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Hongrie : Les Hongrois solidaires des personnes sans-abri et démunies

De nombreuses actions citoyennes ont été organisées à Budapest ces dernières semaines en protestation contre les amendements législatifs qui verraient les personnes coupables de “résidence récurrente dans les lieux publics” écoper d'une amende de 530 € voire d'une peine de prison. La loi est censée entrer en vigueur le 1er décembre 2011.

L'association locale “The City is for All” , qui se bat pour le droit au logement en Hongrie, a publié la déclaration suivante sur son blog:

[…] Mate Kocsis, maire du 8ème arrondissement, a interdit de fouiller les poubelles dans ce quartier. Bien que le porte-parole des droits civils ait conclu que ce décret était anti-consitutionnel, des centaines de personnes sans-abri ont été soumises à des arrestations de courte durée par la police ces derniers mois et des dizaines d'abris précaires ont été détruits par les autorités sous le coup de ce décret. […]

Sit-in in front of Hungarian Parliament for the protection of homeless peoples rights. Image by Janos Kis, copyright Demotix (17/10/11).

Sit-in devant le Parlement Hongrois pour la protection des droits des personnes sans-abri. Photo de Janos Kis, copyright Demotix (17/10/11).

La Fédération Européenne des Organisations Nationales Travaillant avec les Sans-abri (FEANTSA, acronyme anglais) a publié un communiqué de presse dénonçant cette loi promulguée le 11 novembre :

[…] Les législateurs à l'origine de cette loi soutiennent que l'emprisonnement des personnes sans abri est une forme de sanction “dissuasive”. Ceci est très cynique et fait abstraction du fait que les personnes sans abri sont souvent forcées pour leur survie d'utiliser l'espace public à cause d'un manque de services, en particulier ceux adaptés à leurs besoins. Condamner le fait d'être sans abri comme un délit détourne ce dossier des politiques sociales. Cela constitue également un déni de la responsabilité de l'Etat vis-à-vis de ce qui est souvent le résultat de problèmes structurels et démasque une culture de culpabilisation des personnes sans-abri sur leur situation. […]

Au lendemain de la promulgation de cette loi (le 11 novembre), le groupe citoyen “Börtön helyett lakhatást” (Le logement, pas la prison) organisait un sit-in dans le bureau du maire Máté Kocsis. (Le maire du 8ème arrondissement est aussi chargé des affaires relatives aux sans-abri au Parlement pour le parti majoritaire.)

Environ 30 manifestants ont été arrêtés par la police et soumis à des interrogatoires jusqu'à une heure avancée de la nuit. Kettős Mérce bloguait les événements [lien en hongrois] en direct du bureau et a mis en ligne une galerie photo du sit-in.

Une autre vidéo du sit-in et des arrestations accompagnée de sous-titres en anglais a été publiée sur le site d'information index.hu.

Une semaine plus tard, une manifestation silencieuse a été organisée devant le Parlement [lien en hongrois]. Les photos de Kettős Mérce sont accessibles sur sa galerie en ligne. Un ‘contre-billet‘ [lien en hongrois] a été publié sur Mandiner, également assorti d'une galerie photo du même événement.

Le groupe Börtön helyett lakhatást appelait à la solidarité avec les personnes sans-abri en passant la nuit dans la rue le soir de la mise en vigueur de la législation (Evénement Facebook intitulé ‘La Nuit de la Solidarité‘ [lien en hongrois])

KA Steve, un activiste connu pour son sabotage de la législation du 8ème arrondissement, a écrit sur son blog le texte suivant sur Kettős Mérce [lien en hongrois], déclarant que l'amendement va être dépourvu d'effet car, en fin de compte, les citoyens vont se mobiliser et s'y opposer:

[…] A partir du 1er décembre 2011, des milliers d'innocents vont pouvoir être emprisonnés. Il ne s'agit pas ici de prises de position sujettes à débat, de questions politiques abstraites, de marchandages douteux plus ou moins importants, de tableaux ridicules [en référence à la nouvelle Constitution Hongroise qui a été illustrée par une série de tableaux commissionnés par l'émissaire attaché au Premier Ministre] et il ne s'agit même pas de justice sociale. On ne peut que le répéter à l'envi: il s'agit du fait que des personnes innocentes sont menacées d'emprisonnement.

Et c'est notre responsabilité. Dans les années à venir, nos petits-enfants nous demanderont ce que nous avons fait mais, au bout du compte, c'est nous qui devrons nous acquitter de notre conscience. Et de dire “J'ai cliqué ‘J'aime’ sur la page d'information” ou “J'ai écrit des commentaires sur les événements” ne vous donnera pas un sentiment de satisfaction.

[…]

Aujourd'hui, l'Union Hongroise pour les Libertés Civiles (HCLU) a amorcé une campagne [lien en hongrois] contre l'amendement de la loi, appelant les citoyens à écrire des lettres de protestation au Ministre de l'Intérieur et à Máté Kocsis, chargé des questions relatives aux sans abris.

La campagne est accompagnée de la vidéo suivante, qui compare le prix de deux nuits dans un hôtel de luxe de Budapest au prix de deux nuits passées sur un banc public. Cela ne devrait pas aller de soi, mais c'est la dernière alternative qui est la plus onéreuse des deux.

L'image de couverture et l'icône montrent des personnes sans-abri à Budapest en Hongrie. Photo de habeebee sur Flickr (CC BY-NC-ND 2.0).

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