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Bangladesh : L'exécution de 8 Bangladais en Arabie Saoudite choque le pays

Rien ne peut justifier un crime de sang mais la peine capitale ne peut pas être un remède ou une prévention à de tels crimes. Les Bangladais ont été choqués d'apprendre que huit ouvriers émigrés bangladais ont été décapités en public en Arabie saoudite le 7 octobre 2011, aux termes de la loi Qisas (œil pour œil) pour avoir été impliqués dans le cambriolage d'un entrepôt et le meurtre d'un garde de sécurité, Hussein Saeed Mohammed Adulkhaleq, un ressortissant égyptien. Trois autres Bangladais ont été condamnés à des peines de prison et au fouet.

Des vidéos d'exécutions semblables [avertissement : images choquantes] ont beaucoup circulé sur les réseaux sociaux au Bangladesh, et les internautes sont profondément révoltés par ces horribles châtiments, se demandent comment se déroule un procès saoudien, et quelles démarches a tenté le gouvernement bangladais pour que les droits des malheureux travailleurs immigrés soient respectés.

Zahid Masudul Abedin écrit [bengali] :

কিছু ব্যতিক্রম বাদ দিলে প্রায় সব দেশেই হত্যার শাস্তি মৃত্যুদণ্ড। আমাদের দেশেও তাই। কিন্তু এই মৃত্যুদণ্ডটাও যে কত ভয়ঙ্কর ভাবে কার্যকর করা যায় তারই যেন একটা উদাহরণ জনসমক্ষে শিরশ্ছেদ। বুঝলাম আইনের সঠিক প্রয়োগ করা উচিত কিন্তু এই মধ্যযুগীয় বর্বরতা কি এই যুগে ত্যাগ করা যায় না?

Presque toutes les nations du monde appliquent la peine capitale. Notre pays appartient à ce groupe. Mais la brutalité du châtiment est évidente dans ce genre d'exécution publique. Je comprends que la loi doit être appliquée, mais ne pourrions nous pas nous abstenir de ce type de bestialité tout droit venu du Moyen Age ?

Mosaddik Uzzal pose une question [en bengali] :

ফাঁসি রহিত করা হোক এমন আইন আমরা চাইনা। কেননা এই মৃত্যু দণ্ড ব্যবস্থা না থাকলে সমাজে অপরাধের সংখ্যা বেড়ে যাবে। তাই বলে ১ জন কে হত্যার জন্য ৮ জন কেন জীবন দিল? এই কেমন আইন?

Nous ne sommes pas contre la peine capitale, parce que sinon, le taux de criminalité pourrait augmenter. Mais huit personnes ont du perdre la vie pour la mort d'une personne ? Qu'est-ce que c'est, ce genre de loi ?

Niaz Murshed Chowdhury [bengali] a réfléchi à certains points :

এ দৃশ্য সৌদি আরবে এতটাই হরহামেশা ঘটে থাকে যে এটা তাদের কাছে কোন প্রতিক্রিয়া সৃষ্টি করে না। বরং সৌদি নীতি নির্ধারকরা যুক্তি দেখায় এভাবে প্রকাশ্যে শিরশ্ছেদ তথা “আল্লাহর আইন” বাস্তবায়ন মানুষকে সাবধানী করে। এটা সমাজে অপরাধ প্রবণতা কমায়। এই একই যুক্তি গত চব্বিশ ঘণ্টায় ইন্টারনেটে দেয়া মতামতের কল্যাণে বহু মানুষের কাছ থেকে জানতে পারলাম। অনেকেই এটাকে বর্বরতা নয় বরং সমাজ থেকে অপরাধ কমানোর কার্যকরী একটা উপায় বলে মনে করেন। সব কথাই শুনলাম, সব কথাই বুঝলাম। কিন্তু এটা বুঝলাম না, ১৪শ বছর আগে করা এই “আল্লাহর আইন” কেন এখনও সৌদি সমাজ থেকে হত্যার মত অপরাধ বিলুপ্ত করতে পারলো না? কেন ২০০৭ সনে ১৫৮ জন এবং ২০০৮ সনে ১০৮ জনকে শিরশ্ছেদ করতে হলো? ১৪শ বছর কি “আল্লাহর আইন”-এর জন্যে যথেষ্ট ছিল না সমাজ থেকে এ ধরনের অপরাধ বিলুপ্ত করতে?

Ces image (horribles) sont si répandues en Arabie Saoudite qu'elles ne provoquent plus aucune réaction chez les Saoudiens. Au contraire, les législateurs soutiennent ce châtiment en disant qu'appliquer “la loi de Dieu” met en garde les gens et les forcent à faire attention. Cela réduit la criminalité dans la société. J'ai lu le même genre d'arguments dans beaucoup de messages sur internet.  Beaucoup sont convaincus qu'il ne s'agit pas de barbarie, mais d'un outil efficace pour réduire la criminalité. J'ai lu et compris tout cela, mais je ne comprends pas comment la ‘loi de Dieu’ promulguée il y a   1 400 ans n'a pas éradiqué les meurtres dans les villes saoudiennes ? Pourquoi ils ont du décapiter 158 personnes en 2007 et 108 personnes en  2008 ? Est-ce que 1400 ans ne suffisent pas pour que les “lois de Dieu” mettent un terme à ce genre de crimes ?

Selon des articles de presse le gouvernement bangladais a essayé depuis 2007, à travers les canaux diplomatiques, de demander le pardon des huits Bangladais. Le Président en personne a écrit une lettre au roi d'Arabie Saoudite demandant sa clémence. Le Ministère des Affaires étrangères saoudien a répondu que seule la famille de la victime pouvait accorder le pardon aux criminels. Le gouvernement du Bangladesh a alors demandé le pardon de la famille de la victime, mais il a été refusé.

Swadesh Roy écrit sur le Times Of Assam :

Les personnes qui ont été décapitées ont eu un procès qui est bien loin de respecter les normes internationales de justice. Toutes les audiences se sont déroulées en arabe. Les accusés ne pouvaient rien comprendre. Le tribunal n'a pas mis en place un moyen d'aider les accusés à comprendre. De plus, la plupart des accusés n'avaient pas d'avocat pour les défendre. Pour finir, à cause de la barrière de la langue et de l'absence d'assistance juridique, ils n'ont pas pu se défendre. Donc, il ne s'agit pas d'un procès aux termes des normes internationales, c'est en fait un simulacre de procès.

Niaz ajoute que les aveux obtenus sous la torture et les affaires montées de toutes pièces était fréquentes durant ces simulacres de procès. Il cite aussi un rapport   d'Amnesty :

L'homme égyptien a été tué durant une rixe entre les travailleurs bangladais et un groupe d'hommes qui volaient supposément des câbles électriques dans l'immeuble où ces derniers travaillaient.

Il demande pourquoi les médias ont ignoré ce “groupe d'hommes’ et pourquoi ils n'ont pas comparu durant le procès.

Naturellement, certains sont plus égaux que d'autres. Niaz relève l'hypocrisie de la loi saoudienne, et cite le cas de William Sampson, qui a survécu à une condamnation à cette peine capitale parce qu'il était un ressortissant britannique. William Sampson a écrit dans le Guardian :

Relâché finalement en aout  2003, après  964 jours en isolement, la torture, et une terreur déshumanisante, je ne conserve aucune illusion sur ce qui m'a sauvé : mon passeport…Pendant ce temps, bien sûr, les immigrés pauvres de la Somalie, du Bangladesh, des Philippines ou du Pakistan qui sont en Arabie Saoudite sont virtuellement condamnés s'ils s'exposent à la peine capitale.

Manob O Manobota a ceci à dire au roi d'Arabie Saoudite :

আপনি কি জানেন, এ অভিযুক্তরা সবাই তাদের মনের কথা আপনার বিচারকদের কাছে জানাতে পেরেছিল নাকি রায়টি একতরফা হয়েছিল?

Savez-vous si ces prévenus avaient la liberté et les moyens de dire la vérité à vos juges ou le jugement a-t-il eu lieu sans autre forme de procès ?

Pushpita [bn] interroge le gouvernement bangladais :

কিছু কি করা যেতোনা. এই অসহায় শ্রমিকদের জন্য? কারো কি কোন দায়িত্ব ছিলনা?

Est-ce que rien ne pouvait être fait pour eux ? Est-ce qu'il n'y a pas quelqu'un qui avait cette responsabilité ?

On peut rappeler ici que l’Indonesie a interdit l'envoi de domestiques indonésiennes en Arabie Saoudite depuis qu'une travailleuse immigré de Java Ouest a été décapitée dans ce pays pour avoir tué son employeur, qui abusait d'elle.

Unheard Voice souligne que d'autres Bangladais sont en attente de leur exécution :

Ces hommes n'avaient ni pouvoir, ni argent, ni influence. Ils détiennes des passeports de couleur verte qui n'ont pas grande importance au niveau international et vivent et travaillent dans des conditions à peine au-dessus de celle d'esclave. Quand ils meurent, ils sont aisément remplacés et oubliés. 16 autres attendent en rang de prendre la place de ces huit.

Rubana Haque souffre du silence du monde:

C'est étrange, le monde semble incertain et divisé sur le concept de paix. D'un côté, trois femmes admirables ont reçu le Prix Nobel de la Paix pour leur contribution à un mouvement non-violent dans leurs pays : le Liberia et le Yémen, et de l'autre côté, huit d'entre nous ont été décapités de la façon la plus violente qui soit en Arabie Saoudite.

Tandis que l'Arabie Saoudite rendait la justice par la peine capitale sur son territoire, le comité du Prix Nobel a distingué ces trois femmes pour avoir exprimé de façon stratégique leur protestation. Le nœud de l'affaire est : quand est-ce que le monde se réveillera pour évincer ses gouvernement violents et quand serons-nous unis autour de l'idée de paix, la chimère de nos temps modernes ?

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