- Global Voices en Français - https://fr.globalvoices.org -

Pakistan : Troisième Festival de Littérature à Karachi

Catégories: Asie du Sud, Pakistan, Arts et Culture, Littérature, Médias citoyens

Le Festival de la littérature de Karachi (KLF) a été un événement majeur ce mois-ci [1]. Il a donné l'occasion aux auteurs et amateurs de livres de se réunir et de célébrer la lecture. La littérature en sindhi, en pendjabi, en ourdou, en anglais, en seraiki (une fusion de sindhi et de punjabi), en anglais, français et allemand a été commentée lors la manifestation qui a duré deux jours, les 11 et 12 février 2012.

Le premier KLF a eu lieu en 2010 grâce à une collaboration entre le British Council et l'Oxford University Press. Le festival a débuté avec environ 5000 participants en 2010 [2], mais cette année, ce nombre est passé à plus de 15000.

Bina Shah commente [3]:

Le Troisième Festival de Littérature de Karachi est terminé, et il a été un franc succès à tout point de vue. Quinze mille personnes ont profité de deux jours de tables rondes, de présentation de livres, de lectures, d'ateliers d'écriture, de théâtre et de spectacles musicaux; cent cinquante auteurs ont participé à la fête.

Karachi Literature Festival logo [4]

Logo du Festival de la littérature de Karachi

Un sentiment d'enthousiasme a été observé chez les participants, et même, dans la communauté de blogueurs. Ishtiaque Madiha remarqua justement [5] que le festival a permis de convertir Karachi en un “littéropolis” (une ville de la littérature). Nadir Hussian l'a qualifié d'événement « divertissant et bien organisé [6] “.

Un grand nombre d'auteurs du monde entier ont visité ce festival. Il y avait de nombreuses sessions de discussions, critiques et analyses (questions et réponses). Jahane Rumi [7]- un activiste et également modérateur à KLF – résume bien:

Cette année, Vikram Seth, William Dalrymple, Hanif Kureishi, Shobha De, Anatol Lieven et plusieurs autres ont beaucoup attiré l'attention de leurs lecteurs,de leurs fans et des critiques. Il y avait quelques séances sur l'ourdou et sur la littérature des langues régionales, mais il est évident que les participants n'étaient pas toujours les mêmes.

On a également débattu des questions de politiques contemporaines. Les participants ont abordé de “prétendus sujets politiques ». Umair J se plaint [8]  du fait que des discussions politiques se mêlent à la littérature. Il écrit :

Il y avait environ 15 sessions sur des sujets prétendument politiques comme les crimes d'honneur, la guerre civile dans le Baloutchistan, les droits des minorités, le Bangladesh et les armes nucléaires. Pourtant, presque toutes ont été menées dans le même cadre stérile du souci de l'art-pour-l'art réservé aux discussions littéraires du festival.

D'éminents orateurs ont également pris part à une discussion portant sur ​​les droits des femmes [9].

Une session d'écrivains représentant les voix des femmes à travers leur écriture a séduit beaucoup de femmes, avec Maniza Naqvi, Bina Shah, Nafisa Haji et Marilyn Wyatt venues partager, en tant qu'écrivaines mais aussi en tant que lectrices, leurs expériences les plus évocatrices à travers leurs propres œuvres et d'autres œuvres littéraires.

Les élèves des écoles, des collèges et des universités ont également visité ce paradis des amoureux des livres. Voici une galerie de photos [10] montrant les différents aspects de l'événement.

Mais aucun événement ne se termine sans critique. Des gens ont qualifié le KLF de spectacle d'élite sans espace pour les gens du commun.

@ Saoodhasan [11] : Zubeida Mustafa a qualifié, à juste titre, le festival de littérature de Karachi de rendez-vous annuel de l'élite anglophone au-delà de la portée des * roturiers *

Mais étiqueter KLF comme «spectacle de l'élite» serait une erreur qu'Haneef Muhammed – auteur, journaliste et militant politique – remarque [3] :

En elle-même, la lecture est une activité élitiste. En fait, tout art – musique, peinture, théâtre, littérature – et la plupart des occupations intellectuelles peuvent être considérés de la même façon. Est-ce que cela signifie que l'on ne doit pas s'y livrer du tout ?

Il y avait aussi des critiques disant que l'ourdou, la langue nationale du Pakistan, n'avait pas reçu un juste accueil, la langue anglaise ayant supplanté toutes les autres langues. Bina Shah a justement répondu [3] en disant aux critiques que cet événement était international plutôt que local. L'anglais étant une langue internationale a pour caractère intrinsèque de supplanter les autres langues.

Une autre salve de critiques [12], émises par Hamdan Malik, a qualifié le KLF de “confus, anxieux, voire même un léger frisson – et – ego, colère, compassion et conclusion”. Devant de telles critiques, le philosophe grec Aristote aurait probablement eu une réponse digne d'être mentionnée. Il a dit:

Pour échapper à la critique – ne rien faire, ne rien dire, n'être rien.

Le Festival de Littérature de Karachi a été un événement qui valait le détour pour tous les amateurs de livres à travers le monde. Citons pour terminer Yaqoob Khan Bangash. Il écrit [13] :

Le KLF a montré, pour la troisième année, qu'au Pakistan, un nombre incroyable de personnes veulent se réunir, parler de leur travail, apprendre des autres, et aider les autres à réaliser leurs talents potentiels et cachés. Tout ce dont nous avons besoin maintenant, c'est environ un millier de KLF.