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Macédoine : Les manifestations dénonçant les brutalités policières recommencent

Ce billet fait partie de notre dossier central  Macédoine 2011 (en anglais).

Le 29 septembre 2011, plusieurs centaines de personnes sont descendues dans la rue à Skopje pour poursuivre le mouvement de protestation contre les brutalités policières. Les médias macédoniens ont en grande majorité obéi à l'injonction de ne pas couvrir les manifestations.

Le mot-clic #protestiram continue de servir de point de ralliement pour les utilisateurs de Twitter :

Skopje Macedonia protest September 29, 2011

Les manifestants marchent vers le Palais de Justice. Photo de Shmrkot, publiée sous licence Creative Commons (CC BY 2.0)

Vnukot rapporte en anglais et en macédonien :

Plus d'un mois après la dernière manifestation, les manifestations dénonçant la brutalité policière dans les rues de Skopje (Macédoine) reprennent aujourd'hui. Cette fois, les manifestants demandent le traitement rapide de l'affaire qui a entrainé la mort de Martin Neshkovski ainsi que la citation de tous les témoins qui s'étaient manifestés.

Les manifestations de la fin septembre ont commencé au même endroit – derrière le mémorial Mère Térésa. Les manifestants ont ensuite marché dans les rues de la capitale. (voir la galerie photos de Shmrkot)

Contrairement aux manifestations précédentes, la police avait cette fois manqué à son devoir de bloquer la circulation dans les rues occupées par les manifestants. Quelques démêlés se sont produits mais aucun conflit n'a eu lieu car les manifestants ne s'arrêtaient jamais plus de quelques minutes à chaque endroit.

La manifestation a progressé du Parlement au bureau du Procureur de la République, au Palais de justice, est passée par le pont de pierre et s'est terminée sur la place de Macédoine, le lieu du crime.

Les manifestations contre les brutalités policière se poursuivent à Skopje (Macédoine), par Dejan Velkoski sur Vimeo.

Jovan Postolovski, un journaliste démis de ses fonctions sur A1TV, écrit sur Twitter [macédonien]:

Je vis l'un de ces moments où l'on pense ‘je vous l'avais bien dit’ à propos du fait que seules deux chaines de télévision –[Alfa] et 24Vesti– aient couvert la manifestation d'hier…

Il fait référence à son billet [macédonien] du 12 juin, au moment où les manifestants décidèrent de ne pas apparaître sur le talk show “anti-gouvernement” d'A1TV afin d'éviter d'être perçus comme pro-opposition :

Il y a une différence entre la vraie réalité et la réalité médiatique. Dans la vraie réalité, vous vous rassemblez chaque jour à 6 heures du matin derrière le mémorial Mère Térésa et vous manifestez dans les rues de Skopje. Vous vous révoltez contre l'assassinat et les tentatives d'étouffer l'affaire et vous vous êtes organisés par le biais des réseaux sociaux, sans implication de parti ni d'organisation politique.

Mais c'est la réalité pour plusieurs centaines de manifestants, pour les passants, pour les gens qui vivent dans les rues où vous passez, pour les policiers qui vous suivent, pour vos familles et vos amis à qui vous avez expliqué ce que vous faites, et pour les utilisateurs de médias sociaux qui ont entendu l'appel à manifestation. Je ne peux pas donner de pourcentage ou de chiffres…les estimations pourraient bien ne pas être dérisoires mais combien de milliers de personnes avez-vous pu toucher ?

Et maintenant…voici la réalité médiatique. Et cette réalité est différente pour chaque média. Si vous regardez certains médias, vous ne saurez même pas que des manifestations sont en cours. Sur d'autres, vous verrez seulement de courts extraits répétés à outrance où l'on voit des hommes politiques se rendre sur les lieux des manifestations et des journalistes suggérer que l'opposition a commandité les manifestations. Il y a des médias qui rapportent ce que vous savez…plusieurs centaines / milliers de personnes rassemblées pour protester contre la brutalité policière, à l'appel des réseaux sociaux.

Et si la vraie réalité est accessible à plusieurs centaines de personnes, la réalité médiatique est réalité pour des centaines de milliers de personnes (avec une audience potentielle de plus de deux millions de personnes en tout).

Si vous suivez les médias, vous verrez que seule une poignée d'entre eux reflètent la vraie réalité. Vous avez de la chance que l'agence médiatique la plus regardée et la plus influente (A1) présente les événements comme elle le fait. D'autre part, vous avez la seconde (Sitel), la troisième (Kanal 5) et la quatrième (MTV) chaînes les plus influentes … qui créent une réalité médiatique très différente.

Si vous voulez accomplir quoi que ce soit à travers ces manifestations, la réalité médiatique est très importante. Si vous mettez tous les médias sur le même plan et refusez que les manifestations reçoivent toute couverture médiatique ou soient débattues lors d'émissions en studio (où vous pourrez relayer vos revendications plus efficacement), vos actions ne vont pas tarder à être réprimées et les manifestations ne vont recevoir que peu ou pas du tout de couverture médiatique.

[Note: Peu après que Postolovski ait écrit ce billet, la chaîne A1 était fermée grâce aux demandes persistantes de diverses institutions gouvernementales, du Bureau des Revenus Fiscaux à l'Agence – théoriquement indépendante – de contrôle des communications électroniques. Depuis juillet, les chaînes de télévision pro-gouvernement ont dominé l'espace télévisuel macédonien.]

Selon les données du Conseil de l'audiovisuel sur les médias agréés, 18 chaînes de télévision ont une couverture nationale tandis que 59 autres ont des licences locales ou régionales, mais comme le soulignait le blogueur et expert des médias Roberto Belichanec :

Pluralité des médias n'équivaut pas à pluralité d'opinions.

Ce billet fait partie de notre dossier spécial  Macédonie 2011 (en anglais)

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