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Argentine : Des supporters de football excédés par les violences

Le football, sport le plus regardé et le plus pratiqué en Argentine, a été marqué par des actes de violences au cours des derniers mois, ce qui a entraîné des réactions des adeptes du ballon rond dans tout le pays. Alors que le sujet a toujours été au premier plan des informations sportives, les récents événements ont provoqué un rejet massif des fanatiques.

Les barras bravas

Pour comprendre la dynamique du football en Argentine, et plus largement en Amérique Latine, il est essentiel de savoir ce que sont les barras bravas. Le blog Tribus Urbanas les décrit ainsi :

Le terme barra brava désigne en Amérique Latine les groupes organisés au sein des supporters d'une équipe de football, qui se caractérisent par des incidents violents, aussi bien dans le stade qu'à l'extérieur.

 

Photo: Laura Schneider

Le blog poursuit :

Au Brésil on les appelle torcidas organizadas, sur d'autres continents on parle de hooligans ou ultras. En général les  barras bravas se servent de drapeaux, bâches, tissus et de différents instruments de musique. Ils se caractérisent également par le fait de se placer dans les tribunes populaires, qui manquent souvent de sièges, et où les spectateurs doivent regarder le match debout.

Chronologie des événements récents

L'éradication des barras bravas était un des sujets mis en avant sur la plateforme électorale de l'actuel président du Club Atlético Independiente. L'idée n'a pas été bien accueillie, et la direction du club en a payé les conséquences, en recevant par exemple des menaces personnelles suite au refus de maintenir les réunions avec le dirigeant. Le président Javier Cantero a débuté une lutte contre les barras bravas. Il bénéficie du soutien des autorités nationales et d'autres clubs de football. Selon le site internet Cosecha Roja :

Le supporter n'était pas d'accord. Il a monté les escaliers avec son groupe, traversé les vitrines qui montrent pourquoi on appelle cette équipe “El Rey de Copas”, et a pénétré dans le bureau de  Cantero. Enfermés, ils ont réclamé des billets pour les matchs et des micros. Ils ont également protesté contre l'interdiction de laisser des drapeaux au club. Le dirigeant avait demandé qu'ils soient retirés de peur que des armes y soient cachées. Il y a eu des cris et des insultes. Jusqu'à ce qu'ils partent, laissant derrière eux une sensation de menace. Contrairement à ce qui se passe en général, Cantero a porté plainte. Il est ainsi devenu la nouvelle figure du football argentin.

Le 15 avril 2012, un sympathisant du club San Lorenzo de Almagro  a été attaqué au cours d'un match contre le Club Colón de Santa Fe, et le 14 mai, le football argentin était touché par la mort d'un supporter dans la ville de Rosario, suite au match entre Newells Old Boys et Union de Santa Fe.

Auparavant, le 11 mai, l’école installée dans les locaux du club Independiente avait reçu une menace d'attentat, et les 1 400 élèves avaient dû être évacués. D'autre part, les dirigeants du club Banfield avaient été physiquement agressés par un groupe.  Javier Szlifman résume les événements du mois de mai sur Pelota afuera :

La situation que vit le club Independiente démontre le pouvoir et l'impunité du groupe de supporters le plus violent du football argentin. Cette fois, les barras ont exposé leurs pratiques aux yeux de tous, à la lumière du jour. Leurs comportements ne sont plus dans l'ombre, signe de leur développement au cours des 30 dernières années.

Des policiers gardent l'entrée d'un stade – photo : Laura Schneider

Jusqu'à maintenant les joueurs des différents clubs poursuivaient leur jeu habituel sans se préoccuper d'être victimes d'actes de violence. Le 22 mai le joueur colombien Giovanni Moreno, du Racing Club, a été menacé par les barras bravas du club. Le Nuevo Herald décrit les faits :

Stimulée par les barras bravas, la violence du football argentin s'est intensifiée au cours des derniers jours. Un joueur colombien en est la dernière victime, menacé à l'aide d'un revolver pointé sur son genou à la sortie d'un entraînement.

Les plus inquiets restent les sympathisants du football, et notamment ceux qui ont fait de l'étiquette #BarrasBravas une tendance sur Twitter. Par exemple, pour Alba Cardenas (@solo_Alba) les barras bravas “ça suffit”. Pour Luis Fernando (@GonzalezRozo) :

Les #BarrasBravas‬ sont le cancer du football sud-américain.

Sous l'étiquette #Bastadebarras, également très répandue, Angela Whitman (@AnshuWitman) écrit un refrain devenu très populaire :

Si tu es supporter de football, tu dois crier barrabravas, barrabravas plus jamais. Je ne me lasserai pas de le dire. #BastaDeBarras

La corporation des joueurs de football, Futbolistas Argentinos Agremiados, a quant à elle demandé sur son  site internet  que les coupables soient sanctionnés :

Nous n'avons pas les outils à notre disposition, mais nous continuons à insister sur le fait que la loi doit être appliquée. Ceux qui commettent ces actes inquiétants, comme celui mentionné précédemment, doivent être sanctionnés de la même manière dans toutes les catégories du football argentin. Au milieu d'une lutte qui a cherché différentes solutions, et en espérant que les bons gagneront contre les violents, nous n'allons pas abandonner.

Rodrigo Olabiaga (@RodrigoOlabiaga) demande :

#BastaDeBarras dans TOUS les clubs, ce n'est pas une question de couleurs. Il faut arrêter ces délinquants qui salissent la beauté du football.

Pablo Bebote Alvarez, leader de la barra brava de Independiente -considérée comme la plus puissante d'Argentine- a écrit le 26 mai sur son compte Facebook :

demain [dimanche 27 mai] la barra n'ira pas au stade tant qu'ils ne nous laisseront pas entrer avec les grosses caisses, de cette façon le Coprosede [Comission Provinciale de Sécurité Sportive] n'aura personne à déranger. Je crois qu'ils doivent se centrer là où OUI IL Y A DES PROBLEMES, ici on a déjà prouvé qu'il n'y a pas eu de menaces et on demandait juste au Coprosede les drapeaux que Cantero a exigé de faire retirer.

Au moment de la publication de ce post, le football argentin comptait une victime de plus : un mort (Daniel Sosa, barra de Lanús) ainsi que cinq blessés au cours d'un affrontement avant le début d'un match.

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