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Egypte : Quand les militaires s'en prennent aux femmes

Ce billet fait partie du dossier de Global Voices sur la Révolution égyptienne 2011.

Près d'un an après le début de la révolution égyptienne, avec ses millions de manifestants qui appelaient à la dignité, la liberté et l'égalité, les droits des femmes sont toujours bafoués en Egypte. Si depuis un an déjà, le Conseil Suprême des Forces Armées (CSFA, SCAF en anglais), le pouvoir militaire égyptien, agresse abominablement les manifestantes, sexuellement, physiquement et psychiquement, elles n'en continuent pas moins à résister.

On a vu à nouveau samedi l'Egypte faire les grands titres avec une photo de militaires frappant brutalement une jeune fille voilée et lui arrachant ses vêtements pendant la dispersion du sit-in de #OccupyCabinet.

Depuis trois semaines, les révolutionnaires tenaient un sit-in devant le siège du gouvernement au Caire, pour protester contre la désignation par l'armée de Kamal El Ganzouri au poste de premier ministre. Dix personnes ont été tuées et environ 500 blessées depuis le 16 décembre, date à laquelle les militaires ont commencé à batailler avec les protestataires place Tahrir et alentour. Les exactions des soldats contre les femmes ont particulièrement choqué.

Dalia Ezzat a publié une vidéo documentant l'acte de violence cité plus haut :

@Daloosh: Et si la photo ne suffisait pas, voici la vidéo de l'usage scandaleux de la violence contre une femme par le #SCAF

Cette vidéo montrant des hommes en uniforme de l'armée frappant sauvagement et arrachant les vêtements d'une femme (voilée) a abondamment circulé sur Internet et a été reprise par les médias.

Si l'arrachage de ses vêtements a pu être involontaire, on voit le militaire frapper la jeune fille à multiples reprises à coups de pied au visage et à la poitrine, dans un accès de rage injustifiable.

Certains ont appelé à ne plus diffuser d'image de la jeune fille pour ne pas lui porter tort. Mais de l'avis des internautes, la honte n'était pas de son côté, mais de celui du CSFA.

L'éditorialiste égyptienne Mona El Tahawy met au défi :

@monaeltahawy: On ne nous fera pas taire. Nous le dirons à tous, qu'ils veuillent entendre ou non. La honte est sur la police & #SCAF, et non sur nous femmes d'#Egypt

Amira Aly clarifie :

@FEM4Ever: Le CSFA l'a réduite à une #BlueBraGirl (fille au soutien-gorge bleu) pas nous. Elle est la Liberté, la Dignité et le Courage. Elle est la vraie #EgyptGal (Fille d'Egypte)

Mona Seif, une blogueuse et militante égyptienne connue pour son franc-parler, qui a été détenue et torturée tout comme sa sœur, confirme que la jeune fille sur la vidéo n'est pas emprisonnée mais se remet [commentaire de l'auteur de ce billet : au moins physiquement sinon psychologiquement], mais son identité ne sera pas divulguée [en arabe] :

البنت اللي ظهرت في الصور بتتعرى و بيعتدوا عليها مش محتجزة،خرجت و بتحاول تتعافى. هنلتزم بعد الإعلان عنها حماية ليها و لخصوصيتها.أرجوكو تفهموا
@Monasosh: La jeune fille que l'on voit les vêtements arrachés sur la vidéo n'est pas en garde à vue, elle est en liberté et se remet. Nous nous abstiendrons de révéler son identité afin de préserver son intimité.

Preuve que l'âge n'a pas arrêté non plus les militaires égyptiens, nous reproduisons aussi ci-dessous la photo d'une dame âgée menacée par les matraques, partagée par Ahmed Shokeir sur Twitter avec ce commentaire [en arabe] :

جيش العار
L'armée de la honte
An Egyptian soldier is seen attacking an elderly woman in this photograph

Un soldat égyptien menace une dame âgée, photo sur Twitter de Ahmed Shokeir

Ce billet fait partie du dossier de Global Voices sur la Révolution égyptienne 2011.

1 commentaire

  • Grunt

    Bonjour,

    J’avoue ne pas comprendre le ton général de ce billet.

    La violence exercée par ces abrutis agressifs n’est pas acceptable, quelles qu’en soient les victimes.

    On s’est habitué à un monde sexiste, où le pouvoir, mais aussi la contestation (qui est une forme de contre-pouvoir) sont exercés par des hommes. Où des hommes manifestent et se font frapper par d’autres hommes.

    C’est nouveau, et à première vue choquant de voir des femmes manifestantes se faire tabasser par les militaires.

    Mais, en y réfléchissant, ce qui est surprenant est de s’être habitués, pendant si longtemps, à ce que les femmes soient tenues à l’écart de la violence politique, de la violence publique, de la contestation.

    C’est qu’elles n’aient pas fait partie des rangs des manifestants, ni des militaires. Et que quand elles manifestent, elles aient jusqu’ici été épargnées pour des raisons sexistes.

    La honte soit sur ces militaires, quel que soit leur sexe, qui agressent des manifestants, quel que soit leur sexe.

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