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La Zambie fait don de cinq millions de litres de carburant au Malawi

Ce billet fait partie de notre dossier central Relations internationales et  sécurité

[Liens en anglais, sauf mention contraire] Des années d'incidents diplomatiques entre le Malawi et la Zambie ont culminé récemment en un don de cinq millions de litres de carburant de la Zambie au Malawi. Le don était soi-disant motivé par les funérailles de l'ancien président du Malawi, Bingu wa Mutharika [fr], décédé le 5 avril 2012 d'un infarctus. Les querelles politiques qui ont précédé ce geste composent cependant une toile de fond complexe.

En 2007, Michael Sata [fr], le leader de l'opposition zambienne d'alors, s'était rendu au Malawi pour une visite privée, mais il avait été reconduit jusqu'à la frontière de la Zambie, à 400 kilomètres, à son arrivé à l'aéroport de Chileka. Quatre ans plus tard, Michael Sata était président de la Zambie.

Au moment de son expulsion du Malawi, Michael Sata aurait plaisanté en disant que Bingu wa Mutharika lui avait offert un plein de carburant et une Lexus GX avec un chauffeur particulier (sous-entendu, l'agent d'immigration) pour le voyage, ce qui était bien plus que Levy Mwanawasa, alors président de la Zambie  et l'opposant politique de Sata, n'avait jamais fait. Peu de temps après l'élection de Michael Sata à la présidence, il a été automatiquement invité à assister à un sommet des chefs d'Etat du COMESA, le Marché commun d'Afrique orientale et australe. Cependant, le sommet se tenant au Malawi,  où l'arrêté d'expulsion de Michael Sata est toujours en attente d'une décision devant les tribunaux, le nouveau président zambien a refusé de participer au sommet, confiant à un envoyé spécial du Malawi :

“Son Excellence Bingu wa Mutharika est conscient de la situation délicate dans laquelle je me trouve. J'aurais aimé faire de ce voyage ma première visite officielle à l'étranger. Je pensais que vous apportiez la révocation [de l'affaire d'expulsion] mais vous ne l'avez pas fait. Une fois que vous aurez résolu ces questions, alors je viendrai.”

En lieu et place de Michael Sata, le gouvernement zambien a délégué son vice-président, le Docteur Guy Scott [fr], pour assister au Sommet. Michael Sata a ensuite rencontré pour la première fois le dirigeant du Malawi en Afrique du Sud, lors des célébrations du centenaire du parti au pouvoir, le Congrès National Africain.

Lors de cet événement, les médias de la Zambie et du Malawi ont signalé que les deux hommes s'étaient rencontrés. Le Zambian Post a écrit :

Zambian President Sata meets Malawian President Mutharika

Le président zambien Sata rencontre le président du Malawi Mutharika en Afrique du Sud. Photo ZodiakOnline

“Comme le président Mutharika, qui est arrivé en retard pour le dîner, passait devant le siège du président zambien à la table réservée aux personnalités, le président Sata s'est levé et les deux chefs d'Etat – précédemment considérés comme des ennemis – se sont étreints, ont échangés des “paroles aimables” et se sont mis à rire.

Après s'être embrassés, le président Sata a demandé à Mutharika : “kumunzi kuli bwanji ? Comment va le village ?” et le leader du Malawi a répondu : “kuli bwino. Nanga mubwela liti ?” (Le village va bien. Quand venez-vous au Malawi) ?

Le président Sata a dit à Mutharika : “tizamu uzani” (nous allons vous tenir au courant).

La Zambie et le Malawi partagent les mêmes langues et coutumes de chaque côté de leur frontière commune, qui s'étend du Mozambique au sud jusqu'à la Tanzanie, au nord.

Quelques mois plus tôt, cependant, Joyce Banda (alors vice-présidente du Malawi, et maintenant sa présidente) s'était rendue en Zambie pour assister aux célébrations de l'indépendance du pays voisin lors d'un voyage qui ne s'est pas très bien passé avec l'administration du gouvernement Bingu. Quand elle est arrivée au Malawi, elle a été menacée d'arrestation, au prétexte semble-t-il que son voyage n'avait pas été officiellement autorisé par le gouvernement du Malawi.

Malheureusement, le président Bingu est décédé peu après, laissant derrière lui une économie ravagée, en proie à de graves pénuries de devises, d'électricité et de carburant, et Joyce Banda a pris sa succession en tant que présidente.

Le don de carburant au Malawi dont il est question plus haut a été le premier signe important de l'acceptation par la Zambie du nouveau gouvernement de la présidente Banda. Ironie des ironies : au sein du gouvernement de Joyce Banda, l'avocat malawite du président zambien Michael Sata, Ralph Kasambara, est actuellement ministre de la Justice du Malawi.

Pour ce qui est du don de carburant, le ministre de l'Énergie de la Zambie, Christopher Yaluma, qui s'est rendu au Malawi, a déclaré en avril :

“Les livraisons de carburant dont nous sommes témoins aujourd'hui font constituent un simple don pour l'organisation des funérailles du défunt président. Hier, 15 citernes de carburant sont parties et atteindront le Malawi ce matin.”

En raison de la pénurie d'électricité, nécessaire pour faire fonctionner des installations de réfrigération au Malawi, la dépouille du président Mutharika a été transférée en Afrique du Sud, où il a été enselevi  le 23 avril.

ISN logoCe billet et ses traductions en espagnol, en arabe et en français ont été commissionnés par le Réseau international de sécurité (ISN) dans le cadre d'un partenariat destiné à faire entendre les points de vue des citoyens sur les relations internationales et les questions de sécurité dans le monde.Visitez le blog ISN pour lire d'autres articles.

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