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Chine : Les Chinois réclament le contrôle de l'état sur les transplantations d'organes

[Tous les liens de ce billet sont en anglais, sauf mention contraire]

Pendant la session de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC) [en français] du 7 mars 2012, le ministère chinois de la Santé a confirmé [en chinois] ce qui n'était plus un secret pour personne : la plupart des organes utilisés pour les transplantations en Chine proviennent de condamnés à mort.

Depuis 2006, les autorités chinoises ont démenti que les organes transplantés étaient prélevés sur des criminels exécutés, insistant sur le fait que ces accusations n’étaient que des calomnies propagées par les médias occidentaux.

Cependant, le vice-ministre chinois de la Santé vient finalement d’admettre qu’à cause du manque de dons d’organes, les criminels exécutés sont devenus la source principale de greffons en Chine. Selon des statistiques révélées par le magazine chinois Caijing en février 2012, environ 10 000 transplantations d’organes sont effectuées en Chine chaque année, et 1,5 millions de Chinois sont actuellement en attente d’une greffe. La forte demande d’organes et l’appât du gain ont eu pour conséquence de créer un marché pour les transplantations d’organes illégales.

Selon l’article du magazine Caijing :

Pénurie et forte demande aidant, certains ont pu faire des profits considérables : les « donneurs » ne reçoivent en général que 20 000 yuans pour leurs reins tandis que les receveurs doivent souvent payer 200 000 yuans. Les docteurs, les hôpitaux et les intermédiaires se partagent les bénéfices. Ces énormes profits ont attiré un grand nombre d’intermédiaires qui s’occupent non seulement de la demande sur le marché chinois, mais qui organisent également la venue d’étrangers en Chine pour effectuer des transplantations illégales.

C’est à cause d’un tel réseau de transplantations illégales que l’année dernière un adolescent a vendu un de ses reins pour s'acheter un iPad 2 ou qu’à Shenzhen le mois dernier, un homme a vendu le sien et a ensuite essayé d’étouffer l’affaire.

Peu de temps après avoir eu la confirmation que des organes étaient prélevés sur des condamnés à mort, de nombreux internautes se sont interrogés sur la procédure en vigueur pour obtenir l’accord des détenus. Sur le réseau social chinois Weibo, Xue Chuan, pour sa part, s’étonne [en chinois] du rapport qu’il y a entre la condamnation à mort et les greffes d’organes :

1、利益是明摆着的,多杀多赚?2、收入归谁?——太可怕了。

1. L’intérêt est tellement évident. Plus il y a de condamnations à mort, plus ce business devient rentable. 2. Qui se partage les bénéfices ? — c’est trop terrifiant.

Xie Youping de Shanghai s’interroge [en chinois]:

思考:1、器官移植是否经过了死囚家属同意;2、没有家属的死囚遗体,其器官移植由哪个机构决定;3、死囚遗体无家属认领时,谁享受了其器官移植所产生的收益。

Prenons le temps de réfléchir : 1. La famille a-t-elle donné son accord pour la greffe ? 2. Concernant les criminels exécutés qui n'ont pas de famille, quelle institution décide à leur place de l’utilisation de leurs organes ? 3. Si la famille ne réclame pas le corps, alors qui bénéficie de la greffe ?

L’avocat des droits de l’homme Liu Xiaoyuan se demande [en chinois] si, étant donné les circonstances, les criminels exécutés ont vraiment eu le choix :

我认为被判处死刑的罪犯完全处于弱势地位,为了防止司法机关强迫罪犯捐献器官,为了让家属相信是罪犯自愿捐献器官,在与死刑犯签订捐献器官协议时,应当通知其家属到场见证

Les condamnés à mort n’ont aucun pouvoir de négociation en prison. Pour empêcher les autorités judiciaires de forcer les criminels à donner leurs organes, les membres de leur famille devraient être présents lors de la signature du consentement au don.

Menglixunmeng préconise [en chinois] un contrôle plus systématique des greffes d’organes en Chine :

公开承认使用死囚器官,增加透明度,尊重公众的知情权,尊重死囚的自主选择,制定更加严密和科学的器官使用法律规范和程序,切断非法器官移植的利益链条

Admettre ouvertement le prélèvement d’organes sur des personnes exécutées devrait favoriser le développement d’un système de contrôle des greffes d'organes. Le public devrait avoir le droit de savoir et les condamnés à mort devraient avoir le droit de choisir. Les autorités devraient élaborer une loi afin de limiter les greffes et de mettre fin aux transplantations illégales.

Selon le ministère de la Santé chinois, il n’existe pas, en Chine, de système clair d’attribution des greffons aux patients, un tel système sera cependant bientôt mis en place par les autorités en collaboration avec la Croix-Rouge chinoise.

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