Pérou : Les 100 premiers jours du gouvernement de Ollanta Humala

[Lien en espagnol] Le samedi 5 novembre 2011 marquait les cent premiers jours du gouvernement de Ollanta Humala. Au delà de ses accomplissements et erreurs, facilement identifiables, la comparaison doit être faite sur le changement de style présidentiel, d'un président comme Alan García – entièrement axé sur les médias avec une présence quasi permanente sur les journaux et la télévision – à Ollanta Humana, qui n’a aucun penchant pour les apparitions médiatiques.

Plusieurs chaines de télévision ont diffusé des émissions spéciales sur ces cent premiers jours. Le journal El Comercio a publié plusieurs articles sur la question, allant d'une chronologie montrant les hauts et les bas à une petite analyse sur le comportement du cercle proche à la présidence.

Le journal La Republica dans leur édition spéciale analyse l'évolution de Ollanta Humala sur les 100 derniers jours et propose une interview avec l'analyste politique Nelson Manrique, qui se demande ce qui est arrivé à tous les gens qui assuraient qu'ils allaient quitter le pays si Humala gagnait…

 

President Ollanta Humala in the traditional clothing of the people of Calacoa. Image by Flickr user Presidencia Peru, under CC Attribution 2.0 Generic (CC BY 2.0) licence.

Le président Ollanta Humala en tenue traditionnelle du peuple Calacoa au Pérou. Image de Presidencia Pérou sur Flickr, sous licence CC Attribution 2.0 Générique (CC BY 2.0).

Sur Twitter, le hashtag #100diashumala a été créé, et même si la question n'a pas soulevé beaucoup d'enthousiasme sur les blogs, autre que la republication des articles et des chroniques d'opinion des médias traditionnels, certains articles intéressants peuvent être trouvés. Sur le blog La Escena Contemporanea (La Scène Contemporaine), le blogueur Eduardo Jiménez souligne l'un des développements les plus pertinents de la campagne électorale lorsqu’il essaie de résumer les événements :

Para la evaluación se puede tomar como parámetros de referencia lo que prometió en campaña o lo declarado en el plan de gobierno, a fin de contrastar lo dicho con lo que está haciendo, lo que falta por hacer o los necesarios cambios en el camino. El primer inconveniente es qué plan de gobierno contrastamos, si “la gran trasformación”, furibundamente estatista, o la más flexible “hoja de ruta”, aparecida cuando el candidato Humala pasa a la segunda vuelta. Evidentemente que es la hoja de ruta el instrumento eje que delimita actualmente la política del gobierno.

Pour l'évaluation, l’on peut prendre comme critères de comparaison les promesses de campagne ou les déclarations du gouvernement et on peut comparer ce qui a été dit à ce qui a été fait, ce qui manque, les changements nécessaires qui doivent être apportés. La première difficulté est quel gouvernement nous devons comparer, celui de  ‘la grande transformation’, farouchement étatiste, ou la plus flexible ‘feuille de route’,  qui est l’instrument qui donne le ton dans la vie politique du gouvernement’.

Le journaliste Jaime Del Castillo ne cache pas son mécontentement sur les décisions politiques du gouvernement et a exprimé son avis sur son blog :

Consideramos que el presente gobierno de turno encaja exactamente en lo que negó y rechazó y recusó el pueblo mayoritariamente electoral el 05 de junio: Continuismo

¿Es o no es continuismo (y de la peor laya) habernos estafado con tanto avivato e impresentable y delincuente y deshonesto y un largo etcétera en negativo y en hediondo en cuanto a Parlamentarios de ‘Gana Perú’?, ¿’Honestidad para el Gran Cambio’? …

¿Es o no es continuismo: Dejar hacer y dejar pasar al más puro estilo liberal de todos los siglos con respecto a Grupos de poder económico-financiero que dominan al Perúhace décadas: Mineras, Telefónica del Perú, etc., etc.?

¿Es o no es continuismo: Que la PRENSA GRANDE haga lo que se le dé la gana embruteciendo al pueblo peruano y marcando su agenda comercial, política y económica antes que el interés público o de las grandes mayorías que pidieron y exigieron CAMBIO el 05 de junio del 2011?

Nous considérons que le gouvernement actuel fait exactement ce qu'il a critiqué et rejeté, ce contre quoi  les personnes ont voté en majorité le 5 juin : la Continuité.

La continuité (même de la pire sorte) n’est elle pas sous les discours enflammés ; imprésentables, criminels et malhonnêtes et une longue liste d'autres épithètes négatifs et déshonorants pour les membres du Congrès élus de ‘Gana Peru’? Honnêteté pour le grand changement ?

Est-ce ou n'est-ce pas de la continuité de laisser faire et de laisser aller, dans le style libéral le plus pur de tous les siècles, tous les groupes de pouvoir économiques et financiers qui dominent le Pérou depuis des décennies : les compagnies minières, Telefonica Pérou, etc, etc?

Est-ce ou n'est-ce pas la continuité que les GRANDS MÉDIAS fassent ce qu’ils veulent, embrouillant la population péruvienne avec leur agenda commercial, politique et économique, le plaçant au dessus de l'intérêt public ou celui des grandes majorités qui ont voté et exigé un changement le 5 juin 2011 ?

Dans le blog Consultora Societas (Consultant la Société), Gerardo Castillo Guzman a souligné quelques points de son propre bilan politique sur la question politico-economique, en parlant de trois mesures :

Primero, el logro de un aumento sustancial de la contribución de las empresas mineras a través de un acuerdo de consenso que permite no romper los marcos legales de estabilidad tributaria y límites de competitividad, sobre todo en comparación con nuestro vecino Chile. Aunque algunos sectores de la izquierda cuestionan el monto y la forma, el ingreso de recursos directos para el gobierno central para emprender proyectos mayores de infraestructura –importantes no solo para cerrar las brechas del país sino también para incentivar la economía en momentos de crisis— es importante.

Segundo, aunque con muchas más complicaciones, se han avanzado en las negociaciones para dedicar de manera exclusiva las reservas de gas del proyecto Camisea al mercado interno peruano. Ello es importante no solo por ser una promesa electoral central y por el ahorro que supondría para la nación abastecerse con un gas barato […]. Ante todo es clave por que podría suponer la puesta en marcha de ambiciosos planes de desarrollo gasífero –incluyendo plantas petroquímicas y de fertilizantes— para el sur andino, la región con mayores índices de pobreza y el enclave electoral de Ollanta Humala.

Tercero, la captación de mayores recursos para el gobierno central es justificada por la necesidad de potenciar y redirigir los programas sociales con el fin de reducir dramáticamente la pobreza, especialmente en las áreas rurales. La pronta creación del Ministerio de Desarrollo e Inclusión Social, cuyo función es la de centralizar los programas y tornarlos más eficientes evitando los serios problemas de duplicidad y filtración existentes, es señal de la prioridad dada al tema.

Premièrement, l’augmentation substantielle de l'impôt que les sociétés minières paient, grâce à un accord qui permet de briser les cadres juridiques de la stabilité fiscale et les limites de la concurrence, surtout en comparaison avec notre voisin, le Chili. Même si certains courants de gauche ont critiqué le montant et la forme, les revenus directs du gouvernement central pour lancer de nouveaux projets d'infrastructures – importants non seulement pour relier les différentes zones du pays mais aussi pour stimuler l'économie en ces temps de crise – sont importants.

Deuxièmement, et cela a  beaucoup plus d’implications, il y a eu des progrès dans les négociations pour approprier les réserves de gaz du projet Camisea au marché intérieur péruvien. Ceci est important, non seulement parce que c’était une promesse électorale, mais aussi parce que la nation économise si elle a du gaz moins cher […] C’est surtout essentiel en ce sens que cela pourrait signifier le coup d'envoi des plans ambitieux de développement du secteur gazier – dont la pétrochimie et des usines d'engrais – dans le sud des Andes, la région avec l'indice de pauvreté le plus élevé et le pilier électoral de Ollanta Humala.

Troisièmement, lever davantage de ressources pour le gouvernement central est justifié par la nécessité d'autonomiser et de réorienter les programmes sociaux visant à réduire considérablement la pauvreté, en particulier dans les zones rurales. La création rapide du ministère du Développement et de l'inclusion sociale, avec l'objectif de centraliser ces programmes et les rendre efficaces tout en évitant les questions actuelles de duplicités et de graves fuites, est un signe de la priorité que cette question a été prise en considération.

Dans le blog de La Caja de Daysi (la Boite de Daysi) trois moments négatifs sont soulignés dont l'un est arrivé avant même le début de la période de 100 jours :

…mucho antes que Humala juramente, su hermano menor, Alex Humala ya se había adelantado, viajando a Rusia y reuniéndose con el ministro del Exterior Serguei Lavrov para discutir posibles formas de cooperación en proyectos de gas a través de Alianzas Estratégicas. El caso se solucionó cuando el partido de Gana Perú tomo las medidas respectivas por aquella acción adelantada que hizo el hermano menor del presidente.

La designación de Ricardo Soberón al frente de Devida [Comisión Nacional para el Desarrollo y Vida sin Drogas], también fue uno de las gestiones más cuestionadas porque este había sido el asesor de la congresista Nancy Obregón. Enseguida dispuso la suspensión temporal de la erradicación de cocales en el VRAE [Valle del Río Apurímac y Ene].

Humala también tuvo una exitosa gira en Latinoamérica y fue muy bien recibido por el marco de la Asamblea de la ONU. Sin embargo lo que le hizo temblar fue cuando un periodista de la Univisión le preguntó sobre una posible reelección, a lo que el mandatario muy soberbio en su respuesta atinó a no responder.

… Bien avant que M. Humala n’ait prêté serment, son frère cadet, Alex Humala, a effectué un voyage en Russie pour rencontrer le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et discuter de coopération dans le secteur du gaz par des alliances stratégiques. L'embarras  été résolu lorsque le parti Peru Gana a pris les mesures officielle pour couvrir  cette action prématurée du frère cadet du président.

La désignation de Ricardo Soberon pour mener Devida [Commission nationale du Développement et de la vie sans drogue] a également été critiquée parce qu'il est l'ancien conseiller de la députée Nancy Obregon. Immédiatement, il a ordonné la suspension temporaire des plantations de coca dans le VRAE [Apurimac Ene et Rivers Valley]

Humala a également effectué une tournée réussie en Amérique Latine et a été bien accueilli par l'Assemblée Générale de l'ONU. Néanmoins, il a été mécontent quand un journaliste du réseau Univision lui a demandé s'il se représenterait. Le président arrogant a évité de répondre.

Des points de vue exprimés ci-dessus, nous pouvons résumer en disant que le gouvernement de M. Humala n'a été ni aussi bon ni aussi mauvais que prévu, tant pour les gens de droite et les gens de gauche, car le Pérou n'a pas été transformé en un pays influencé par Hugo Chavez, comme beaucoup le craignaient, mais n'est pas un gouvernement lisible pour la majorité des gens. Et peut-être est-ce bon signe, si le gouvernement parvient à trouver sa propre voie et inclut tous les Péruviens, riches et pauvres, blancs, ‘Cholos’, asiatiques et noirs. Seul le temps nous le dira.

La version originale de cet article a été publiée dans Globalizado, le blog personnel de Juan Arellano le 5 novembre 2011.

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