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Japon : Je ne trouve pas ma place au bureau

Internet peut être une bénédiction si vous êtes mis à l'écart à l'école ou au travail ” C'est une remarque faite par Izumi Mihashi lors de notre entretien à propos du projet Lingua Japon. Je m'en suis souvenue quand je suis tombée sur une histoire poignante publiée sous la forme d'un billet anonyme sur un blog [japonais].

La maltraitance ne s'arrête pas à la cour de récréation.

Sur Flickr, photo de maciejgruszecki.com

Note: Il s'agit de la traduction de l'intégralité du billet. On ignore si l'auteur est un homme ou une femme. Afin de faciliter la lecture, il est traduit comme si la personne était un homme.

Aujourd'hui, je me suis rendu compte une fois de plus que le traitement qui m'est infligé au bureau est vraiment hostile. Je suis arrivé au travail ce matin, j'ai vérifié mes e-mails et j'ai reçu des reproches de la part de quatre personnes pour quatre choses différentes au cours de la première heure. Quand j'ai été seul, je n'ai pas pu m'empêcher de rire silencieusement, avec amertume.

J'ai l'impression que si j'arrivais à trouver juste un point positif auquel m'accrocher, je pourrais surmonter certains de ces problèmes, si je m'y applique. Le truc, c'est que je ne peux pas m'empêcher d'avoir l'impression que je suis complètement mis sur la touche.

Après les soucis de ce matin, je me suis retrouvé avec du temps libre sans rien à faire. Je suis allé voir l'une des personnes qui se sont mises en colère contre moi et je lui ai demandé calmement :  “Puis-je vous aider à faire quelque chose ?” Il a répondu : “Non”, avec un visage très las. Il ne me fait aucune confiance, pour quoi que ce soit, c'était écrit sur tout son visage.

J'étais navré, embarrassé et tellement d'autres émotions mélangées. Au fond de mon cœur, je voulais dire : “Je suis tellement désolé que vous ayez cette impression.” Tout ce que j'ai pu faire, c'est me forcer à sourire et à dire : “N'hésitez pas à me prévenir si je peux vous aider à faire quelque chose.” Après avoir regagné mon siège, j'ai passé en revue le travail que j'avais fait pour voir s'il y avait des choses à reprendre. J'ai remarqué beaucoup d'erreurs, je me suis donc mis à les corriger.

Il fait froid devant la fenêtre où je suis assis, je suis allé chercher un thé chaud au distributeur automatique et je me suis rassis, en essayant de me réchauffer. La personne assise à côté de moi a crié, furieuse : “N'amenez rien qui ait une odeur à votre poste de travail. Mais à quoi pensez-vous ?” J'ai demandé pardon – presque à genoux – et je me suis enfui dans la salle du personnel.

Déprimé, j'ai regardé par la fenêtre de la salle du personnel et j'ai réfléchi à comment je pourrais m'améliorer. La seule chose qui m'est venue à l'esprit dans mon état d'esprit actuel, c'est qu'il n'y a rien que je puisse faire, à part être extrêmement vigilant dans tout ce que je fais et faire de mon mieux.

Cela fait plus de trois mois que je mène ce genre de vie. En toute honnêteté, je veux quitter cette société. Je crois qu'il est temps.

Parfois, j'ai l'impression que je ne devrais pas être ici. Mais démissionner sans m'être amélioré serait comme prendre la fuite. Je ne peux pas faire ça. Soit je vais faire une dépression nerveuse, soit mes collègues arriveront au bout de leur patience… Qu'est-ce qui va arriver en premier ?

Je suis si triste d'être une personne si misérable. Je suis juste tellement triste. Et j'ai attrapé un rhume. Mais je ne peux pas prendre un jour de congé.

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