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Bolivie : Les marcheurs du mouvement TIPNIS arrivent à La Paz

Ce billet fait partie de notre couverture spéciale Droits autochtones .

La marche des peuples indigènes pour la défense du territoire autochtone et pour le Parc national d'Isiboro Sécuro [en français] (sigle espagnol: TIPNIS) est parvenue à sa destination finale le 19 octobre 2011 lorsqu'elle est arrivée au siège du gouvernement de La Paz en Bolivie.

Leur premier objectif atteint, les marcheurs espèrent encore rencontrer le Président Evo Morales en personne pour discuter de leur 16 points de revendications, parmi lesquels l'arrêt définitif de la construction d'une section d'autoroute devant passer en plein cœur de leur territoire.

Lorsqu'ils ont su que la marche approchait de la ville, les habitants ont commencé à préparer un formidable accueil. Certains mêmes sont allés à la rencontre des marcheurs dans les localités de la région des Yungas, tel Tonny Lopez qui a publié quelques photos sur la halte de la marche à Coroico. Lorsque celle-ci a franchi  “La Cumbre,” son plus haut point géographique, à environ 4700 mètres au-dessus de la mer, de nombreux autochtones, venus de la région des basses-terres de Bolivie, ont eu du mal à s'adapter à l'altitude.

80 femmes du proche marché d'Urujara sont arrivées en cette région montagneuse pour manifester leur solidarité et fournir, en guise de repas, une soupe de riz et des sandwiches aux marcheurs. Dans cette vidéo-interview de En la UPEA, l'une des femmes dit qu'elle est désolée de la longueur du voyage  pour les marcheurs et que les femmes du marché fourniraient des repas pendant deux jours:

Depuis la répression policière  dans la ville de Yucumo le 25 septembre, les Boliviens ont davantage soutenu les marcheurs ainsi que leurs revendications. La répression policière ainsi que des déclarations du Président Morales et de ses ministres qui ont traité de tout les marcheurs,( à savoir, d'être manipulés par les ONG jusqu'à être des “touristes”) ont provoqué des interrogations :  comment seraient reçus par le gouvernement lorsqu'ils arriveraient ?

Manuel Alfaro (@_rogermanuel) demande [espagnol]:

Despues de decirles traficantes, maleantes, pagados, en fin haberlos descalificado a diario, como recibira evo a los indigenas del #TIPNIS ?

Après les avoir qualifiés de trafiquants, de criminels, de vendus, après les avoir dénigrés tous les jours, comment Evo recevra-t-il les autochtones du mouvement TIPNIS ?

On  ne doutait pas en revanche de l'accueil de la ville de La Paz à ces environ mille personnes qui a parcouru plus de 600 kilomètres pendant plus de 60 jours.

Les habitants ont commencé très tôt à prendre place dans les rues, préparant eau et nourriture tout autant que des drapeaux boliviens et des pancartes d'encouragement. L’ accueil reçu a été celui réservé aux héros.  Jose Luis Chuquimia (@chuquijosel) se trouvait dans les rues et  a décrit ce qu'il a vu [es]:

las calles pacenhas….quedaron flores, mixtura, banderas de papel…lagrimas, abrazos…sonrisas..pasos que calan historias #TIPNIS ES VIDA

Les rues de La Paz….sont remplies de fleurs, de confettis, de drapeaux en papier… Il y a des larmes, des embrassades, des sourires.. Ce sont des pas historiques #TIPNIS c'est LA VIE

La Twittosphère bolivienne  a été aussi très présentes au travers des compte-rendus de ce qui s'est passé dans les rues de la ville  durant  la journée. Plusieurs ont pris des photos et les ont publiées sur Twitter. Nicole Gerke (@nicolegerke) a posté des photos de la foule se joignant à la marche et du soutien des gens de la communauté afro-bolivienne.

D'autres, comme Mariana (@ama1607), ont publié cette  photo des femmes attendant les marcheurs avec des fleurs :

Photo by @ama1607 and used with permission.

Photo de @ama1607 utilisée avec son aimable autorisation .

Le journaliste et blogueur Boris Miranda (@ivanbor) a aussi suivi la marche et pris des photos de certains supporters le long de la route:

"Welcome home brothers from the TIPNIS. We support you. Long live Nature" Photo by @ivanbor and used with permission.

"Bienvenus à la maison, vous, nos frères du mouvement TIPNIS. Nous vous soutenons. Longue vie à la Nature" Photo de @ivanbor utilisée avec son aimable autorisation.

Photo by @ivanbor and used with permission.

Photo de @ivanbor utilisée avec son aimable autorisation.

Une  photo prise par Centa Rek, un sénateur de l'opposition, a par ailleurs provoqué une réponse énergique de la communauté Twitter. Durant toute la journée, beaucoup ont commenté la venue d'opportunistes qui ont tenté de profiter de ce soutien pour leur propre compte. L'utilisateur de Twitter @AndreaMiCaHe a conseillé ceci [espagnol] :

Politicos oportunistas respeten marcha dl #TIPNIS no vayan a la marcha a solo aparecer n la foto, oposicion inutil xfavor manter distancia!!

Politiciens opportunistes, ayez du respect pour la marche du mouvement #TIPNIS. N'allez pas à cette marche uniquement pour être sur les photos. Vous qui faites partie de cette inutile opposition, veuillez vous tenir à l'écart!!

Alexis Argüello (@alexisarguello) a fait un jeu de mots [espagnol] pour décrire ceux qui tentent de prendre le train en marche, les appelant “OpporTIPNIStes” au lieu d’ “opportunistes”.

Les marcheurs sont arrivés sur la Place Murillo qui fait face au Palais présidentiel et au Congrès, dans l'attente d'une rencontre avec le Président. Personne ne sait vraiment ce qui va se passer mais les marcheurs autochtones promettent de ne pas quitter La Paz sans une loi interdisant la construction de l'autoroute à travers leur territoire.

Ana Rosa López Villegas du blog Mi Voz, Mi Palabra//”Ma voix, ma parole”) résume les espoirs des marcheurs et de l'opinion publique qui les soutient [es]:

Hace dos meses que caminan y que claman, hace dos meses que quieren ser escuchados. Hace más de dos meses que buscan en las pupilas oscuras y la piel cobriza de su “hermano” Presidente, el respaldo que los acoja en su legítima demanda.

Cela fait deux mois qu'ils marchent et lancent des appels, cela fait deux mois qu'ils veulent être entendus. Cela fait plus de deux mois qu'ils se tournent vers leur “frère” de sang, le Président, pour soutenir leur légitime demande.

Ce billet fait partie de notre couverture spéciale sur les peuples indigènes .

Vignette photo de Fernando Miranda des foules qui attendent d'accueillir les marcheurs au Square Murillo à La Paz, copyright Demotix (19/10/11).

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