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Mexico : Qui sont vraiment les #YoSoy132, le nouveau mouvement de jeunes ?

Sauf mention contraire tous les liens sont en espagnol

On en a déjà parlé sur ce site [en anglais] : un nouveau mouvement a vu le jour au Mexique le 11 mai 2012, connu sous le nom de #YoSoy132, et prend place dans le processus électoral en cours qui permettra de choisir le nouveau président. C'est un mouvement de jeunes, sans doute porté par une mobilisation étudiante, non-partisan selon son communiqué de presse, nouveau mais puissant, et qui a réussi à entraîner des milliers de personnes à participer à ses actions, ses meetings et ses manifestations.

Miguel Carbonell (@MigelCarbonell), avocat, dans un tweet du 24 mai 2012, prévoit l'un des challenges de ce mouvement :

Le mouvement des jeunes est face à un grand défi, celui de transformer les protestations en propositions.

Sur le blog Sendero de Fecal, on trouve ce texte qui résume quelques uns des objectifs du mouvement :

Le mouvement entend empêcher qu'un candidat à la présidence ne soit imposé par l‘oligarchie du pays et par les hommes du pouvoir présents dans les trois instances de gouvernement. Le mouvement souhaite aussi que l'on se mobilise pour s'opposer à une fraude électorale probable.

Ce n'est pas un mouvement pour la seule période des élections, c'est aussi un mouvement qui cherche à changer le pays, à faire aboutir les demandes de justice de la part de la population et à trouver des solutions aux graves problèmes qui affectent le pays dans tous les secteurs qui concernent la société mexicaine.

De plus, le blog Kaniwa parle du mouvement des jeunes en ces termes :

Le mouvement s'est mobilisé autour de revendications très précises -en réalité il s'agit depuis longtemps d'exigences : démocratiser les médias, favoriser une réelle concurrence des systèmes de télécommunication, refuser que l'un des candidats ne soit imposé par le “duopole” des chaînes de télévision mexicaines Televisa et TV Azteca, garantir le droit d'accès à internet pour tous, supprimer le système numérique qui empêche l'accès à ces médias à la moitié de la population. Des dizaines de milliers d'étudiants universitaires dans tout le pays, entraînés par une “masse critique” qui a tout fait exploser, les étudiants des universités ibéro-américaines, poussent le pays à sortir de sa léthargie, à rejeter le contrôle et les manipulations des géants médiatiques avec les outils de leur  génération : Facebook, Twitter et YouTube.

 

1ère assemblée générale de #YoSoy132 . Photo: J. Tadeo

Certains, dans ces commentaires sur le mouvement, veulent reconnaître des éléments du discours de l'un des candidats mexicains à la présidencen; le fait que les membres de #YoSoy132 visent plus particulièrement un candidat ou en soutiennent un autre est source d'opinions contradictoires chez les usagers de Twitter.

Carlos García (@imaurum), dont l'image du profil contient #YoSoy132, a remarqué la critique grandissante, selon lui, sur l’ un des candidats, et en profite pour le dénigrer :

Sur les réseaux sociaux, dans la rue, dans les universités, au supermarché, partout le PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel) et sa marionnette Peña Nieto sont condamnés.

Etant donné la persistance de telles affirmations, des usagers de Twitter comme Gerardo Laveaga (@GLaveaga), avocat, se demande si #YoSoy132 soutient ou s'oppose à un candidat :

J'aimerais comprendre : #YoSoy132 est un mouvement pour #AMLO (Andres Manuel Lopez Obrador, candidat de la gauche) ou contre @EPN  (Enrique Peña Nieto) ?

Dans son blog, Kazbam commente l'aspect “non-partisan” du mouvement et d'autres sujets qui l'on fait prendre de la distance :

Actuellement, ceux qui soutiennent 123 se disent non-partisans. Mais d'un autre côté ils disent qu'ils sont contre le PRI et contre Peña Nieto. J'aimerais qu'ils m'expliquent comment ils peuvent rejeter un candidat et un parti sans soutenir les autres. Etre non-partisan, ce n'est pas ne pas soutenir un parti, c'est ne pas être contre quelqu'un en particulier.

Il conclut pour dissiper tout malentendu :

Ah et je veux être bien clair et éviter toute confusion. Ce n'est pas parce que je me considère en dehors du mouvement des 132 que je suis pour le candidat du PRI. Je ne vais pas voter pour “M. Houpette”, pas de malentendu.

Abel Alejandro Heras (@aheras) en vient à dénoncer les insultes dont il a fait l'objet de la part des sympathisants d'un parti politique pour avoir exprimé son opinion sur le mouvement :

Quand j'ai donné mon avis sur la ‪#MarchaYoSoy132, le moins que j'aie obtenu, ce sont des injures, à connotations du Party of the Democratic Revolution [en]. Non merci, je n'en suis pas.

Dans le même ordre d'idée, le blogueur de Cachitos de mi Vida fait référence aux insultes et demande :

Est-ce que nous voulons un pays plus tolérant et démocratique ? Alors pourquoi diaboliser ceux qui vont voter pour X, Y ou Z ? C'est un chose de critiquer la démarche et la plateforme politique d'un candidat et c'en est une autre d'insulter ceux qui ont choisi une option politique en particulier.

#YoSoy132 appelle à la grève le 2 juillet. Photo: J. Tadeo

Jaime Benítez (@El_Mesie), comme tant d'autres, veille à identifier le mouvement avec le mot-clé #YoNoSoy132, et accuse National Regeneration Movement (“MORENA”), qui fait la promotion des candidatas à la présidentielle, d'avoir “kidnappé” le mouvement.

Le hashtag #MarchaYoSoy132 est nul maintenant qu'ils soutiennent #MORENA et a cessé d'être non partisan, des activistes de la première heure comme @epigmenioIbarra l'ont détourné #YoNoSoy132 ‪#mexico

Pour sa part, Gerardo Arellano (@ARELFC) écrit sur le “détournement” du mouvement par un groupe de tendance socialiste, et le prouve par une photo qu'il partage

Terrible. Le mot-clé #MarchaYoSoy132 est détourné par des gens qui s'affirment comme socialistes.pic.twitter.com/WPXbO6Pv

Rafael Medina (@rafilla_rm), qui représente un autre courant de pensée, se demande pourquoi le mouvement “étudiant” ne demande pas aux enseignants (qui ont protesté dans tout le pays contre l'obligation de se soumettre à des tests d'évaluation) de retourner dans leurs classes :

@CarlosLoret Pourquoi les membres de #yoSoy132 n'ont-ils pas demandé à leurs professeurs de reprendre les cours et d'accepter les tests d'évaluation ?

Pour résumer toutes les actions qui ont été relayées ces derniers jours sur Twitter et sur les autres réseaux, Osvaldo Suarez (@paul_suco) rappelle :

Il ne faut pas perdre de vue qu'un vote bien pensé ne se construit pas sur les réseaux sociaux.

Il reste 31 jours au peuple mexicain pour choisir son nouveau président. Il est incontestable que le mouvement #YoSoy132 se soit imposé dans l'opinion publique rapidement et au bon moment ; cependant, ses attentes, ses objectifs et son discours ont soulevé des débats entre personnes d'opinions différentes. On espère toutefois que tout le monde comprend que les élections se gagnent avec des bulletins de vote (dans l'isoloir) et non par des tweets.

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