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Portugal : Le 15 octobre, la démocratie descend dans la rue

(Note : Le billet d'origine a été publié le 12 octobre en portugais et le 13 octobre en anglais)

Au Portugal, lors de la journée mondiale [en portugais] prévue le 15 octobre 2011, ‘la démocratie va descendre dans la rue’. La contestation apolitique, laïque et non-violente s'organise dans les grandes villes de la rue, appelant à “la démocratie participative, la transparence politique et la fin de la précarité”:

A actual governação assenta numa falsa democracia em que as decisões estão restritas às salas fechadas dos parlamentos, gabinetes ministeriais e instâncias internacionais. Um sistema sem qualquer tipo de controlo cidadão, refém de um modelo económico-financeiro, sem preocupações sociais ou ambientais e que fomenta as desigualdades, a pobreza e a perda de direitos à escala global. Democracia não é isto!

Democracy goes out to the streets: schedule of the demonstrations in the main Portuguese cities.

La démocratie descend dans la rue : planning des manifestations dans les principales villes du Portugal.

La gouvernance actuelle repose sur une fausse démocratie dans laquelle les décisions sont confinées aux salles closes du parlement, aux cabinets ministériels et aux instances internationales. Un système sans la moindre espèce de contrôle citoyen, otage d'un modèle économique et financier, sans préoccupations sociales ou écologiques et qui génère inégalités, pauvreté et perte de droits à l'échelle mondiale. La démocratie ce n'est pas cela !

Les divers manifestes [en portugais] en circulation reflètent un mécontentement général contre les politiques néo-libérales à l'oeuvre, les réductions de dépenses sociales et les privatisation de services publics imposées par la “troïka” (Fonds Monétaire International, Banque Centrale Européenne et Commission Européenne), pour venir à bout de la crise économique où est plongé le pays.

Des revendications plus spécifiques ont été ajoutées au manifeste par chacune des villes où est organisé le 15 octobre, tel le collectif de Porto, qui détaille :

- retirem o memorando. vão embora. não queremos o governo do FMI e da troika!
– nacionalização da banca – com os planos de resgate, o estado tem pago à banca para especular
– abram as contas da dívida – queremos saber para onde foi o dinheiro
– não ao pagamento da dívida ilegítima. esta dívida não é nossa – não devemos nada, não vendemos nada, não vamos pagar nada!
– queremos ver redistribuídas radicalmente as riquezas e a política fiscal mudada, para fazer pagar mais a quem mais tem: aos banqueiros, ao capital e aos que não pagam impostos.

- Retrait du mémorandum. Allez-vous en. Nous ne voulons pas du gouvernement du FMI et de la troïka !
– Nationalisation des banques – avec les plans de sauvetage, l'Etat a payé les banques pour spéculer
– Ouvrir les comptes de la dette – nous voulons savoir où est allé l'argent
– Non au remboursement de la dette illégitime. Cette dette n'est pas la nôtre – nous ne devons rien, nous ne vendons rien, nous ne paierons rien !
– Nous voulons que soient radicalement redistribuées les richesses et inversée la politique fiscale, pour faire payer plus ceux qui ont plus : les banquiers, le capital et ceux qui ne paient pas d'impôts.

Une mobilisation en ligne dispersée

We are many, we are not afraid! Poster by Gui Castro Felga for October 15

Nous sommes nombreux, nous n'avons pas peur ! Affiche de Gui Castro Felga pour le 15 octobre

A la différence de la participation à la manifestation Geração à Rasca (‘Génération précaire’) du 12 mars 2011, où plus de 70.000 personnes avaient annoncé en être, via un événement Facebook (et des centaines de milliers descendirent dans la rue), les chiffres de participants intentionnels du 15 octobre pour chacune des villes mobilisées – Angra do Heroísmo, Braga, Coimbra, Évora, Faro, Lisbonne, Porto et Santarém – ont été très faibles.

On n'a dépassé le millier de confirmations qu'à Lisbonne (6.594) et Porto (1.720) [au moment de l'écriture de l'article]. La page Facebook principale créée à cet effet n'a recueilli que 1.437 ‘j'aime’ [2.720 au 15 octobre].

Ce n'est que le 15 octobre que l'on pourra vérifier si ces chiffres représentent un manque d'intérêt pour les mobilisations ou s'ils sont l'effet de la présence dispersée sur les réseaux sociaux. En attendant, les appels aux assemblées préparatoires et à la création collective d'affiches, de banderoles et autres supports en différents lieux du pays se sont multipliés sur Facebook.

Un groupe impliqué dans l’organisation du 15 octobre a réalisé une vidéo intitulée ‘Ne vous excusez pas !’, pour moquer les raisons invoquées par ceux qui n'iront pas manifester :

Les médias généraux n'ont guère accordé d'attention aux préparatifs de la manifestation. Les chaînes d'information [en portugais] se sont fait l'écho des craintes du pouvoir que ‘la paix sociale [en] sorte perturbée’. Les animateurs ont répudié cette éventualité dans un communiqué de presse. Renato Teixeira du blog 5dias.net, a qualifié [en portugais] les déclarations du gouvernement de “stratégie de la peur” pour dissuader les “indignados” de manifester.

Tomás Vasquez, du blog Hoje Há Conquilhas, commente [en portugais] un reportage sur la manifestation du 12 mars récemment programmé sur une des principales chaînes de télévision portugaises :

a peça televisiva terminou assim: «A polícia teme que esta movimentação social possa provocar tumultos, os maiores desde 1975». O mundo está a ficar perigoso, os senhores do dinheiro põem e dispõem; a Europa está de rastos e quem paga a factura dos desmandos financeiros são sempre os mesmos, mas quando cidadãos querem mostrar o seu desagrado e «mijam fora do penico» ficam todos em pânico. Compreender os fenómenos sociais e políticos novos em vez de os atacar com caçadeira de canos cerrados é a melhor maneira de contribuir para uma sociedade mais justa e igualitária que cada vez se afasta mais do nosso horizonte.

Le reportagé télévisé se terminait ainsi : “La police craint que cette mobilisation sociale provoque des désordres, les plus amples depuis 1975.” Le monde devient dangereux, les seigneurs de l'argent usent et abusent ; l'Europe est à genoux et ceux qui paient la facture des dérèglements financiers sont toujours les mêmes, mais quand les gens veulent montrer leur mécontentement et “pissent à côté du pot de chambre”, tout le monde panique. Comprendre les nouveaux phénomènes sociaux et politiques au lieu de les attaquer au fusil de chasse est la meilleure façon de contribuer à une société plus juste et égalitaire, qui s'éloigne de plus en plus de notre horizon.

Pour conclure, le blog Ladrões de Gado partage [en portugais] une réflexion sur la mobilisation collective :

Quero aprender com todas as experiências que levaram a luta pela emancipação do mundo a algum lado, por mais tenebrosa que tenha sido a derrota. Quero saber das meias vitórias e não do número de pessoas na rua das 15h às 21h de um dia qualquer. (…) É preciso que toda a gente se junte, sim, mas contra o que vivemos agora (e o que temos vivido até agora) e não só por si. (…) A quantidade de vezes que leio e oiço ‹‹eu›› e ‹‹tu›› nestas convocações para o 15 de Outubro faz-me alguma coisa confusão. Não que cada um não seja uma pessoa diferente, (…) mas o que está aqui em causa não é eu e tu, somos nós e a forma como queremos viver uns com os outros.

Je veux apprendre de toutes les expériences qui ont porté la lutte pour l'émancipation du monde quelque part, quelle que sombre qu'ait été la défaite. Je veux connaître les demi-victoires et non le nombre de gens dans les rues de 15 à 21 heures un jour quelconque. (…) Il faut que tout le monde s'y joigne, oui, mais contre ce que nous vivons aujourd'hui (et avons vécu à ce jour) et non pour soi. (…) Le nombre de fois que je lis et entends “je” et “tu” dans ces appels pour le 15 octobre me rend un peu confus. Non que chacun ne soit différent, (…) mais ce qui est en cause ici, ce n'est pas toi ou moi, mais nous et comment nous voulons vivre les uns avec les autres.

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