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La Zambie en 2011 : Deux événements qui ont secoué le pays

Il n'y a pas l'ombre d'un doute que deux événements seront retenus pour avoir secoué la Zambie à la manière d'un séisme. Le premier fut le décès du deuxième Président républicain, Frederick Chiluba, un syndicaliste rebelle devenu politicien qui avait battu le premier président de la Zambie, Kenneth Kaunda. Après 27 ans au pouvoir, celui-ci avait essuyé une défaite lors des premières élections plurielles succédant à 17 ans de “démocratie” à parti unique.

C'est ainsi que le blogueur zambien Munshya évoque la mémoire de Chiluba:

Voici un homme qui, n'ayant pas été au lycée, a travaillé dur comme chauffeur de bus pour prendre quelques cours en vue de passer l'A level (équivalent du baccalauréat, ndlt), qu'il admettra ultérieurement avoir raté. De plus, loin de se laisser abattre sous le coup des nombreux défis qui étaient les siens, Chiluba est allé jusqu'en Tanzanie à la recherche d'opportunités. Agé d'une vingtaine d'années quand il retourne en Zambie, il met à profit ses connaissances acquises dans l'industrie du sisal tanzanienne. Il utilise son courage et sa bravoure pour devenir le défenseur de ses collègues. Par le biais du syndicat, un Chiluba “petit format” trouve une opportunité de s'exprimer et de se tenir comme un géant.

@ictjournalist tweetait:

@ictjournalist: @GNdhlovu Je me souviens de lui comme d'une personne ayant démarré une révolution en Afrique qui s'est propagée partout dans le monde.

Afriwoman était un peu triste :

@afriwoman: Je suis en train d'écouter les stations de radio zambiennes et de parcourir des photos de l'enterrement de #Chiluba grâce à @QfmZambia. Je ne l'aimais pas mais je suis un peu triste.

Le deuxième événement fut la défaite du MMD, après 20 ans au pouvoir et seulement 3 ans à l'actif du président sortant, Rupiah Banda, devancé par Michael Sata du PF qui se présentait pour la quatrième fois à la présidentielle.

Suite à son élection, le Président Sata surprit tout le monde par un autre coup de maître politique en nommant au poste de vice-président son allié de longue date et le vice-président du Parti, Dr. Guy Scott, un Zambien blanc présent sur la scène politique locale depuis plus de 20 ans.

En réaction à la nomination de Guy Scott, l'utilisatrice de Twitter et blogueuse zambienne @missbwalya remarquait:

@missbwalya: La Zambie est le seul pays d'Afrique ayant un vice-président blanc. Je me demande comment cela va être pris par les militants “Anti-Africains blancs”.

Guy Scott, le nouveau vice-président de la Zambie. Photo tirée du site du Patriotic Front.

La disparition de Chiluba, dont la nouvelle s'est répandue dans un premier temps sur Twitter, a plongé la nation dans un état de choc alors que trois ans plus tôt, la Zambie enterrait un président en cours de mandat. Levy Mwanawasa s'était éteint en France  après avoir subi un arrêt cardiaque en Egypte où il était en déplacement officiel. La disparition de Chiluba s'est transformée en thème de campagne brûlant pour le MMD, dont les cadres menacèrent de rouer Sata de coups s'il se présentait aux obsèques de son ancien chef sous lequel il avait servi non seulement en tant que chef de cabinet mais aussi en tant que secrétaire national du parti.

Suite à ces menaces, Sata ne fit aucune apparition lors des obsèques mais il se rendit de façon impromptue au Centre de Conférence International Mulungushi où la dépouille de Chiluba était exposée. Il lui a alors rendu les derniers hommages en même temps que les citoyens ordinaires, causant des sueurs froides aux agents de sécurité qui ne savaient comment se comporter vis-à-vis de celui qui était alors le dirigeant de l'opposition et clairement en froid avec le Président Banda.

D'ici à ce que les cadres belligérants du MMD n'arrivent pour donner une leçon à Sata, il avait déjà quitté Mulungashi. Cette manoeuvre contribua sans doute à renforcer la stature de Sata dans les esprits des électeurs potentiels. L'ironie du sort veut cependant que ce soit Chiluba, s'étant autoproclamé conseiller politique du Président Banda avant son décès, qui aie juré de regagner au profit du MMD les bastions régionaux attribués à Sata.

Des sympathisants à bord d'un camion célèbrent la victoire du dirigeant de l'opposition Michael Sata lors de son investiture comme cinquième président de la Zambie. Image d'Owen Miyanza, copyright Demotix (23/12/2011).

L'élection présidentielle liée à la disparition de Chiluba fut marquée par un MMD sûr de sa victoire, fort d'une campagne bien financée, en contrepoint d'une statégie de campagne spartiate et sobre de la part du PF, qui adopta la slogan “Donchi Kubeba”, où donchi est une déformation de l'anglais “don't” et kubeba signifie “dire”.

Le gouvernement MMD tenta d'empêcher la publication des résultats du scrutin quand il devint évident que les choses ne tournaient pas à leur avantage mais les internautes avaient pris les devants et annoncé les résultats sur Twitter, Facebook et autres réseaux sociaux.

Le Président Sata se lança dans une enquête de grande ampleur sur les affaires de corruption mettant en cause le gouvernement sortant et en l'espace de quelques semaines, la cellule sécuritaire avait déjà déterré des centaines de millions de Kwacha Zambiens sur la ferme d'un ancien ministre. Depuis lors, plusieurs autres anciens chefs de cabinet ont été arrêtés ou se sont vus confisquer leurs biens suspectés d'avoir été acquis par des pratiques corrompues. Quand l'étendue des irrégularités fut mise au jour, les citoyens commencèrent à appeler à la levée de l'immunité judiciaire du Président Banda.

Les internautes se demandaient aussi si l'ancien président ne se serait pas impliqué par lui-même dans son discours d'adieu. Sur Facebook, Gongs Jhala s'interrogeait:

Pensez-vous que RB et ses fils fassent l'objet de poursuites au tribunal pénal? Je trouve cela intéressant qu'il aie dit qu'ils n'avaient pas “fait d'abus de biens publics en connaissance de cause”. Cela veut-il dire qu'ils ont fait des abus de biens publics mais qu'ils ne le savaient pas?

De nombreux internautes se sont joints à la lutte contre la corruption:

@lwangamwilu: Certaines personnes ont miraculeusement acquis une fortune en 3 ans en poste, qu'ils soient mis en examen. Milupi #Zambie

@stevenputter: #Zambie, 1000 bicyclettes “pour usage personnel”. Je croyais qu'il n'y avait que Dieu qui puisse être dans plusieurs endroits à la fois, pas surprenant qu'il soit mis en examen.

Peut-être convient-il d'évoquer le débat sur les accords de Barotseland qui a pris de l'ampleur en 2011. Longtemps considéré comme un faux problème pendant les décennies de règne du parti unique, Barotseland est devenu un thème de controverse politique en 2011.

Deux personnes ont trouvé la mort en janvier lors des émeutes à Mongu, la capitale de la province de l'ouest, pour la réinstauration des accords de Barotseland de 1964. Certains activistes locaux soutiennent que les accords de Barotseland permettraient la séparation d'avec le reste de la Zambie.

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