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Syrie : La liste des journalistes et blogueurs arrêtés s'allonge

Hussein Ghrer

Depuis le début du soulèvement, en mars 2011, en Syrie, les menaces et les attaques physiques contre les journalistes ont augmenté.  La liste des blogueurs et des journalistes détenus s'allonge ainsi que celle des journalistes étrangers arrêtés et expulsés. Parmi les dernières arrestations,  l'éminent blogueur et programmeur Hussein Ghrer, qui a disparu le 24 octobre.

Le 27 octobre, l'organisation Reporters sans frontières a publié une liste qui comprend quelques-uns des journalistes, blogueurs et cyber-militants identifiés comme actuellement détenus dans le pays :

  • Qais Abatili, un internaute très actif qui a été arrêté le 25 septembre.
  • Nizar Al-Baba, un activiste en ligne qui est détenu depuis le 21 septembre.
  • Malak Al-Shanawany, une blogueuse et activiste qui contribue à de nombreux sites Web. Elle a été arrêtée dans une rue de Damas, le 22 septembre. Elle avait déjà été arrêtée deux fois.
  • Jehad Jamal, un blogueur plus connu sous le pseudonyme de “Milan”, a été arrêté le 21 septembre.
  • Nizar Adleh, un journaliste qui contribue à de nombreux sites Web. Il est détenu depuis le 6 Septembre.
  • Miraal Brourda, un écrivain et poète qui contribue à de nombreux sites Web.
  • Ahmed Bilal, un producteur pour la chaine de télévision Falesteen qui a été arrêté dans la banlieue de Damas, le 13 septembre.
  • Amer Matar, un journaliste du quotidien Al-Hayat, a été arrêté le 4 septembre. Il s'agissait de sa deuxième arrestation.
  • Alwan Zouaiter, un journaliste qui a écrit pour de nombreux quotidiens libanais. Il a été arrêté par des agents de renseignement dans la ville septentrionale de Raqqa après son retour de Libye. Il a d'abord été condamné à cinq ans de prison pour avoir prétendument contacté l'opposition syrienne à l'étranger. La peine a été réduite par la suite à 13 mois.
  • Omar Abdel Salam
  • Amer Al-Asad, un étudiant de première année en technologies de l'information qui écrit également pour plusieurs quotidiens en langue arabe. Il a été arrêté le 3 juillet et à nouveau le 4 août. On a aucune  nouvelle de lui depuis cette date.
  • Hanadi Zahlout, un journaliste pigiste qui a écrit de nombreux articles pour des publications en ligne. Il a été arrêté pour la deuxième fois le 25 juillet, libéré quatre jours plus tard et de nouveau arrêté le 4 août. Il est actuellement détenu dans la prison d'Adra.
  • Omar Al-Asad, un journaliste qui écrit pour de nombreux quotidiens en langue arabe. Il est aussi étudiant en dernière année de technologies de l'information. Il a été arrêté le 5 juillet et de nouveau arrêté le 4 août. Il n'y a pas eu de nouvelles le concernant depuis lors.
  • Rudy Othman et Asim Hamsho, deux blogueurs qui ont été arrêtés au début du mois d'août.
  • Abd Qabani, un internaute arrêté le 8 août.
  • Ammar Sa'ib, un internaute arrêté le 1er août à Damas.
  • Mohamed Jamal Tahan, membre de la Ligue des écrivains arabes et de l'Union des journalistes, qui a été arrêté le 20 juillet après la signature de l ‘”Appel d'Alep pour la Nation”.
  • Abd Al-Majid Tamer et Mahmoud Al-Mohamed Asem, deux journalistes travaillant pour des sites Web d'informations kurdes qui ont été arrêtés le 31 mai.
  • Manaf Al Zeitoun, a été arrêté le 25 mars. Il n'y a pas eu de nouvelles de lui depuis son arrestation.

Les atteintes à la liberté d'expression ne sont pas sans précédent en Syrie : les autorités ont empêché les journalistes d'entrer dans le pays depuis des décennies. Le 24 mars, Mme Buthaina Shaaban, conseillère politique [à la présidence] syrienne, a annoncé au nom du Commandement régional du parti Baas une liste de réformes qui comportait une presse libre. Le 28 août, le président Bachar al-Assad a approuvé une nouvelle loi qui  respecte prétendument la liberté d'expression et interdit l'arrestation de journalistes. Pourtant, moins d'une semaine plus tard, un journaliste syrien et collaborateur du quotidien pan-arabe Al-Hayat, a été arrêté, a annoncé le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), et des dizaines d'autres ont suivi. Toujours selon le CPJ :

Un examen attentif de la législation, le décret n ° 108, suggère que le régime du Président Assad accorde des réformes tout simplement du bout des lèvres.

Les réformes annoncées n'ont eu aucun effet sur ​​le terrain et la liste des journalistes et blogueurs arrêtés ou disparus n'a jamais été plus longue. L'organisation “Reporters sans frontières” a également ajouté le président Bachar AlAssad à sa liste des prédateurs de la liberté de la presse, qui comprend des organisations et des individus “qui ne respectent pas la presse, la traitent comme une ennemie et attaquent directement les journalistes.”

Selon le militant syrien Rami Jarah (alias Alexander Page), qui a été emprisonné à deux reprises à Damas :

Au cours des dernières semaines, le régime syrien a entrepris une répression brutale contre les blogueurs et les activistes sociaux à l'intérieur de la Syrie. Ceux qui sont accusés et condamnés pour “actes de délinquance” font face à une hostilité incroyable et sont souvent gravement torturés. Tout cela fait partie du manque de tolérance de M. Assad pour la liberté d'expression. Les militants en ligne utilisent  différentes techniques  pour crypter les données qu'ils envoient et reçoivent par l'intermédiaire du seul fournisseur d'accès à Internet de la Syrie: “Bachar Al-Assad”.

Sur un blog, un collectif exige des informations sur le sort de Hussein Ghrer et la libération de tous les prisonniers de conscience. Ils comparent les mots à des armes  dans un contexte où la liberté d'expression est considérée comme une ennemie :

La peur de la liberté et la haine contre toutes les libertés sont les causes de la détention d'Hussein. Les mots sont les armes de Hussein, et les nôtres aussi. Nous voulons que ces armes brisent le silence. Nous vous demandons d'élever vos voix pour la liberté de Hussein et de tous les prisonniers de conscience qui croupissent dans les cellules syriennes.

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