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Mexique : Indignation suite à l'assassinat de la journaliste Regina Martinez

[Sauf information contraire, tous les liens sont en espagnol]

Le corps de la journaliste Regina Martinez, correspondante de presse de l'hebdomadaire d'investigation Proceso, a été retrouvé chez elle à Xalapa, Veracruz, province de Mexico. Selon un premier communiqué publié par les autorités locales son visage et son corps présentaient des traces de violences, sa mort ayant apparemment été causée par une asphyxie par strangulation.

Un peut plus tard le gouverneur de l'État de Veracruz a annoncé dans un communiqué que des directives avaient été données au Bureau du procureur général et présenté ses condoléances à la famille Martinez :

Desde que tuvo conocimiento de este penoso suceso, el Gobernador del estado ha estado en contacto permanente con el procurador General de Justicia, Felipe Amadeo Flores Espinosa, a quien instruyó integrar un grupo especial de investigadores para aclarar la muerte de la periodista.

El mandatario veracruzano expresó sus condolencias a la familia de la comunicadora, a quienes dará todo el apoyo y respaldo que requieran en este momento tan difícil por el que atraviesan.

Depuis la nouvelle de ce crime atroce, le gouverneur est resté en contact permanent avec le procureur général Philip Amado Flores Espinosa, à qui il a demandé de former une équipe d'enquêteurs pour élucider les circonstances de la mort de la journaliste. Le gouverneur de l'Etat de Veracruz a exprimé ses condoléances à la famille de la journaliste et l'a assurée du soutien du gouvernement en ces moments difficiles.

La violence qui a coûté la vie à la journaliste a été condamnée et donné lieu à des protestations de la part du syndicat des journalistes et du public en général.

Katya Albiter de Vivir México commente ainsi le décès de Regina Martinez :

Una muesca más en la vergonzosa pared de periodistas caídos. Una voz más que se calla con violencia. Más reclamo, más repudio, más indignación, más rabia, más impotencia. Porque los queremos vivos, ¡vivos, carajo! Porque informar no debe ser una condena de muerte. Porque dar la vida es dar mucho, muchísimo, ante un país que no mejora y pronto olvida.

Un nom de plus sur la triste liste des journalistes assassinés. Encore une voix réduite au silence par la violence. Encore plus de plaintes, de refus,  d'indignation, de colère, d'impuissance. Parce que nous les voulons en vie. En vie, bon sang ! Parce que faire un reportage ne mérite pas la peine de mort. Parce que donner la vie, c'est donner beaucoup, énormément, dans un pays qui ne s'améliore pas et qui a vite fait d'oublier.

Le texte de la journaliste Lydia Cacho qui évoque sa collègue décédée a été publié sur le blog Mujeres por la Democracia :

Regina Martínez era más bien tímida, siempre cargaba su grabadora, una libreta con pluma negra y de vez en vez se acomodaba los lentes como un tic cuando estaba muy concentrada en entrevista. Durante años fue corresponsal de La Jornada en Veracruz y como todas las reporteras y reporteros del País trabajaba también para medios locales para poder subsistir. La última década, hasta antier, fue corresponsal de la Revista Proceso. Hasta antier que apareció asesinada en su casa, severamente golpeada. No quiero imaginarme cómo murió, espero que podamos averiguarlo para conocer a los culpables. Regina no hubiera imaginado nada, hubiese buscado la evidencia, las pistas, perseguido a todas las fuentes para contrastar la información. Con discreción y ética hubiese trabajado hasta hallar las piezas del rompecabezas que llevan a la verdad. Así debemos hacerlo sus compañeras, sus compañeros indignados frente a este asesinato.

Regina Martinez était plutôt réservée, elle avait toujours avec elle un enregistreur et un carnet avec un crayon noir, et de temps en temps elle remontait ses lunettes, comme un tic, quand elle se concentrait sur une interview. Pendant des années elle a été la correspondante de La Jornada à Veracruz et comme tous les journalistes du pays elle travaillait aussi pour des médias locaux afin de survivre. Ces dix dernières années, jusqu'à avant-hier, elle était correspondante de la revue Proceso. Jusqu'à avant-hier où elle a été retrouvée assassinée chez elle, violemment frappée. Je ne veux pas imaginer comment elle est morte, mais j'espère qu'on le saura pour trouver les responsables. Regina n'aurait pas fait de suppositions ; elle aurait cherché des preuves et des indices et remonté toutes ses sources pour vérifier l'information. Elle aurait travaillé discrètement et en accord avec son éthique pour rassembler toutes les pièces du puzzle qui mènent à la vérité. Nous, ses collègues, révoltés par cet assassinat, devons procéder ainsi.

« Pas un mensonge de plus. Justice pour Regina Martinez » Photo de Adri Lagunes sur Flickr (CC BY-NC 2.0)

De son côté, Desde Abajo a publié un commentaire de Soledad Jarquin, qui laisse entendre que l'assassinat de la journaliste menace la liberté d'expression et qui fait le lien avec la guerre contre le crime organisé menée par l'administration :

El pasado fin de semana volvió a pasar lo que no queremos que pase en este país ni en ninguna otra parte del mundo. El asesinato de la periodista Regina Martínez, corresponsal de la revista Proceso en la ciudad de Xalapa, Veracruz, es otro intento por amordazar la libertad de expresión y por callar la verdad que trastoca casi siempre intereses económicos y políticos relacionados o no con la delincuencia.

En un estado de guerra como el que vivimos en México, ejercer la profesión del periodismo se ha convertido en una de las actividades más peligrosas y el asesinato de Regina Martínez nos ha vuelto a recordar ese terreno nada seguro sobre el que se está parado y nos recuerda también lo que  se advirtió desde hace casi cinco años cuando Felipe Calderón decidió iniciar una guerra que se advertía peligrosa para la ciudadanía y en especial para aquellas y aquellos periodistas que investigan y descubren verdades incómodas para los grupos o mafias en el poder.

Le week-end dernier il s'est passé une nouvelle fois ce que nous ne voulons plus voir dans ce pays ni dans aucun autre pays au monde. L'assassinat de la journaliste Regina Martinez, correspondante de la revue Proceso à Xelapa, Veracruz, est une nouvelle tentative pour museler la liberté d'expression et cacher la vérité. La vérité qui dérange souvent les intérêts économiques et politiques, qu'ils soient ou non liés au crime.
Un état de guerre tel que celui que nous vivons au Mexique rend la profession de journaliste extrêmement dangereuse et le meurtre de Regina Martinez nous rappelle une fois encore que rien n'est permanent et que tout est incertain. Nous devons aussi nous souvenir de l'avertissement de Felipe Calderon il y a 5 ans, quand il s'est lancé dans une guerre dangereuse pour la population et encore plus dangereuse pour les journalistes d'investigation qui découvrent des vérités gênantes pour les groupes et les mafias au pouvoir.

Sur Twitter, Jenaro Villamil (@jenarovillamil) a condamné l'assassinat et en profite pour citer le concert de Roger Waters à Mixico :

#ReginaMartínez. No a los cerdos asesinos, como canto Roger Waters ayer. Derrumbemos El Muro. http://yfrog.com/hsh2auej

#ReginaMartínez. Non aux assassins sanguinaires comme le chantait hier Roger Waters. On va couvrir le mur de larmes.

Un collègue de Regina Martinez, Alvaro Delgado (@alvaro_delgado) a exprimé les exigences de sa maison d'édition auprès des autorités :

Los miembros de la @revistaproceso exigimos a @FelipeCalderon y a @Javier_Duarte que el brutal crimen de #ReginaMartinez no quede impune.

Les membres de @revistaproceso demandent des  garanties à @FelipeCalderon et @Javier_Duarte [gouverneur de Veracruz] pour que l'assassinat brutal de #ReginaMartinez ne reste pas impuni.

Ulrich Richter, avocat d'Assises (@UlrichRichterM) a appuyé cette demande :

@alvaro_delgado @revistaproceso @felipecalderon @javier_duarte y también los ciudadanos exigimos No mas asesinatos a periodistas.

@alvaro_delgado @revistaproceso @felipecalderon @javier_duarte et tous les citoyens demandons que plus aucun journaliste ne soit assassiné.

Dario Ramirez (@expresate33), lui, donne des statistiques sur le nombre de décès de journalistes au cours de l'actuel mandat présidentiel :

El promedio de asere de sinatos de periodistas en México desde el 2006 es de 9 al año. En ningún país “en paz” existe algo semejante.

Le nombre de journalistes tués chaque année à Mexico depuis 2006 est en moyenne de 9. Il n'existe rien de tel dans aucun pays « en paix ».

Il y a un consensus pour condamner le meurtre de la journaliste Regina Marinez et la communauté s'adresse aux autorités pour obtenir des réponses mais aussi des résultats, pour éviter que la voix des journalistes ne soit violemment et définitivement réduite au silence, portant atteinte à la liberté d'expression, au droit d'informer, au droit de s'informer et au droit individuel à recevoir l'information.

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