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Bangladesh, Inde : Boycott des produits indiens pour protester contre les incidents à la frontière

Catégories: Asie du Sud, Bangladesh, Inde, Cyber-activisme, Droits humains, Jeunesse, Manifestations, Médias citoyens, Relations internationales

[Liens en anglais et en bengali] En janvier 2012, une vidéo de 12 minutes [1]donnant à voir les brutalités commises par les forces de sécurité indiennes à la frontière sur un négociant en bétail bangladais  (avertissement : images de violences) a fait le tour d'Internet. Téléchargée à l'origine par Masum [2], une organisation pour les Droits de l'Homme indienne, le contenu de cette vidéo a provoqué l'indignation des Bangladais.

Selon les rapports d'organisations des Droits de l'Homme [3], les incidents avec les forces de sécurité indiennes à la frontière auraient tué plus de 1000 Bangladais ces dix dernières années, un état de fait condamné [4]par la communauté internationale.

Les médias indiens ont rapidement accusé [5] [bn] le Pakistan d'avoir diffusé cette vidéo qui a mis de l'huile sur le feu.  Himu sur Sachalayatan [6] plaisante [bn] :

কিন্তু আনন্দবাজারের রিপোর্টে বিএসএফের এই মারধরের সমালোচনার কোনো গন্ধ নেই, তার ভিডিও ছড়িয়ে পড়া নিয়েই তাদের যত মাথাব্যথা।

Dans l'article d’Ananda Bazar Patrika (NdT : principal journal indien publié en bengali), ils ne cherchent pas à condamner cette brutalité, tout ce qui les intéresse c'est la manière dont la vidéo a pu être divulguée.
Graph showing the number of killings by BSF from March 2009 to February 2012. Image courtesy Dhushor Godhuli [7]

Graphique montrant le nombre de tués par les forces de sécurité à la frontière de mars 2009 à février 2012. Photo publiée avec l'aimable autorisation de Dhushor Godhuli

Il ajoute [bn]:

আমাদের দেশের লোককে বিএসএফ এভাবে পেটায় বাংলাদেশীদের ব্যাপারে তাদের সামাজিক ধারণা, প্রশিক্ষণ, নির্দেশনা আর অভিজ্ঞতার ওপর ভর দিয়ে দাঁড়িয়ে। বিএসএফ বাংলাদেশীদের সমপর্যায়ের মানুষ জ্ঞান করে না। পৃথিবীতে বহু বড় দেশের সাথে ছোটো গরীব দেশের সীমান্ত রয়েছে, সেখানে সীমান্ত রক্ষীরা কিশোরদের গুলি করে মারে না, যুবকদের ন্যাংটা করে পিটায় না। এই মার বিএসএফ গরুচালানীদের দিচ্ছে না, এই মার ভারতের আমলাযন্ত্র দিচ্ছে বাংলাদেশ রাষ্ট্রের নাগরিককে। [..] এই পীড়নের পেছনে সবচেয়ে বড় যে চালিকাশক্তি, সেটা যত না ঘৃণা, তারচেয়ে বেশি তাচ্ছিল্য।

Les forces de sécurité à la frontière torturent notre peuple en se basant sur ce qu'ils pensent des Bangladais, sur leurs expériences, à cause de la formation reçue et des ordres donnés. Les gardes à la frontière ne traitent pas les Bangladais comme des égaux. Il existe de nombreux endroits dans le monde où de grands et de petits pays possèdent des frontières communes. Mais leurs patrouilles à la frontières ne tirent pas sur les adolescents, ne torturent pas les jeunes. Ce tabassage n'est pas le fait des forces de sécurité à la frontière sur des passeurs de bétail mais celui de la bureaucratie indienne sur les Bangladais. [..] Le principal moteur de cette brutalité, ce n'est pas seulement la haine, c'est aussi l'apathie.

Le blogueur Dhushor Godhuli [7] [bn] parle d’archives [8]où sont consignées les violences commises par les forces de sécurité à la frontière ont été consignées. Le blogueur souligne que les bilans sur le nombre des victimes diffèrent entre les autorités indiennes et bangladaises. Le nombre réel cité par les organisations des Droits de l'Homme est beaucoup plus élevé.

Les récents propos du chef des gardes  frontière [9], déclarant que les tirs ne cesseraient pas, ont engendré encore plus de colère. Les internautes ont donc décidé de lancer une campagne pour faire cesser les tueries à la frontière. Le blogueur Himu écrit  [6] [bn]:

মার্চ ১ হোক আমাদের ভারত বনধের দিন। এই দিন আমরা ভারতের কোনো জিনিস কিনবো না, ভারতের কোনো সেবা নেবো না, ভারতের কোনো চ্যানেল দেখবো না। আগের আটত্রিশ দিন আসুন আমরা এই ডাক ছড়িয়ে দিই, সবাইকে জানাই। পরিচিত সবাইকে বলি, নিজেদের আত্মসম্মানের কথা স্মরণ করিয়ে দিই। আমরা কুকুর নই, আমরা মানুষ। আমাদের মানুষের মর্যাদা দিতে হবে।

Que le 1er mars 2012 soit la journée de boycott de l'Inde. Ce jour-là, nous n'achèterons rien d'indien, nous n'utiliserons aucun service indien, nous ne regarderons pas les chaînes télévisées indiennes. Propageons notre message, que chacun sache. Rappelons à chacun ce qu'est l'estime de soi. Nous ne sommes pas des chiens mais des êtres humains. Vous devez nous respecter en tant qu'êtres humains.
Image courtesy Oli Syed Mahbub

Photo publiée avec l'aimable autorisation d' Oli Syed Mahbub

 

Dans un autre billet, Himu explique  [10] [bn] pourquoi ce boycott est nécessaire selon lui:

এই কর্মসূচি সীমান্তে বাংলাদেশী নাগরিকদের ভারতীয় সীমান্তরক্ষী বাহিনী কর্তৃক নির্বিচার হত্যা ও নির্যাতনের প্রতিবাদ হিসেবে পালিত হচ্ছে।

[..] প্রশ্ন উঠতে পারে, আমরা অল্প কয়েকজন মানুষ এই কর্মসূচি পালন করলে ভারতের কী এসে যাবে? [..] এর উত্তর হচ্ছে, এই বর্জন কর্মসূচিতে আমরা যেন একদিনেই অভীষ্ট লাভের স্বপ্ন না দেখি।[..] এই বর্জন আমাদের হাতে একটি শান্তিপূর্ণ কিন্তু শক্তিশালী অস্ত্র, এর নিয়মিত চর্চা এবং প্রচার আমাদের শক্তিবৃদ্ধি করবে, এবং ভারতের রাজনীতিক ও আমলাযন্ত্রের কাছে ক্রমশ শক্তিশালী বার্তা পৌঁছাবে।

Ce boycott est entrepris pour protester contre les tueries et les tortures de Bangladais par les forces indiennes de sécurité à la frontière. [..] Des interrogations peuvent être soulevées : admettons que des gens entament cette campagne, quel impact aura-t-elle sur l'Inde ?  [..] Notre réponse à cela c'est que nous ne nous attendons pas à obtenir des résultats en un jour […] Ce boycott c'est un outil pacifique mais puissant entre nos mains. Il enverra progressivement un message fort au pouvoir politique et bureaucratique indien.

Mukti blog [11] ne pense pas qu'un tel boycott va vraiment provoquer une pression suffisante de la part des entreprises indiennes lésées par le boycott sur le gouvernement indien et obtenir de sanctionner les gardes à la frontière. Toutefois, le blogueur ajoute :

Hum, je suppose que certains y croient encore, juste comme d'autres continueront de croire que l'Establishment indien projette toujours, en matière de politique étrangère, d'assujettir le Bangladesh. Mais aux gens plus réalistes, je dirais – à titre personnel – que le boycott des produits indiens a, au-delà de la symbolique, une efficacité limitée.

Cependant, l'énergie et la passion sur lesquelles repose ce militantisme ne devraient pas être sous-estimées. Ce genre de militantisme citoyen – initié par des blogueurs – peut en fait faire la différence.

Diganta répond par un commentaire [12] dans le billet ci-dessous:

Les gardes à la frontière ont  mis en place ce que je qualifierais de plus grand racket du monde. Le seul moyen d'arrêter cela, ce serait de légaliser le commerce de bétail entre l'Inde et le Bangladesh. [..]

Image courtesy Asif Mohiuddin [13]

Image publiée avec l'aimable autorisation d'Asif Mohiuddin

Le blogueur Asif Mohiuddin [13] sur  Somehwhereinblog.net soutient le boycott, écrivant que les Bangladais devraient  suivre le mouvement par humanité et non par nationalisme voire chauvinisme. Il en appelle aux Indiens :

ভারতীয় নাগরিক বন্ধুদের কাছে অনুরোধ জানাচ্ছি, অবিলম্বে মানবতাবিরোধী এইসকল কর্মকান্ড বন্ধ করতে আপনারা সোচ্চার হন। আপনারা আমাদের বুকে গুলি চালাতে আপনার ট্যাক্সের টাকা দেবেন না। আপনাদের সরকারকে বলুন অবিলম্বে এসব বন্ধ করতে। আমরা জানি আপনারা কখনই আপনাদের বিএসএফ এর পৈশাচিক বর্বরতার পক্ষের নন, কিন্তু সেটা পরিষ্কার ভাষায় আমরা শুনতে চাই।

J'en appelle aux amicaux citoyens indiens, s'il vous plaît, faites entendre votre voix pour faire cesser ces actes inhumains. Soyez assez aimables pour ne pas laisser vos impôts être dépensés en achat de balles pour nous tirer dessus. Demandez s'il vous plaît à votre gouvernement de stopper ces tueries. Nous savons que vous n'êtes pas en faveur de ces brutalités commises par les gardes  à la frontière mais nous voulons vous l'entendre dire à voix haute et clairement.