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Bangladesh : Rentrer à la maison pour Aïd el-Fitr

[liens en bengali sauf mention contraire] Aïd el-Fitr [en français] est la plus grande fête religieuse au Bangladesh, un pays majoritairement musulman, et un aspect fondamental de cette célébration est de rentrer dans sa famille, aussi éloignée soit-elle, pour les fêtes.

Pendant Aïd el-Fitr, de nombreux habitants de la capitale, Dacca [en français], retournent dans leurs villes natales pour passer les fêtes en famille comme Nasirudding Hozza l'explique dans un billet intitulé “Coming Home For Eid” (Rentrer à la maison pour Aïd el-Fitr) :

La majorité des habitants de Dacca, qui sont venus pour trouver du travail, sont originaires d'autres régions.  Mais leurs foyers, où sont leurs racines, leur manquent.  Leur maison peut être dans la banlieue de Dacca ou dans un lointain petit village rural.  Pendant Aïd el-Fitr il leur faut rentrer chez eux, aussi éloignée leur maison soit-elle.

People gather at various train stations in Dhaka to leave the city to celebrate Eid with their friends and families. Image by Saad Shahriar, copyright Demotix (15/11/2010).

Les gens se rassemblent dans les gares de Dacca pour quitter la ville et célébrer Aïd el-Fitr avec leurs amis et leurs familles. Image de Saad Shahriar, copyright Demotix (15/11/2010).

Il n'y a pas de statistiques indiquant combien de personnes rentrent chez elles pour Aïd el-Fitr.  Nasiruddin Hozza mentionne [en anglais] que la population de Dacca s'élève à environ 9,6 millions d'habitants aujourd'hui.  Si 40% d'entre eux rentrent chez eux, cela fait 3-5 millions de personnes.

Cela veut dire que Dacca serait alors à moitié vide.  Beaucoup de gens commencent leur voyage bien avant le début des fêtes officielles de Aïd el-Fitr.  Les habitants de Dacca semblent alors particulièrement joyeux car la ville paraît moins bondée.

La ville natale de l'utilisateur de Facebook Amanullah bin Mahmud est Sirajganj, loin de Dacca.  Il a loué une voiture pour la veille d'Aïd el-Fitr.  mais pour ceux qui dépendent des transports en commun, le voyage peut être compliqué ; il est virtuellement impossible de trouver des billets et ils sont hors de prix.

Uzzal le raconte dans un billet intitulé “My dreams will travel home: on broken roads” (Mes rêves iront à la maison : par des chemins difficiles) :

Queue for advance tickets at Kamalapur railway station. Image by Safin Ahmed, copyright Demotix (12/08/2011).

Queue pour acheter des billets en avance à la gare de Kamalapur. Image de Safin Ahmed, copyright Demotix (12/08/2011).

On ne trouve pas de billets de car, de train ou d'avion.  Les optimistes font la queue toute la nuit aux guichets et ne sont pas sûrs d'avoir un billet.  Après une nuit sans sommeil à endurer les piqûres de moustiques, si ils obtiennent un billet, imaginez leur joie.  Seuls ceux qui ont traversé cette épreuve comprennent.  Mais tout le monde n'a pas cette chance.  Les billets sont rapidement tous vendus à l'ouverture des guichets.  Beaucoup de rêveurs restent bloqués, les mains vides.

Il partage aussi sa propre expérience :

Il m'a aussi fallu lutter.  Mais cette année la lutte à été la plus dure de ma vie.  Depuis quelques années, j'évite les guichets des transports des transports en commun.  Je prenais l'avion pour Jessore et ensuite les cars des compagnies aériennes pour aller à Khulna.  Dacca-Jassore en 35 minutes et ensuite 50 minutes pour aller à Khulna, c'est tout.  Cette fois, ça va être plus compliqué.  Les avions locaux sont complets.  Je n'ai pas pu avoir de billet mais il faut que j'aille à la maison.

Uzzal a du payer beaucoup plus cher pour son billet.  Beaucoup de gens se sont tournés vers Facebook pour aider ceux qui n'arrivaient pas à trouver de billet.  Ainsi, le fameux écrivain Anisul Haque a indiqué sur son statut Facebook qu'il avait des billets pour cinq places dans un wagon climatisé dans le train express Dacca-Rangpur.

Et avoir un billet ne garantit pas que vous rentrerez chez vous.  Le blogueur Mamu en parle dans son billet intitulé “In spite of all have to get home” (J'irai chez moi malgré tout) :

Le seul bateau pour aller de Sadarghat à Swandeep est en panne.  Il y a peu de bateaux de transports fluviaux.  Au Bangladesh, les routes ne sont pas en bon état (note de l'éditeur : en raison des fortes pluies de la mousson).  Les embouteillages s'ajoutent à cette misère.  Les services des trains n'ont pas assez de motrices pour ajouter des wagons.  Dieu seul sait si ceux qui partent la veille d'Aïd el-Fitr arriveront à la maison le jour d'Aïd el-Fitr.

People risk over crowded passenger ships to reach home during Eid. Image by Maji, copyright Demotix (26/11/2009).

Les gens prennent le risque de voyager sur des bateaux surchargés pour rentrer à la maison pour Aïd el-Fitr. Image de Maji, copyright Demotix (26/11/2009).

Chaque années de nombreuses personnes sont tuées dans des accidents sur les routes et les rivières.  En 2009, des centaines de personnes ont trouvé la mort quand un bateau a coulé.  D. M. Habib pense que le gouvernement n'en fait pas assez :

Un bateau rempli de passagers qui rentraient chez eux pour Aïd el-Fitr a fait naufrage en 2009 parce qu'il était surchargé.  Des centaines de gens sont morts.  Chaque année pendant la période d'Aïd el-Fitr les cars, les trains et les bateaux prennent des passagers supplémentaires.  Le gouvernement ne fait rien pour empêcher cela.  La population ne prend aucune précaution et des décès en résultent.  Mais le gouvernement ne peut pas esquiver sa responsabilité.  Des enquêtes devraient être menées pour identifier les personnes responsables de cette négligence.

Mais chaque année, les choses demeurent les mêmes.  Tandis que le nombre de voyageurs augmente comparé aux moyens de transport disponibles, les Bangladais n'ont pas d'autre choix que de prendre des risques pour rentrer chez eux pour Aïd el-Fitr.

Nasirudding Hozza conclut :

Célébrer Aïd el-Fitr en famille est un grand bonheur parce que c'est si difficile de rentrer à la maison.

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