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Guinée : Un autre 28 septembre sanglant et endeuillé

Un autre 28 septembre et son lot de violences contre des populations civiles désarmées à Conakry. Cette date est crainte par tous les guinéens qu’ils vivent dans leur pays où à l’extérieur.

Cette année, l’opposition réunie au sein du Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition avait appelé ses militants à une manifestation pacifique le 27 septembre pour dénoncer des actes unilatéraux du gouvernement. Mais la répression a été encore une fois féroce.

28 septembre en Guinee. Photo via la page facebook de Guinee58

Le blog amdys.over-blog.com, a publié le communiqué du Collectif dénonçant les violences qui visaient à:

…. semer un climat de terreur dans les quartiers de Hamdallye, Bambeto, Cosa et Wanindara. Selon cette déclaration, les forces de l'ordre en connivence avec des milices privées, dénommées “donzo” (chasseurs traditionnels) bastonnent, blessent et arrêtent des habitants de ces localités.

Les manifestations qui ont débuté le 17 septembre ont continué jusqu’au 19 septembre. Le blog barkere.net, a publié un communiqué audio et écrit d’Amnesty International, disant:

L'un des participants à la manifestation a déclaré à Amnesty International qu'il avait été témoin de l'assassinat d'un autre manifestant par la police : « Les forces de sécurité nous ont pourchassés et ont commencé à frapper certains d'entre nous avec des matraques. Nous nous sommes enfuis et l'un d'entre nous est tombé par terre. Un membre des forces de sécurité s'est penché sur lui et l'a poignardé à mort ».

Un autre témoin oculaire a indiqué à Amnesty International que les forces de sécurité avaient pénétré dans les concessions privées et ont pillé des maisons.”

Selon le site gbassikolo.com le procureur Mohamed Said Haidara a fait une déclaration sur les ondes des médias d’état, faisant le bilan :

Suite à ces événements, les services de sécurité ont interpellé 178 suspects dont 7 mineurs et 4 femmes au niveau de la gendarmerie, et 144 suspects dont 4 femmes d’après les services de police. Soit au total, 322 suspects.

Dans un communiqué publié sur guineenews.org le gouvernement rejette les propos d’Amnesty International et fait savoir que :

tous les mineurs de 13 ans [sic] arrêtés ont été libérés et que ceux entre 15 et 17 ans ont également été libérés.

Un commentaire de guineeconakry.info, sur l'annonce du gouvernement d’un début de dialogue :

Bien qu’il soit particulièrement regrettable que le pouvoir et l’opposition ne se soient résolus à cette solution par le dialogue qu’après que des Guinéens aient été tués et/ou blessés, et que d’importants dégâts matériels aient été causés, il faut néanmoins espérer que cet autre round ne soit pas que de la poudre aux yeux !

Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes du monde pour dénoncer ces violences et le fait que les responsables des évènements du 28 septembre 2009 n’aient pas été traduits devant la justice. En effet, selon une déclaration de l’ONG Human Right Watch deux ans après ces évènements, aucune des personnes accusées n’a été jugée :

Personne n’a encore eu à rendre des comptes deux ans après que les forces de sécurité guinéennes eurent abattu des manifestants non armés lors d’un rassemblement de l’opposition à Conakry, la capitale, rappelle aujourd’hui Human Rights Watch. Selon Human Rights Watch, le gouvernement guinéen doit faire davantage pour s’assurer que justice soit faite pour les victimes du massacre du 28 septembre 2009.

Human Rights Watch exprime aussi son inquiétude pour le maintien à des postes de responsabilités de personnalités dénoncées pour les violences du 28 septembres 2009 comme le Lt. Colonel Claude Pivi, ministre chargé de la Sécurité présidentielle, et le Lt. Colonel Moussa Tiégboro Camara, directeur de l’Agence nationale à la présidence chargé de la lutte contre la drogue, les crimes organisés et le terrorisme.

A New York, devant l’ambassade de Guinée et le siège des Nations Unies à Manhattan, soutenues par d’éminentes personnalités américaines dont, l’ancien maire de New York, Mr David Dinkins et le sénateur de l’état de New York, Mr Eric Adams ainsi que des organisations internationales des droits de l’homme.

A Boston c'est une conférence qui a été organisée avec la participation de Mr Bah Oury, à l’occasion de la fête guinéenne de 02 octobre 2011.

A La Haye, d’autres membres de la diaspora guinéenne ont organisé une manif devant devant le siège du Tribunal Pénal International. A Paris la manifestation a eu lieu le 1er octobre, à cet effet les organisateurs ont diffusé une note publiée par le blog guinee58.com disant :

Les tensions ethniques et communautaristes propagées par Alpha Condé et son parti le Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG) conduisent à la haine et à la détestation de l’autre ….. Des journalistes sont intimidés, menacés et les medias d’Etat sont mis au service du pouvoir.

Cette dénonciation du président comme facteur de fractures sociales est confirmée par une publication du site crisisgroup.org de l’International Crisis Group :

La récente expérience de politisation violente des ethnicités et le manque de confiance des acteurs politiques dans le dispositif électoral sont des motifs d’inquiétude. Le président Condé a engagé unilatéralement une refonte du système électoral, mais il suscite d’autant plus de méfiance que les perspectives du parti présidentiel pour les législatives sont incertaines. Il n’a prêté que peu d’atten­tion, et bien tard, à la réconciliation et au dialogue avec son opposition, très mobilisée.

La répression a eu plusieurs effets. Le premier et le plus grave pour l'avenir du pays est la radicalisation de la fracture sociale sur une base ethnique témoignée par un échange de propos violents sur la Toile et la distribution de tracts à Conakry, d'après le blog guinee50.blogspot.com:

provenant de certains mouvements de soutien au pouvoir circulent dans les quartiers de Conakry. Ces mouvements de jeunesse qui soutiennent le pouvoir appellent leurs membres à sortir pour s’attaquer aux manifestants.…. Les ennemis de la Guinée seront combattus vaille que vaille et jetés dans le nouveau train de la Démocratie… ».

Le deuxième est la redistribution des cartes au niveau politique avec l’annonce d’un début de dialogue entre le gouvernement et l’opposition. Enfin, une troisième conséquence est que le groupe de six partis de l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP), qui faisaient partie de la mouvance présidentielle au second tour des élections présidentielles et le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition ont décidé «d’unir leurs forces et d’agir solidairement dans le combat pour des élections libres et transparentes.» Ce sont ainsi 4 anciens PM qui se retrouvent.

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