Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

Inde : De nouveaux défis dans la lutte mondiale contre la tuberculose

(Tous les liens sont en anglais) Les média et la blogosphère indienne sont engagés dans une féroce bataille autour de deux mots : “multi” et “ultra”. Si vous suivez les informations indiennes, le débat qui a lieu dans la communauté internationale spécialisée dans le domaine de la santé au sujet de la tuberculose n'a sûrement plus aucun secret pour vous.

La semaine dernière, les média indiens ont explosé suite à la parution de signalements à Mumbai de l'apparition d'une souche de tuberculose complètement résistante à tout traitement connu. Les journaux locaux l'ont surnommée la “tuberculose totalement résistante aux médicaments” ou TRM-TB. Quelques jours avant, le gouvernement indien avait publié une déclaration réfutant la dénomination TRM-TB, affirmant que l'Organisation Mondiale de la Santé ne possédait pas de définition précise pour TRM-TB et que cette TB qui apparaissait à Mumbai n'était autre qu'une souche multi-résistante aux médicaments (MRM-TB). Ils l'appellent désormais URM-TB, ou ultra-résistante aux médicaments.

Image de la mycobacterium tuberculosis vue au microscope électronique, responsable de la tuberculose. Image de Sanofi Pasteur. CC BY-NC-ND

Experts et citoyens indiens se sont emparés de la blogosphère et de la Une des journaux, se demandant pourquoi leur gouvernement et les grands acteurs du traitement de la tuberculose se disputaient sur la dénomination de la maladie, alors qu'ils feraient mieux de la combattre.

Bharati Ghanashyam, un blogueur du site Journalistes contre la TB, a résumé ce mouvement de protestation dans la communauté impliquée dans la santé  depuis la déclaration du Ministère de la Santé indien, dans l'article “Appelez-la comme vous voulez mais anéantissez-la”.

Bharati Ghanashyam commente que le fiasco de la TRM-TB est survenu après que l'Inde a été déclarée exempte de poliomyélite pendant une année entière. Sa question est : comment l'Inde peut arriver à un tel miracle pour ensuite s'empêtrer de telle façon avec la tuberculose ? Il fait en outre part du considérable débat et du démenti qui s'en est ensuivi sur la manière dont devrait être dénommée cette nouvelle forme de TRM-TB. Selon un article paru dans le journal Indian Express, “Les docteurs de Hinduja ont inutilement tiré la sonnette d'alarme. La dénomination TRM n'est pas reconnue par l'OMS ou le Nouveau programme national pour la maîtrise de la tuberculose. Jusqu'à présent, ils se contentent de la classer dans la catégorie multi-résistante aux médicaments”, déclare un responsable de la Direction générale des services de la santé.

Un utilisateur de Twitter TBVI_EU confirme les propos de Ghanashyam.

@TBVI_EU:  “So true! @bghanashyam It makes little difference what we call different forms of TB. What matters is people are dying,”

@TBVI_EU:  “Tellement vrai ! @bghanashyam La différence entre les diverses dénominations de la TB est minime. Le plus important est que des gens en meurent.”

La blogueuse Alanna Shaikh, une experte du domaine de la santé, a donné l'alerte auprès des professionnels du développement, dans son article “Fin de la négligence : appelons la nouvelle souche “TRM-TB“.

“TDR-TB is exactly what it sounds like. Doctors have not yet been able to identify a treatment for this TB that will work,” she wrote. “This is a bad, bad development for global health.”

“La TRM-TB est exactement ce que son nom indique. Les médecins n'ont pas encore réussi à identifier un traitement efficace pour cette forme de tuberculose”, écrit-elle. “Cela représente une mauvaise, très mauvaise nouvelle pour la santé au niveau mondial.”

L'OMS déclare sur son site Web qu'il est impossible de savoir si des souches de tuberculose qui apparaissent résistantes aux médicaments en laboratoire le seront également chez le patient. Cela semble aller à l'encontre des faits car à Mumbai, sur 12 patients souffrant d'une forme particulièrement virulente de la tuberculose, les médicaments disponibles sont restés sans effet. L'OMS essaye tout simplement de souligner l'absence d'un test standardisé capable de déterminer à quel point les différentes combinaisons de traitements sont efficaces, aussi bien en laboratoire que sur des patients.

Par ailleurs, le Ministère de la Santé indien a publié un rapport le 20 janvier annonçant que neuf des douze patients identifiés avaient un état stable avec leur traitement actuel tandis que trois étaient décédés, confirmant l'hypothèse que la souche serait sensible à un traitement antibiotique.

Une chose reste certaine, les activistes qui utilisent le hashtag #tuberculosis sur Twitter et le Net, sont catégoriques : la tuberculose doit rester une haute priorité pour les gouvernements et les organisations internationales bailleurs de fonds telles que le Fonds Mondial et les Nations Unies.

1 commentaire

Ajouter un commentaire

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français
* = required field
Non merci, je veux accéder au site