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Le Mexique vote une loi inquiétante sur la surveillance

[Liens en espagnol et en anglais] Les parlementaires mexicains ont récemment adopté une loi sur la surveillance qui concèdera à  la police l'accès sans mandat d'un juge à la géolocalisation des utilisateurs de terminaux électroniques.  La loi a été votée presque à  l'unanimité par 315 votes pour, 6 contre, et 7 abstentions. Elle a été envoyée au Président pour ratification.

Ces nouveaux pouvoirs concédés à la police sont largement abusifs. La loi ignore le fait que la plupart des téléphones mobiles de nos jours envoient sans interruption des informations de géolocalisation sur chaque individu aux opérateurs ; étant donné que toutes les données de géolocalisation sont conservées en un seul endroit – chez l'opérateur – la police aura accès à des données plus précises, plus  fournies et plus personnelles que jamais par le recours à ces mécanismes de traçage. Le gouvernement mexicain devrait être plus attentif au fait que les opérateurs de téléphonie mobile enregistrent désormais des traces détaillées de nos vies quotidiennes.

Après l'adoption de cette loi, un avocat spécialiste des droits humains, Luis Fernando García, a confié à l'EFF que “les députés mexicains doivent comprendre que la délégation de larges pouvoirs de surveillance, sans garde-fous adéquats, compromet la vie privée et la sécurité des citoyens, et est donc incompatible avec l'obligation qu'il a de protéger leurs droits”.

Des données sensibles de cette nature nécessitent une protection plus élevée et ne doivent pas être rendues disponibles en accès illimité. Les associations examineront tous les recours légaux possibles pour démontrer l'illégalité de la loi. De leur côté, les citoyens mexicains peuvent songer à exiger l'accès aux données que leur opérateur de téléphonie mobile possède sur eux, comme ils en ont le droit aux termes de la loi mexicaine sur la protection des données personnelles.

En Allemagne, un homme politique qui milite pour la confidentialité des données personnelles, Malte Spitz, a eu recours à une loi locale similaire sur la vie privée – qui, comme dans beaucoup de pays européens, donnent aux individus le droit de connaitre quel type de données personnelles les sociétés conservent à leur sujet  – pour obliger son opérateur à révéler les données qu'il possédait sur lui. Le résultat : 35 831 données distinctes récoltées via son usage du téléphone mobile durant six mois, qui révélaient un nombre très important de données personnelles. Pour faire la démonstration d'à quel point ces données sont confidentielles, Malte Spitz a choisi de les divulguer publiquement. Vous pouvez consulter la remarquable carte interactive des données de géolocalisation sur Malte Spitz, si vous ne l'avez pas encore fait.

Il est nécessaire de sensibiliser les législateurs et le grand public à l'importance de systèmes de protection solides des données personnelles. L'EFF fera part de son suivi de la surveillance en ligne et des mobiles au Mexique.

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Si vous êtes mexicains, l'Autorité de protection des données  a publié une FAQ sur comment demander accès aux données personnelles conservées par les sociétés privées.

Pour aller plus loin : 

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