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Philippines : La contestation dans les campus fait preuve de créativité

La semaine dernière, des grèves dans les campus du pays [en anglais], menées contre les réductions budgétaires qui touchent l'éducation, se sont essayées à utiliser l'intégration animée et créative des outils internet pour mobiliser des milliers de jeunes autour du droit à l'éducation. Du 19 au 23 septembre, des milliers d'étudiants se sont joints aux manifestations dans les rues avec le soutien de leurs professeurs et du personnel administratif des écoles publiques.

Les étudiants ont utilisé des méthodes originales de protestation pour exprimer leur opposition à la décision du président Noynoy Aquino de réduire les dépenses de l'état dans les domaines de l'éducation et des services sociaux. Comme le planking [en français], et ce qui peut être considéré comme la manifestation de planking la plus importante au monde [en anglais] s'est tenue sur le pont historique de Mendiola, qui mène au palais présidentiel :

Il y a eu également “la mobilisation éclair” durant laquelle des activistes se sont soudainement immobilisés dans un hall ou un couloir d'école plein de monde, piquant la curiosité des passants avant d'inviter d'autres étudiants à sortir de leurs classes et à grossir les rangs des manifestations :

http://www.youtube.com/watch?v=RPTjIHYUrY4&feature=player_embedded

Un défilé de mode intitulé “Budget CUTtoure” a été l'une des activités menées durant la grève du campus de l'université des Philipinnes Dimiman. Denise Chan décrit l'évènement [en anglais] sur son blog Dreamer's Disease (La maladie du Rêveur) :

Le thème principal du défilé « Budget CUTtoure » était la déconstruction du vêtement ; nous avions des chemises toutes simples sur lesquelles était imprimé le logo du mouvement contre les coupes budgétaires et que nous découpions ensuite.

Denise, qui est diplômée d'une filière technologies du textile à cette même université, a publié sur son blog des photos sur lesquelles elle pose vêtue de ces chemises stylisées :

Par ailleurs, le conseil des élèves de l'établissement supérieur de management des Visayas, qui fait partie de l'université des Philippines, a mené ce qu'il a appelé “la campagne du tableau noir” [en tagalog]. Des membres du conseil des élèves ont sillonné le campus, encourageant les étudiants, les enseignants et les employés de l'établissement scolaire à écrire à la craie sur des petits tableaux noirs des messages contre les réductions budgétaires, et à se prendre en photo avec. Plus d'une centaine de ces photos sont maintenant en ligne :

Ils ont également lancé une “campagne de photo noire sur Facebook [en anglais]”, pour laquelle les étudiants et utilisateurs de Facebook devaient remplacer leur photo de profil par un fond noir le temps des mouvements de grèves, soit pendant une semaine.

La campagne de la photo noire sur Facebook est une des façons de dire à nos administrateurs et nos comptables que nous, les élèves de l'école de Management, ne sommes pas satisfaits des investissements faits dans le domaine de l'éducation. C'est également notre manière d'exprimer que nous, en tant que « Iskolars ng Bayan » (élèves de la nation), nous nous sentons diminués par les faibles crédits budgétaires qui sont attribués aux services sociaux.

Sur Facebook, une autre campagne encourage les personnes qui soutiennent le mouvement à changer leur nom en indiquant qu'ils sont opposés aux réductions budgétaires (en écrivant “[le nom] suis opposé(e) aux réductions budgétaires”)

Loin de contenir la révolte et l’idéalisme de la jeune génération dans le monde virtuel, les actions menées sur Internet ont pour but spécifique de les encourager à descendre manifester dans la rue. Par exemple, Particoloured raconte sur son blog [en tagalog] son expérience des défilés et montre le rôle qu'a eu Facebook en le poussant à rejoindre les manifestations.

Gabi na noon. Ika-22 ng Setyembre, isang Miyerkules. Nag-post ng status ang isa kong bagong kaibigan sa Facebook tungkol sa pinakabagong budget cut ng administrasyong Aquino. Sang-ayon naman ako sa pinost niya, kaya ni-like ko. Mamaya-maya, nag-comment siya na “Lahat ng nag-like nito, dapat samahan ako mag-strike bukas! LOL.”

C'était déjà le soir. Le mercredi 22 septembre. Un de mes nouveaux amis sur Facebook avait publié un article concernant les dernières coupes budgétaires effectuées par le gouvernement Aquino. Son article m'a plu, alors j'ai cliqué sur “j'aime”. Plus tard, il a écrit : “Que tous ceux qui ont aimé mon article me rejoigne pour la grève de demain ! LOL.”

Un mois avant la grève du campus, du 19 au 23 septembre, des étudiants ont créé le groupe Facebook “Kilos Na Laban Sa Budget Cuts” (Agir contre les réductions budgétaires), qui fut rejoint par au moins 3000 utilisateurs de Facebook durant les 12 premières heures de son existence [en anglais]. Ce groupe a maintenant 9000 membres à son actif et sert, sur Internet, de base de campagne, fournissant les dernières informations et activités récentes du mouvement.

Habituée du chômage chronique, des bas salaires, des frais de scolarité élevés et des coupes successives sur le budget de l'éducation, la jeunesse philippine a une longue et riche histoire dans le domaine de l'activisme.

Dans les années 60 et 70, elle a été à l'origine du renouveau du mouvement nationaliste de masse, qui culmina avec les manifestations géantes de dizaines de milliers de personnes durant le First Quarter Storm de 1970 [en anglais] (la première tempête du trimestre 1970). Les jeunes était aux premiers rangs du mouvement de contestation qui renversa la dictature de Marcos en 1986, puis le régime d'Estrada en 2001.

Ils continuent à avoir un rôle important dans l'élaboration de la politique nationale et sont intervenus de manière décisive sur diverses questions sociales, particulièrement depuis l'aggravation d'une crise qui est aujourd'hui devenue mondiale. Internet donne un nouveau visage à cette tradition de militantisme, les jeunes activistes l'utilisant pour encourager les jeunes à participer aux manifestations « hors-ligne ».

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