l'équipe de Morelia, au vu de la situation qui avait menée à l'annulation du match.

L'équipe de sécurité du stade n'a laissé personne sortir du bâtiment tant que la source des tirs n'était pas connue et que les risques de dangers n'étaient pas complètement écartés.

Le lendemain, Sergio Sánchez [en espagnol] a écrit un article pour le site Futbolsapiens sur la couverture médiatique internationale réservée à cet événement. Il en profite pour faire part de son opinion concernant les implications de cette histoire.

No era para menos, la balacera suscitada ayer a las afueras del estadio en Torreón, “Territorio Santos Modelo”, ha repercutido a nivel internacional y los principales diarios españoles, argentinos e italianos han hecho eco de estos lamentables suscesos [sic] que dejan mal parado a todo un país ciertamente pero que también refleja la realidad que vivimos día con día.

Ce n'était pas rien, ces échanges de tirs qui se produisirent hier à l'extérieur du stade de Torreón, “Territorio Santos Modelo” a un impact international et les principaux magazines espagnols, argentins et italiens couvrent ces déplorables incidents, qui donnent de notre pays une piètre image mais reflètent bel et bien ce qu'est notre vie au quotidien.

Le blogueur Keor [en esâgnol] écrit en rapport avec ces faits:

Es increíble que después de lo que vimos el gobierno federal diga que vamos por el buen camino en la guerra contra el narco, que se siga insistiendo que la estrategia es la correcta y que lo que se dice o critica de ella ‘son mitos’ -atención al Señor Alejandro Poire- el fútbol, para muchos aficionados, como yo, representa una válvula de escape, un desahogo de todas las presiones y noticias de la semana, del estrés que vivimos día con día, y el que ahora nuestro deporte sea presa de la violencia y se vea secuestrado por quien tienen aterradas las calles de nuestro país es tan solo un ejemplo de que esta lucha desalmada y violenta a escalado a niveles tales que se han superado a las fuerzas armadas del Estado.

Yo no quiero vivir con miedo, no quiero pensar que ahora ir al cine, al teatro, o al estadio a realizar una actividad lúdica pueda transformarse en una escena propia de la nota roja, no quiero ser secuestrado por el hampa y temer salir de mi casa, no quiero ver mas colgados y descabezados, no quiero más violencia.

Il est incroyable qu'après ce qu'il s'est passé, le gouvernement fédéral continue de dire que, concernant la guerre contre le trafic de drogue, nous allons dans la bonne direction, que nous suivons la stratégie appropriée et que toutes les critiques émises sont “une vue de l'esprit” (écoutez ce que dit Alejandro Poire). Le football, pour moi et pour de nombreux autres supporters, est une véritable “soupape”, un moyen de faire tomber la pression et d'oublier les informations de la semaine, de réduire le stress dans lequel nous vivons chaque jour. Le fait que notre sport préféré soit la proie de la violence et que ceux qui sèment la terreur dans les rues de notre pays perturbent le football ne sont que les exemples de ce combat cruel et violent qui a fini par avoir le dessus sur les forces armées de l'Etat.

Je ne veux pas vivre dans la peur. Je ne veux pas croire que le simple fait d'aller au cinéma, au théâtre ou bien voir un match de football, parmi d'autres activités de loisirs, puisse devenir un sujet récurrent dans les tabloïds. Je ne veux pas être enlevé par une bande de criminels ou avoir à quitter ma propre maison. Je ne veux pas être le témoin de nouveaux suicides ou de décapitations. Je ne veux plus de violence.

Lulyann [en espagnol] a avoué avoir honte de ces événements violents et a évoqué son espoir de voir ces incidents déclencher une amélioraion de la situation :

Que verguenza [sic]. Ojalá que sirva cuando menos de acicate para redoblar los esfuerzos en Torreón y en toda la comarca lagunera. Esta ciudad no merece el abandono.

Quelle honte ! J'espère au moins que cette situation pourra nous motiver à redoubler d'efforts à Torreon et dans toute la zone métropolitaine de Comarca Lagunera. Cette ville ne mérite pas qu'on l'abandonne.

Les internautes mexicains se sont également exprimés sur Twitter, sous le hashtag #Torreón, concernant les affrontements armés qui ont eu lieu à l'extérieur du TSM. Raúl Trejo (@ciberfan) a expliqué comment l'atmosphère de peur est en train de gagner le pays :

El susto enorme en #Torreón es expresión del miedo que atraviesa por todo el país. No es culpa del futbol ni de los laguneros.

L'énorme cicatrice à #Torreón exprime la peur que ressent chaque Mexicain. Ni le football, ni les gens de La Laguna ne sont responsables de cette situation.

Sur Twitter, l'utilisateur Raúl Mendoza G. (@Pambollo) en a profité pour remettre le président Felipe Calderón à sa place. Il avait, par le passé, nié la situation de violence qui affectait le pays :

A ver @felipecalderon estoy esperando que salgas y digas que la violencia es un problema de percepción #Torreon.

@felipecalderon J'attends donc que vous veniez et que vous disiez que la violence est un problème de point de vue #Torreon.

C'est à la fois de la honte et de l'indignation que l'on peut ressentir parmi les citoyens mexicains concernant ces échanges de tirs qui ont eu lieu à Torreón. De plus, les citoyens sont perplexes face à la position officielle qui affirme que le gouvernement fédéral est en train de gagner la guerre contre le crime organisé.

Cet article fait partie de notre dossier spécial sur la guerre contre la drogue au Mexique.

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