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Mexique, Etats-Unis : Qui paiera la facture du scandale Wal-Mart ?

Cet article fait partie de notre dossier spécial Relations Internationales & Sécurité.

Il fut un temps où il faisait bon être associé à Wal-Mart. En 2011 par exemple, Walmart faisait partie des 10 entreprises les plus transparentes au Mexique [en espagnol]. Mais la société, parmi les plus grandes du monde, en a pris un coup, alors que surgissent les preuves que sa filiale mexicaine aurait distribué 24 millions de dollars américains à des fonctionnaires mexicains, entre 2002 et 2005. D’après une enquête publiée dans le New York Times en avril 2012, Walmart aurait tenu cette information secrète depuis 2005, alors qu’un ex-employé au Mexique tirait la sonnette d’alarme.

Saisissant l’opportunité de dénoncer des malversations au sein de l’entreprise, les associations réclamant la réforme de Wal-Mart, et les syndicats d’employés se sont emparés du scandale, en appelant à la démission du PDG de Walmart dans une pétition électronique initiée par l’Organization United for Respect at Wal-Mart (Our Wal-Mart) sur le site de pétitions Change.org, en mai.

La loi anti-corruption à l’étranger (Foreign Corrupt Practices Act, FCPA) des Etats-Unis étant appliquée de plus en plus fréquemment, la question se pose maintenant de savoir à combien pourrait s’élever l’amende réclamée à Wal-Mart par les autorités américaines. De même, il faudra déterminer si les pots-de-vin ont pu contribuer de manière significative à la croissance économique de Wal-Mart, ou encore si des profits ont été générés directement par ces pots-de-vin.

Scénario d’un scandale au Mexique

President Calderon with Walmart CEO

Le Président Calderon (à droite) rencontre le PDG de Walmart Michael T. Duke à Carthagène en Colombie en avril 2012. Son cabinet a publié à cette occasion un communiqué, ainsi que cette photo.

Un peu plus d’une semaine avant la publication de l'article du New York Times en avril, le bureau du président mexicain Felipe Calderon publiait la photo d’une rencontre en Colombie entre M. Calderon et le PDG de Wal-Mart, Michael T. Duke. Tim Johnson, le chef du bureau mexicain du groupe de presse McClatchy Newspapers, écrit à ce sujet dans son blog :

Ils regrettent sûrement d’avoir publié cette photo.

Lors de cette rencontre, Calderon aurait “félicité Walmart pour son engagement en faveur de l’environnement, en générant de plus en plus d’énergie propre” et fait l’éloge de l’entreprise pour ses achats directs aux agriculteurs mexicains, a affirmé son bureau. Toujours d’après le communiqué, Michael Duke aurait quant à lui déclaré que “Le Mexique est un exemple pour le reste des filiales à travers le monde”.

Walmart Mexico associates

Des associés de Wal-Mart Mexique à un déjeuner dans le Nord de l’Arkansas, lors de la rencontre des actionnaires de 2011. Photo de Walmart Stores, sur Flickr (CC BY 2.0)

Johnson relate que le bureau du Président a publié un communiqué le 23 avril à la suite des révélations sur la corruption, tentant de prendre ses distances avec le scandale, et insistant sur le fait que la corruption ne concerne que des fonctionnaires régionaux et d’états du Mexique. Calderon n’a été élu président qu’après les faits supposés.

Mexfiles analyse les répercussions possibles du scandale Wal-Mart sur la prochaine élection présidentielle, faisant remarquer que le candidat du PAN, le parti à la tête du gouvernement fédéral au moment des faits (et aujourd’hui encore), s’est abstenu de tout commentaire sur l’affaire, tandis que ses deux opposants principaux réclamaient une enquête. Mexfiles constate également que l’administration Calderon a fait passer de nouvelles lois anti-trust, et se demande si les pratiques agressives de corruption et d'expansion de Wal-Mart pourraient être considérées comme de la concurrence déloyale envers les petits et les gros commerces mexicains tenus à l’écart du marché :

L’un des éléments qui a été mal interprété à l’étranger au sujet du scandale Wal-Mart, est que Wal-Mart de México S.A.B. de C.V. est constitué de nombreuses petites chaînes de supermarchés, tels que Bodega Aurrerá et Superama, de magasins de vêtements comme Suburbia, et de restaurants VIPS. Il est évoqué que certaines d’entre elles ont été acquises honnêtement, mais que d’autres auraient eu à subir des reprises plus agressives.

Culture de la corruption ?

Marco Antonio Gómez Lovera sur Vivir Mexico [en espagnol] se dit stupéfait que la direction de Wal-Mart, aux Etats-Unis comme au Mexique, ait préféré se taire plutôt que d’aider à faire la lumière sur cette affaire et sanctionner les responsables. De leur côté, Mexfiles ainsi que d’autres blogs [en espagnol] affirment que les autorités et les médias américains pourraient minimiser les réactions mexicaines en raison d’une supposée “culture de la corruption”.

ISN logoCet article et ses traductions espagnole, arabe et française sont commissionnés par l’ISN, International Relations and Security Network (Relations Internationales et Réseau de Sécurité), dans le cadre d’une collaboration visant à donner les points de vue de citoyens sur les relations internationales et les problèmes de sécurité à travers le monde. Visitez le blog ISN pour lire d'autres articles.

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