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Tunisie : Les blessés de la révolution abandonnés à leur sort

Des Tunisiens expriment leur indignation et leurs critiques devant l'indifférence du gouvernement tunisien envers les blessés de la révolution tunisienne. Avant la fuite de l'ancien Président Ben Ali, des centaines de manifestants ont été blessés durant des affrontements avec la police mais ils ont depuis été abandonnés à leur sort. Certains portent toujours dans leur chair des balles réelles qu'il faudrait extraire, d'autres ont été amputés et attendent depuis des prothèses. Beaucoup n'ont pas reçu le bon traitement médical en raison de la complexité de leurs blessures.

La célèbre blogueuse tunisienne Lina Ben Mhenni a publié un billet, intitulé “Les blessés de la révolution, dans l'attente de quelque chose qui ne viendra pas” [arabe] :

منذ أكثر من سنة و جرحى الثورة التونسية يعانون من اهمال و لا مبالاة أولئك الذين توالوا على دفّة الحكم من مسؤولي حكومات مؤقّتة. فتعدّدت المبرّرات و تنوّعت و كأنّ العلاج و حلّ المشاكل الصحية لمن ضحّوا في سبيل الوطن و يحتمل الانتظار , فتذرّعت كلّ حكومة باسباب واهية فمن الحكومات من تعلّلت بأنّها وقتيّة و لا تملك الصلوحيّات الكاملة لاتخاذ التدابير اللازمة لعلاج هؤلاء الأبطال الذين واجهوا عنف البوليس و عرّضوا أجسادهم للرصاص الحيّ حالمين بتغيير أحوال البلاد فلجأ بعض الجرحى الأبطال الى النضال بأجسادهم مرّة أخرى ليضمنوا حقّهم الشرعيّ في العلاج و هو أبسط ما يمكن أن نقدّمه لهم فدخلوا في اضراب مفتوح عن الطعام قبيل الانتخابات بفترة قصيرة و ذلك بعد أن طرقوا جميع الأبواب التي أوصدت في وجوهم مرات و مرات.
Depuis plus d'un an, ceux qui ont été blessés durant la révolution tunisienne souffrent de la négligence et de l'indifférence de la part de ceux qui sont maintenant au pouvoir, les membres du gouvernement provisoire. Les justifications varient, et se multiplient, comme si soigner et résoudre les problèmes de santé de ceux qui se sont sacrifiés pour la nation pouvait attendre. Chaque instance du gouvernement a avancé des explications peu crédibles ; l'une d'elle a dit que c'était temporaire, qu'elle n'avait pas le pouvoir de prendre les mesures nécessaires pour les héros qui ont fait face à la police et reçu des balles réelles dans leur chair, parce qu'ils rêvaient de changer la situation de leur pays. Donc, certains de ces héros blessés ont du se battre encore, pour revendiquer leur droit légitime à des soins, ce qui est la moindre des choses que nous pouvons leur offrir. Après avoir frappé à toutes les portes, qui leur ont été claquées au visage, ils ont entamé une grève de la faim publique  [arabe] peu avant les élections.

Le sit-in des familles des blessés de la révolution. Photo de machhad.com (CC BY-NC-ND 3.0).

Tarek Dziri et Muslim Bin Fraj Kasdallah, qui ont menacé de s'immoler devant l'Assemblée constituante le 18 avril, avant que le gouvernement tunisien ne décide de leur procurer des soins adaptés à l'étranger. Photo de machhad.com (CC BY-NC-ND 3.0).

Hada Ana expose le cas de l'un de ces blessés :

في تونس ما بعد الثورة, يموت جرحى ثورتنا في المستشفيات الغير مجهزة بمعدات قادرة على شفائهم .
اليوم في تونس ما بعد الثورة, و بعد صراع دام 8 أشهر قضها مقعد في فراشه و لا يجد من يتذكره ولا يواسيه في محنته, توفي جريح ثورتنا حسونة بن عمر
Dans la Tunisie post-révolution, les blessés de notre révolution meurent dans des hôpitaux qui ne sont pas équipés pour les soigner. Aujourd'hui, dans la Tunisie post-révolution, après huit mois passés dans son lit, sans personne pour se souvenir de lui et pour lui exprimer sa compassion pour les souffrances endurées, Hassouna Ben Omar est mort.

Mohamed Bin Tijani El-Hanchi a toujours une balle logée dans son corps. Photo de machhad.com (CC BY-NC-ND 3.0).

Les parents de Rashad El-ArbiRashad El-Arbi ont du entamer une grève de la faim pour que le gouvernement tunisien prenne en charge ses soins médicaux. Photo de machhad.com (CC BY-NC-ND 3.0).

Yassine Ayari commente ironiquement sur Twitter, à l'attention du parti majoritaire Ennahda :

@yassayari: نواب النهضة بش يداويو جرحى الثورة بالقرأن و النشيد الوطني..
Les députés du parti Ennahda soigneront les blessés de la révolution avec le Coran et l'hymne national …

Le blogueur Abdelkader Hammami aborde un autre aspect de cette affaire :

وتنشر الصفحات القريبة من النهضة معلومات مثيرة لم نقدر على إثبات مصدرها جاء في بعضها: «من غرائب الثورة التونسية وجود 7 آلاف مطلب فوق مكتب سمير ديلو وزير حقوق الإنسان يدعي أصحابها أنهم جرحوا خلال الثورة، كثير منهم جرحوا في أحداث عنف لا علاقة لها بالثورة، ويجب أن تلاحقهم الدولة من أجل التحيل والابتزاز».
Les pages [Facebook] connectées à Ennahda ont publié des informations intéressantes, que nous n'avons pas été en mesure de valider, disant, “L'une des particularités de la révolution tunisienne est la présence de sept mille dossiers sur le bureau de Samir Dilou, le ministre des droits de l'Homme. Les plaignants disent avoir été blessés pendant la révolution, mais beaucoup ont été blessés durant des affrontements sans rapport avec la révolution et le gouvernement devrait les poursuivre en justice pour fraude et tentatives d'extorsion.”

La vidéo suivante [en arabe] par Melomanx montre un sit-in des blessés de la révolution devant le ministère des droits de l'Homme et de la justice de transition, le 26 mars 2012 :

Cette vidéo [arabe] de TunisiaTalks est éloquente sur les souffrances des blessés de la révolution :

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