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Brésil : La Présidente Dilma va-t-elle user de son droit de veto pour protéger l'avenir des forêts ?

Ce billet fait partie de notre couverture spéciale Gros plan sur les forêts : l'Amazonie

Les réseaux sociaux sont en émoi depuis l'approbation le 25 avril dernier du nouveau Code forestier (fr) par le Congrès national du Brésil, avec 274 voix pour et 184 voix contre  [portugais]. La Présidente Dilma Rousseff, qui peut jusqu'au 25 mai  faire usage de son droit de veto au Congrès pour protéger l'avenir des forêts, s'est retrouvée au coeur des conversations sur Internet ces dernières semaines.

Ce projet de loi est motivé par le fait que le secteur de l'agroalimentaire est entravé par le code existant et que le Brésil laisse passer des opportunités de se développer économiquement. Toutefois, des militants environnementaux font campagne pour un projet de loi  “zéro déforestation” au nom de la biodiversité, de la protection des processus écologiques et du ralentissement des changements climatiques.

Des citoyens du monde entier pressent le Président Dilma d'opposer son veto à ce projet de loi controversé tant via les mots-clic #VetaDilma#VetaTudoDilma et #CodigoFlorestal sur Twitter que par des manifestations publiques.

Protest in Belo Horizonte, May 5, 2012. Photo by Fora do Eixo on Flickr (CC BY-SA)

Manifestation à Belo Horizonte, le 5 mai 2012. Photo de Fora do Eixo sur Flickr (CC BY-SA)

Les principales organisations de défense de l'Environnement telles que le WWF et Green Peace s'opposent à ce projet de loi.  La plus efficace campagne de défense en terme de portée sur Internet s'est avérée être celle d'Avaaz avec cette pétition : “Dites à la Présidente du Brésil d'arrêter le #massacre à la tronçonneuse de l'Amazonie et d'opposer son veto au code forestier !” qui a déjà recueillie la signature de plus de 2 millions de personnes :

Nous vous appelons à agir immédiatement pour sauver les précieuses forêts du Brésil en opposant votre veto aux changements de la législation forestière. Nous vous pressons aussi d'empêcher que soient commis plus de meurtres d'activistes écologistes et de travailleurs en renforçant la loi contre les bûcherons illégaux et en protégeant davantage les gens menacés de violences et de mort. Le monde a besoin du Brésil comme  leader international en matière d'environnement. Votre énergique action d'aujourd'hui préservera la planète pour les générations futures.

La pétition a été remise directement à la Présidente Dilma le 24 mai, la veille du “Jour J pour l'Amazonie “, comme l'appelle  Lou Gold du blog Visionshare :

Le “D” c'est pour la Décision de Dilma, la Déforestation, le Développement et la Sécheresse (“Drought” en anglais).

"President Dilma, connect the dots and veto the new Forest Code!" Photo by Ricardo Lisboa/ 350.org on Flickr (CC BY-NC-SA 2.0)

"Présidente Dilma, rassemblez les pièces du puzzle et opposez votre veto au nouveau Code forestier!" Photo de Ricardo Lisboa/ 350.org sur Flickr (CC BY-NC-SA 2.0)

De nombreuses campagnes créatives continuent d'apparaître sur Internet dans l'attente de connaître la décision de Dilma, à l'image de cette série de dessins humoristiques [pt] sur le site Humor Político et la chanson funk suivante de MC Cerrado :

Plusieurs blogueurs ont présenté des analyses appronfondies sur le nouveau Code forestier.

Le blog Esse Tal de Meio Ambiente dispose d'une série de plus de 40 billets [portugais] en lesquels sont exposés les implications juridiques et politiques de ce nouveau projet de loi, lequel vise à assouplir les règles pour les fermiers qui ont défriché des terres boisées pour les mettre en culture, tout autant qu'à donner aux états fédérés un pouvoir de décision en matière d'évaluation du besoin de remplacement des forêts le long des berges fluviales.

La journaliste Julimária Dutra a rédigé  [portugais] sur son blog intitulé Argumentto, une synthèse concernant le Code forestier, depuis ses origines en 1934 où il visait alors à réguler les pratiques d'extraction jusqu'à aujourd'hui où celui-ci établit un nouveau plan de gestion des forêts et des zones environnementales protégées des six écorégions du Brésil, apportant au puissant lobby agricole du pays une victoire longuement attendue.

#VetaDilma in Fortaleza, May 6, 2012. Photo by Casa Fora do Eixo Nordeste on Flickr (CC BY 2.0)

#VetaDilma à Fortaleza, le 6 mai 2012. Photo de Casa Fora do Eixo Nordeste sur Flickr (CC BY 2.0)

Pendant que le blog Brasil! Pra mim affirme que certains “argueraient que la future économie du Brésil serait aussi en péril s'il y a veto”, Julimaria Dutra commence son  article en illustrant de manière très spécifique l'impact qu'a l'exploitation d'une économie basée sur les forêts. Elle donne pour exemple l'industrie internationale des cosmétiques et souligne le cas du célèbre parfum Chanel n° 5, qui contient de l'essence d'un arbre rare :

Árvores como a do pau-rosa que medem cerca de 20 metros e possui uma essência penetrante e sutil fazem parte das 60 toneladas de essências exportadas para outras nações, sendo o pau- rosa, uma espécie em extinção e que por ano são arrancados de modo ilegal mais de seis mil pés.  A face oculta para manter o luxo anos a fio reduz o número da fauna e flora amazônica.

Le bois de rose qui mesure environ 20 mètres et possède une essence subtile et pénétrante fait partie de ces arbres dont le Brésil exporte l'essence, 60 tonnes  au total. Il faut noter que le bois de rose est une espèce menacée et que plus de 6000 plantes sont illégalement arrachées chaque année.  Cette face cachée du luxe amenuise depuis des années la faune et la flore amazonienne.

Bien que les intérêts économiques aient la primeur, Lou Gold, qui écrit depuis l'état brésilien de l'Acre, résume ainsi la situation :

Je suppose que cela dépend de notre volonté ou non de conserver la forêt comme un vaste entrepôt capteur de carbone et une barrière contre le réchauffement mondial, comme le foyer d'un nombre incroyable d'espèces végétales et animales, comme une pompe biotique attirant la pluie à l'intérieur des terres au profit de l'agriculture.

Ce billet fait partie de notre couverture spéciale Gros plan sur les forêts: l'Amazonie

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