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Tunisie : Les anti-Ennadha sont sur Facebook

Ce billet fait partie de notre dossier spécial Tunisie 2011.

Les mouvements islamiques font actuellement la une de l'actualité en Occident. En Tunisie, il est reproché à des mouvances salafistes d'avoir provoqué des incidents  avant l'élection constituante, comme  l'attaque d'un cinéma pour avoir diffusé un film de la réalisatrice tunisienne Nadia El Fani, des incidents dans une université  quand l'inscription a été refusée à une femme portant le niqab, comme le veut la loi toujours en cours, puis, après la diffusion du film Persepolis par la chaine de télévision privée Neesma TV, qui comprend une scène où l'héroïne parle à Dieu, un incendie criminel dans la maison du propriétaire de la chaine.

Les opposants au parti Islamique Ennahda, qui a obtenu 40 % des voix aux dernières élections, affirment que les islamistes en Tunisie “veulent transformer le pays en un autre Afghanistan soumis aux Talibans,  en Soudan ou en Iran”. Ces positions sont qualifiées d'islamophobes par certains. D'autres jugent que ces attaques faisaient partie de la campagne de certains partis politiques tunisiens candidats à la Constituante pour détériorer la popularité de leur rival Ennahda. Ces groupes se sont défendus en déclarant que, si leur identité était musulmane, ils souhaitaient défendre une Tunisie laïque.

Les internautes tunisiens qui sont opposés à Ennahda se sont tournés vers Facebook pour  critiquer ces mouvements, se moquer d'eux, ainsi que pour défendre le mode de vie séculier de la Tunisie.L'un des groupes les plus actifs est  شماتة في العرب تونس حرة بالحرام ما تقعد حرة [en arabe], qui peut être traduit en français par “La Tunisie restera libre, que les Arabes le souhaitent ou pas”, en référence aux liens entre la Tunisie et les États du Golfe, supposés avoir financé des formations politiques islamiques.

Dans la première photo ci-dessous, la tête de Rached Al-Ghannouch, responsable du parti Ennahda, a été collée sur le buste de l'ancien président tunisien Zein Al Abidine Ben Ali. La légende de cette photo fait dire à Ghannouchi les derniers mots de Ben Ali lors d'un maintenant célèbre discours, peu avant son départ : “Je vous comprends enfin, peuple de Tunisie”.

Le même groupe a également publié une chanson qui dit “Non, non, non aux Frères musulmans”

Un autre groupe sur Facebook, qui a vu le jour pendant la révolution,  intitulé ابتسم كثيراً فأنت لست من سيدي بوزيد (Souriez, vous n'êtes pas de Sidi Bouzid) milite de façon plus modérée (à savoir avec moins de sarcasme et d'insultes) contre le parti Ennahda en affirmant que “donner le pouvoir aux islamistes en Tunisie ruinerait le pays et irait à l'encontre de l'objectif de la révolution”.

Le groupe avait publié le dessin ci-dessous pour exprimer ce que serait selon eux la Tunisie si Ennahda arrivait au pouvoir :

Sur la photo suivante, ils s'en prenaient au propriétaire de la chaine tunisienne Hannibal TV Larbi Nasra, parent de Madame Ben Ali, en l'accusant d'avoir successivement soutenu l'ancien parti au pouvoir, puis la révolution, et maintenant le parti Ennahda, pour son propre intérêt.

Une autre page Facebook intitulée  أنا مسلم و النهضة لا تمثلني (je suis musulman et Ennahda ne me représente pas) a publié une photo comparant Gannouchi au dirigeant de la révolution islamique iranienne l'Ayatollah Khomeini.

Un groupe intitulé الحركة التونسية لمقاومة المتطرفين و تجار الدين : النهضة ، التحرير (Le Mouvement de résistance tunisien contre les extrémistes et les vendeurs de religion : Ennahda et Tahrir) liste  ce qu'ils décrivent comme des “atteintes à la liberté”. Sur cette capture d'écran, le message affirme  que servir de l'alcool et de jouer de la musique après 23h aurait été interdit dans une boite de nuit.

Une autre page Facebook,  لا للسكوت على تجاوزات النهضة (non au silence envers les abus d'Ennahda), a publié de nombreux clips vidéo contre Ennahda, comme une vidéo d'une personnalité tunisienne, Jalel Brick, filmé tandis qu'il s'adresse aux habitants de Sidibouzid après des affrontements entre militants de différents partis et d'Ennahda sur les résultats du vote.

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Cette vidéo affirmait qu”‘Ennahda peut donner de l'argent pour financer votre mariage”,  pour insinuer qu'Ennahda a acheté les votes en proposant de tels services.

Une autre page demandait un million de signatures contre le parti Ennahda pour pouvoir le traduire en justice, de la même façon que l'ancien parti au pouvoir, qui a été jugé après la révolution.


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