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Equateur : L'affaire Satya, l'homophobie et la liberté d'expression

[liens en espagnol] Les droits de l'homme et la liberté d'expression sont des sujets dont on parle tous les jours sur les réseaux sociaux en Equateur. Le pays est actuellement ému par le “Cas Satya” : Nicola Rothon et Helen Bicknell, couple de lesbiennes originaires du Royaume-Uni, ont légalisé leur union civile en Equateur; cependant le Registre Civil a refusé que les deux femmes soient reconnues mères de Satya, qui a été conçue par insémination artificielle.

Les médias traditionnels ont permis de faire connaître cette histoire en Equateur, mais c'est sur les réseaux sociaux que se sont fait entendre différentes réactions sur l'homosexualité et les “divers types” de famille, comme précise la Constitution Politique de l'Equateur. L'article 68 de la Grande Charte indique que “l'union stable et monogamique de deux personnes entraîne les mêmes droits et obligations que les familles formées par le mariage.”

Dans son post, Italo Sotomayor (@ItaloSotomayor) analyse la situation de Nicola et Helen, mettant l'accent sur le non-respect des droits de l'homme. Son article intitulé  “Satya, un cas d'extrême suprématie constitutionnelle ” sur le blog Periodismo Ecuador, précise :

l'art. 68 reconnaît les unions civiles, démontrant ainsi que les couples de personnes de même sexe possèdent les mêmes droits et obligations que ceux unis par le mariage. Parmi ces doits se trouve la présomption de paternité, qui indique que tous les enfants issus de cette union auront pour père et mère les personnes qui forment ce foyer.

D'autre part, dans une lettre écrite au magazine Vistazo, le père Paulino Toral exprime son total désaccord avec la reconnaissance des unions homosexuelles :

L'idéologie de genre a proposé de mettre fin à la famille naturelle pour arriver à la corruption des enfants et adolescents. Selon cette idéologie, il faut en finir avec la famille, car c'est en elle que les enfants et adolescents perçoivent comme naturelle la différentiation entre les hommes et les femmes.

Drapeau représentatif des mouvements des droits des homosexuels. Photo de Datchler sur Flickr. (CC BY-NC-ND 2.0)

Après la lettre du père Toral, une autre controverse est apparue sur Twitter, cette fois d'une plus grande ampleur, suite à la publication d'un article de Miguel Macías dans le quotidien El Comercio. Ses opinions sont proches de celles du père Toral. La réaction sur Twitter fut telle que le quotidien s'est vu contraint de retirer l'article en sa version en ligne, présentant des excuses pour le “manque de filtrage” dans les rédactions.

Rafael Méndez Meneses (@KevinHurlt) a réussi à récupérer le texte avant qu'il soit retiré par le journal, et l'a publié sur son blog, avec les excuses correspondantes d'El Comercio.

Ces derniers jours, sous l'étiquette #casoSatya, en Equateur on parle des limites de liberté d'expression sur des sujets comme l'homosexualité et les droits des couples de même sexe.

L'avocat Pablo Garzón (@pgarzon) publie sur Twitter :

Nous, vous et moi, sommes la première génération qui condamne ouvertement l'homophobie en Equateur. Pour nos parents ce fut/c'est un tabou.

La députée María Paula Romo (@mariapaularomo) affirme :

Il ne s'agit pas de censure, @elcomerciocom devrait tirer des leçons de politiques éditoriales claires, et qui défendent le lecteur.

Eduardo Varas, écrivain équatorien(@eduardovarcar) s'exprime également :

En quoi cela dérange que @elcomerciocom retire le fameux article ? A mon avis on ne doit pas parler de liberté d'expression avec des mensonges.

Lola Cienfuegos (@lolacienfuegos) fait référence à un ‘double discours’ :

Ce qui s'est passé avec @elcomerciocom a démontré son DOUBLE DISCOURS et sa DOUBLE MORALE. Par contre écrire sur CÍRCULO ROSA c'est accepté #plop

Le site internet Gkillcity.com a publié également “Satya y la diversidad”, un article  écrit par Xavier Flores Aguirre (@xaflag), en soutien à Nicola et Helen. Il précise :

aujourd'hui la résistance de ces interprétations réactionnaires du droit peut se réaliser à l'aide d'outils juridiques établis par le droit lui-même (en particulier dans la Constitution, norme hiérarchiquement supérieure)

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