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Netizen Report : Edition anniversaire

Article rédigé en collaboration avec Weiping Li et Mera Szendro Bok
La nouvelle année a débuté avec fracas et au moins une raison de faire la fête. Le peuple tunisien fête le premier anniversaire de la fin du régime de Ben Ali. Nous célébrons également la libération du blogueur et activiste égyptien Alaa Abdel Fattah, qui a été emprisonné pendant 56 jours pour avoir refusé de collaborer avec le tribunal militaire égyptien. (Nous déplorons toutefois qu'il reste accusé de multiples chefs d'accusation et qu'il soit dans l'attente d'un jugement devant une juridiction civile.) Global Voices a également fêté sa septième année d'existence. Le graphisme ci-dessus montre les connexions de Global Voices avec les conversations sur les médias citoyens dans le monde entier.

Malgré les défis de plus en plus nombreux auxquels l'Internet ouvert est confronté de toutes parts, nous sommes encouragés en observant que les net-citoyens dans le monde entier n'hésitent pas à réagir. Des groupes d'”hacktivistes” continuent à soutenir le cyber-activisme dans le monde entier. C'est ainsi que des hackers de Telecomix aident les Syriens à détecter et à éviter la surveillance exercée par leur gouvernement sur les réseaux en ligne. Par ailleurs, un projet auquel participent des hackers vise à envoyer un satellite dans l'espace afin de contourner la censure.

Dans les pays occidentaux démocratiques, la lutte pour la préservation des libertés civiques et pour la liberté d'expression en ligne se concentre autour des efforts exigés par la censure et la surveillance au nom de la protection du copyright. Aux États-Unis, des net-citoyens continuent à s'opposer à la législation “Stop Online Piracy Act” (SOPA), proposée par des membres de la Chambre des représentants. Le projet PROTECT IP Act, (PIPA) la version de SOPA élaborée par le Sénat, devait dans un premier temps être votée le 24 janvier. Des entreprises Internet ont organisé une coupure volontaire en signe de protestation contre ces lois et des opposants se préparent pour une épreuve de force. Le groupe de défense des droits numériques EFF a publié un guide expliquant comment rencontrer les représentants du congrès en personne afin d'exprimer son opposition à la loi SOPA. Un autre site Web suggère d'autres actions que peuvent entreprendre les opposants aux projets de lois SOPA et PIPA.

Malheureusement, d'autres gouvernements imitent le Congrès des États-Unis. Le gouvernement espagnol a adopté sa propre loi analogue à la loi SOPA, autorisant les détenteurs de droits d'auteur à fermer les sites soupçonnés d'être en infraction, sans avoir à déposer de plainte. Il y a lieu de s'interroger sur le fait que les câbles de Wikileaks publiés l'an passé ont incité le gouvernement des États-Unis à faire pression sur le gouvernement espagnol pour adopter cette loi.

Voici d'autres incidents notables intervenus fin 2011 et pendant les deux premières semaines de 2012 :

Censure :
Le gouvernement iranien poursuit son projet “d'Internet propre” : un intranet national destiné à préserver les citoyens des “contenus immoraux”. D'après un rapport du Wall Street Journal, les internautes iraniens ont subi ces dernières semaines un ralentissement d'Internet et ont bloqué l'accès aux réseaux privés virtuels (VPN). L'Iran a également appliqué de nouvelles règles imposant aux gérants de cafés Internet d'installer des équipements de surveillance pour contrôler les activités en ligne des internautes et pour enregistrer les renseignements personnels des clients.

Le gouvernement de la région autonome du Tibet a adopté une loi exigeant des utilisateurs de téléphone et des internautes de s'enregistrer avec leur véritable nom. D'après le gouvernement, la nouvelle législation peut stopper les pourriels et éviter les “messages nocifs”.

Le site Web indien anticorruption a été suspendu pour avoir montré des contenus ayant prétendument ridiculisé la constitution indienne.

L'EFF a constaté plusieurs cas de tentatives de censure de comptes Twitter par le gouvernement des États-Unis, y compris une assignation à témoigner d'un procureur du district de Boston sur les informations concernant un compte Twitter de Occupy Boston.

Surveillance :
En Biélorussie, une nouvelle loi entrée en vigueur le 6 janvier exige que non seulement les gérants des cafés Internet mais aussi toute personne partageant sa connexion Internet, de surveille ses utilisateurs. Les titulaires de ces connexions Internet devront payer une amende s'ils omettent de rapporter les visites que leurs utilisateurs ont faites de sites Web interdits.

Des documents du gouvernement australien publiés en application de la législation sur la liberté d'information de ce pays confirment que des militants écologistes sont surveillés par le gouvernement australien. Des documents ont également révélé que le ministre australien des ressources et de l'énergie a encouragé secrètement une surveillance accrue des activistes protestant pacifiquement devant les centrales thermiques à charbon et les installations d'exportation de charbon.

RIM, Nokia et Apple sont soupçonnés avoir offert aux services secrets indiens la possibilité d'espionner les communications des utilisateurs, en échange de la présence de l'opérateur mobile en Inde.

D'après une étude de 31 opérateurs mobiles en Europe, au Maroc et en Thaïlande, les fournisseurs offrent des défenses faibles ou inexistantes afin de protéger les consommateurs contre la surveillance illicite et l'usurpation d'identité. Les protocoles de sécurité des réseaux mobiles obsolètes exposent la messagerie vocale au hacking.

Politiques nationales :
La capitale de la Malaisie Kuala Lumpur a adopté une mesure demandant que tous les restaurants, cafés et clubs de plus de 120 mètres carrés fournissent un accès Internet sans fil gratuit ou à des tarifs raisonnables.

Gouvernance d'Internet :
En dépit de vives critiques (dont beaucoup depuis les États-Unis) des nouveaux noms génériques de domaines de premier niveau (gTLD) de l'ICANN, autorisant de nouvelles organisations à postuler pour utiliser de nouveaux domaines de premier niveau (correspondant à la partie des adresses après le “point”, comme .com ou .net), l'ICANN s'en est tenue à son plan consistant à commencer à accepter de nouvelles candidature pour des noms gTLD cette semaine. L'ICANN a également déclaré qu'il était possible que l'organisation publie une nouvelle édition de son Guide de candidature. Une excellente analyse des arguments et des controverses autour des nouveaux gTLD est disponible dans cet essai rédigé par Susan Crawford, experte en matière de législation sur les nouvelles technologies.

Violence :
Le dissident chinois Chen Wei a été condamné à 9 années d'emprisonnement pour ses quatre essais en ligne réclamant des réformes politiques.

Droit :

Internet et les droits humains 
Un article d'opinion du New York Times, signé Vint Cerf, l'un des créateurs d'Internet, affirme que l’accès à Internet n'est pas un droit humain et que même si elle est importante, la technologie est un facilitateur, et non un droit. L'opinion de Cerf a lancé un débat et une conversation.

Eduardo Bertoni, universitaire latino-américain et directeur du CELE écrit que pour que les gouvernements puissent protéger les droits humains en ligne, ils doivent : “Coordonner leurs politiques avec d'autres pays ; appliquer les règles internationales en matière de droits humains, en particulier ceux régissant la liberté d'expression ; réguler Internet de manière responsable ; et tenir compte de l'impact économique de leurs politiques.”

Responsabilité des entreprises :
Des sociétés techniques accordent plus d'importance aux questions relatives à Internet et aux droits humains pour la prise de décisions concernant leurs activités. Un certain nombre d'entreprises comme AnchorFree, considèrent cette prise de conscience comme une nouvelle opportunité stratégique. Selon l'EFF, un nombre d'entreprises croissant adopte une stratégie gagnant-gagnant consistant à soutenir les initiatives en faveur de la liberté d'expression et, ce faisant, gagner des avantages commerciaux.

Des groupes internationaux d'activistes réunis au 28ème Chaos Communications Congress ont rédigé un document intitulé (Providers’ Commitment for Privacy (PCP)), dans lequel ils définissent une politique de bonnes pratiques que les fournisseurs de services Internet devraient s'engager à suivre pour respecter la vie privée.

Cybersécurité :
Le gouvernement des États-Unis augmente son soutien financier apporté à des programmes de cybersécurité et à la mise en place d'une stratégie mettant l'accent sur la cybersecurité en Asie et les menaces dans l'espace.

Le gouvernement des États-Unis se prépare pour la cyberguerre en réponse aux menaces accrues pesant sur la cybersécurité. Des ingénieurs travaillant pour le compte du gouvernement mettent au point de nouveaux virus et vers informatiques susceptibles de neutraliser une attaque. Ils projettent également de mener des attaques de type “refus de service” (DOS).

Le site d'Amnesty International en Grande-Bretagne a été piraté en décembre 2011 après avoir été infecté par des logiciels malveillants. D'autres éléments de preuves ont établi qu'ils n'étaient pas le seul site visé. Des experts ont averti que d’autres organisations de protection des droits humains pourraient également avoir été compromises.

Un virus malveillant a attaqué 45 000 comptes d'utilisateurs Facebook. La plupart des comptes attaqués étaient situés en France et en Grande-Bretagne.

Des informations ont fait état d’attaques contre des sites Web de médias sociaux en Chine en décembre dernier et de la fuite d'informations relatives aux comptes utilisateurs. Le nombre d'utilisateurs affectés est estimé à plus de 100 millions. Le réseau de développeurs de logiciels chinois a publié dans un premier temps des excuses pour la fuite de plus de 6 millions de comptes et de codes PIN, suivie par l'annonce sur le forum Internet populaire Tianya Club, confirmant que les informations sur 40 millions d'utilisateurs avaient été compromises. Des net-citoyens chinois ont également rapporté que d'autres sites Web de médias sociaux importants tels que Sina, RenRen avaient été piratés eux-aussi.

Copyright :
Des médias d'information de premier plan ont mis en place une organisation visant à répondre aux questions posées par l'utilisation de leurs articles en copyright : l'organisation intègrera des informations codées dans les articles en ligne et surveillera leur diffusion en ligne. L'organisation précise que seuls ceux qui ont porté atteinte à l'article en question sont visés. Les personnes se contentant de citer les articles ne seront pas inquiétées.

La société productrice de films Reliance Entertainment a obtenu d'un tribunal indien une décision exigeant que les FAI indiens bloquent les sites Web de partage de fichiers.

En Italie, le tribunal de Milan a considéré que les plate-formes de partage de vidéos étaient responsables des cas d'infraction à la législation sur les droits d'auteur.

L'Université de Duke explore quelles oeuvres il aurait été possible de republier, de remixer, de traduire ou qui auraient pu inspirer un film ou un morceau si la date de copyright maximum était toujours de 53 ans (comme cela avait été le cas d'après le Copyright Act de 1978) au lieu de 70 ans, comme c'est le cas aujourd'hui.

Une étude conduite par l'American Assembly a montré que 46 pour cent des quelques 2 000 personnes interrogées se sont rendus coupables de piraterie, ce chiffre passant à 70 pour cent chez les personnes âgées de 19 à 27 ans. L'étude a également montré que les gens préfèrent utiliser des alternatives légales pour visualiser des contenus en ligne, mais qu'ils trouvaient que les prix des contenus étaient trop élevés, ce qui était une incitation pour le partage illégal de fichiers.

Un étudiant suédois a créé une religion appelée “Kopimism“, qui a été reconnue par le gouvernement suédois. Cette religion fonde une croyance dans le fait que le partage et la copie d'informations est une vertu.

Le Canada a exprimé son intérêt à rejoindre les négociations pour le Trans-Pacific partnership (TPP). Les dispositions du TPP sur la loi canadienne sur le droit d'auteur peuvent avoir un impact sur l’extension de la durée de protection du droit d'auteur, qui correspond actuellement à la vie de l'auteur plus 50 ans. Si vous êtes Canadien et que vous souhaitez soutenir le principe de la préservation du domaine public, il est temps de vous mobiliser !

Activisme en ligne :
“Bytes for All Pakistan” a lancé un nouveau projet intitulé “Secure Journalists Programme” destiné à évaluer la sécurité numérique des journalistes et des blogueurs pakistanais.

L'expert Internet Dan Berninger a mis en place un programme intitulé “The 550 Challenge” (le défi 550) visant à connecter l'ensemble de la population mondiale à Internet à l'horizon du 3 février 2018, date du 550ème anniversaire de la mort de Johannes Gutenberg.

Cory Doctorow donne sa vision sur la théorie du “chat mignon” élaborée par Ethan Zuckerman à propos de la dissidence en ligne. Ne manquez pas non plus les discussions de Cory Doctorow, Jacob Appelbaum et Roger Dingledine au 28ème Chaos Communication Congress.

ÉVÈNEMENTS : Pour les événements à venir relatifs à l'avenir des droits civiques à l'ère du numérique, voir notre calendrier Gobal Voices.

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