Bangladesh : Un courageux refus de la dot

Depuis des siècles, la dot [en français] fait partie du système social en de nombreuses parties du monde et, dans les pays en voie de développement, celle-ci est considérée comme une charge financière pour la famille de la mariée. Dans plusieurs pays d'Asie du Sud, la dot a été interdite par la loi au siècle dernier mais celle-ci est encore largement et illégalement pratiquée.
Chaque année, nous entendons parler de conflits dus à une dot, accompagnés de  violence domestique, une violence qui peut se conclure par l'assassinat des épouses par certains de leurs maris. Les réseaux sociaux du Bangladesh parlent beaucoup d'un cas récent de refus de la dot, et approuvent.
La date du 11/11/11 avait été choisie comme étant  la date de mariage idéale par la future mariée Farzana Yasmin, employée dans une compagnie d'assurances, ainsi que par le futur marié Shawkat Ali Khan Hiron,  directeur d'une école primaire publique. Le mariage a eu lieu vendredi dernier à 11h 11minutes 11 secondes [bengali] et lors du repas, les beaux-parents de Farzana ont demandé à la famille de la mariée, en présence des invités, un poste de télévision, un réfrigérateur, une moto ainsi que quelques autres “cadeaux”. Farzana a eu la stupéfaction de voir que Shawkat soutenait leurs exigences. Farzana a alors fait parler d'elle dans tout le Bangladesh en divorçant de lui en plein mariage. Les parents du marié ont tenté de résoudre le conflit jusqu'à la nuit, mais Farzana est restée sur sa position.
Le marié a plus tard écrit sur sa page Facebook que l'incroyable et amère vérité était que son mariage était terminé et il s'en est excusé auprès des invités. Il a aussi affirmé qu’ il n'avait pas réclamé de dot. Il a ensuite lancé une campagne de diffamation [bengali] contre la mariée sur Facebook. Les internautes ont  protesté en masse contre cette attitude et les billets emplis de haine ont été ultérieurement ôtés.
La dot est devenue un cancer sociétal. J'ai lu  des articles de presse sur le sujet  et me suis toujours demandée pourquoi ceci se passait. [..] Lorsque j'ai assisté de mes yeux à cela, quelque chose s'est passé en moi. J'ai eu envie de m'élever contre cela et de faire quelque chose…. [..] Je n'ai peut-être pas changé la vie de dix personnes mais je veux que les gens en tirent une leçon, celle que les filles peuvent faire quelque chose.”
Elle s'est demandée qui pourrait prendre une telle décision si elle, une fille éduquée, ne le pouvait pas ?
Voici une vidéo d'une interview [bengali] qu'elle a donnée à la presse locale (une vidéo téléchargée par  Priyochannel).
http://youtu.be/sU4XMiBrN3M
Le blog “Unheard Voice blog” (Blog des voix que l'on n'entend pas) publie la traduction de cette interview :
Et si donc je divorçais ? Je ne suis pas obligée de me marier. Je peux vivre par moi-même. Je ne pourrai jamais construire un foyer avec un homme comme celui-ci… Les filles pensent qu'une fois qu'elles sont mariées, elles ne peuvent jamais s'en aller. Elles font des commentaires du type : comment pourrais-je divorcer ?  Pourquoi devrais-je vivre un enfer domestique lorsque je sais que c'est… Nous nous opposons à la dot mais cela se passe encore.  Si je ne refuse pas maintenant, cinq autres femmes ne s'y opposeront pas… Vous voyez toutes ces manifestations, tous ces rassemblements, mais cela perdure. Cette société continue à être régie par les hommes. Comment un enseignant a-t-il pu réclamer une dot ?  Qu'apprendra la société d'un enseignant comme ça ? Et c'est un enseignant d'école publique ! Pourtant le gouvernement s'oppose à la dot. Ces personnes doivent être sanctionnés, ils doivent être socialement bannis. Je suis fière de dire que je suis partie en signe de protestation et ce, bien que j'étais vêtue de ma robe de mariée.”

L'interview de Farzana. Photo gracieusement offerte par Kowshik

Kowshik était là lors de l'interview et a écrit sur le sujet sur le blog BDNews24.com [bengali]

তার যুগান্তকারী ঘটনা শুনছি। ফারজানাকে দেখে সজাগ হতে হয়। এমন সাহসী সিদ্ধান্ত ক’জন নিতে পেরেছেন? যৌতুকের দাবী মেটাতে গিয়ে নির্যাতনের শিকারের ঘটনা আমরা অহরহ শুনি। কিন্তু এভাবে ঘুরে দাঁড়াবার দৃষ্টান্ত বিরল।
En écoutant sa remarquable histoire, on ne peut qu'être étonné  par ses actes. Combien de personnes peuvent-elles prendre une si courageuse décision ? Nous entendons parler tout le temps de la violence domestique causée par la dot. Mais une prise de position aussi courageuse est un phénomène rare.
Le billet de Kowshik a attiré de nombreux commentaires.  Gias Uddin Bhuiyan l'a félicitée et a déclaré :
তিনি যে এই সাহসী পদক্ষেপটি নিয়েছেন তা প্রতিটি ঘরে ঘরে প্রতিটি মানুষের মনে রাখা উচিত এবং সকলের জীবনে তার প্রতিফলন ঘটানো উচিত। শুধু তাকে বাহবা দিলেই দায়িত্ব শেষ হবে না।
Chaque personne, chaque foyer devrait se rappeler de la courageuse initiative que celle-ci a prise et nous devrions mettre en pratique cette leçon dans nos propres vies. Notre responsabilité ne se borne pas uniquement à la féliciter.
Pankaj Chowdhury a dit ceci :
ফারজানা তোমাকে অনেক অনেক ধন্যবাদ। তুমি দেখিয়ে দিয়েছ মেয়েরা বাজারের পন্য নয়। মেয়েরাও মানুষ তাদেরও স্বাধীনতা আছে।
Farzana, un grand merci à vous. Vous avez montré que les femmes ne sont pas des marchandises.  Ce sont aussi des êtres humains et elles sont indépendantes.
Muktadir S. Hossain commente un article du Daily Star :
Ce n'est que le début. C'est un avertissement à tous ces mendiants qui cherchent une dot.
Manzor H. sarkar écrit :
Toute mon admiration non seulement pour le cran et le courage de cette fille mais aussi pour son ferme refus de se plier à cette pratique ou stupide tradition séculaire de la dot dans notre sous-continent. Elle a pleinement compris quel type de mariage allait se mettre en place. Cela ressemblait plus à un acte de vente qu'à des liens du mariage basés sur une confiance et un amour mutuels.
La réalité, c'est que Farzana n'est qu'une exception parmi des millions de femmes qui doivent subir l'épreuve de la dot. Quand la société du Bangladesh se réveillera-t-elle ?

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