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Tadjikistan : “Le Dictateur” de Sacha Baron-Cohen boosté par son interdiction officielle

Un mois à peine après son interdiction au Tadjikistan, “le Dictateur” [en français], le dernier blockbuster parodique de et avec Sacha Baron-Cohen, est l'un des DVD les plus vendus dans le pays. Le blogueur tadjik Harsavor (Donkey Rider) écrit [en russe] que c'est le film le plus demandé du moment par les acheteurs de DVD pirates.

Si le film a été interdit fin mai, c'est que, selon la version officielle, il ne correspond absolument pas aux «mentalités locales»  ou encore n'est pas assez bon pour que son “exploitation [soit] profitable”  [en anglais].

Les internautes tadjiks s'accordent tous sur le fait que “le Dictateur” a vu sa popularité exploser au Tadjikistan grâce à cette censure. Après la révélation par un site tadjik d'information que les autorités venaient de confisquer un stock de DVD pirates du “Dictateur” à des revendeurs, un lecteur a commenté :

Чушь полнейшая…Глупо изымать из проката нелицензированные диски просто потому, что после искусственно разведенного ажиотажа желание посмотреть этот фильм и все ниже перечисленные будет еще сильнее, а интернет еще ни кто не отменял. Фильмы, вышедшие в мировой прокат, буквально через неделю появляются на торрентах, пусть и в плохом качестве, но их можно с легкостью скачать – самому посмотреть и друзьям дать […]. Запретный плод всегда сладок и приятен!

N'importe quoi… C'est bête de faire la chasse aux DVD pirates, parce que ça fait monter artificiellement les enchères. Après ça, les gens vont avoir encore plus envie de voir le film, comme tous ceux qui sont difficiles à trouver, et là-dessus Internet est irremplaçable. De toute façon, une semaine après sa sortie où que ce soit dans le monde, un film est disponible en copie sur Torrent, même de mauvaise qualité, mais facile à dupliquer pour la visionner soi-même ou la faire passer à ses amis. Le fruit défendu est toujours le meilleur et le plus sucré !

L'utilisateur de Facebook Abugammon Cheraliev écrit ceci  [en tadjik] sur «Plate-forme», un forum où les Tadjiks discutent des informations et de la politique locales :

Ачаб масъулине мо дорем! Хар хидмате ба давлат мехоханд кунанд ба хидмати хирсона табдил меёбад. Хамин падарлаънати “Диктатор”-ро агар манъ намекарданд, шояд касе намоиш хам намедод. Агар намоиш медоданд, шояд 0,1 фоизи мардум тамошо мекард […]. Акнун чунон карданд, ки онро хама мехоханд бинанд.

Nos dirigeants sont des comiques ! Tout ce qu'ils font pour le bien du pays se transforme en mauvais services. Si [“le Dictateur”] n'avait pas été interdit, personne ne serait allé en faire des copies pirates. Et même s'il y en avait eu, elles auraient peut-être intéressé 0,1 % de la population. […] Alors que maintenant, tout le monde veut voir le film.

Un autre utilisateur de Facebook, Yasur Achurov, commente [en russe] lui aussi sur «Plate-forme» :

Глупо! В Таджикистане всего 4 кинотеатра, где показывают лицензионное кино: 2 в Душанбе, 1 в Курган-Тюбе и 1 в Худжанде. Ну сколько человек посмотрели бы этот фильм в четырех кинотеатрах? Тысяча человек максимум. А теперь о фильме говорят все и все хотят его посмотреть. Наверняка теперь “Диктатор” станет самым ходовым фильмом в местах продажи пиратских DVD и самым скачиваемым фильмом в Таджикистане.

C'est stupide ! Le Tadjikistan a 4 cinémas en tout, qui passent des films sous licence : 2 à Douchanbé, 1 à Kourgan-Tioubé, et 1 à Khoudjand. Quatre cinémas, ça fait combien de spectateurs pour un film ? Un millier, au maximum. Alors que maintenant, tout le monde parle du film et veut le voir. Je parie que “le Dictateur” va devenir le DVD pirate le plus demandé au marché noir et le plus téléchargé au Tadjikistan.

Le blogueur tadjik Salim Ayoubzod analyse [en tadjik] les réactions des médias internationaux à l'interdiction du film au Tadjikistan. Inquiet d'une publicité négative dommageable pour le pays, il écrit ceci  [en tadjik] :

Ман ёд надорам, ки дар ду-се соли охир дар ягон мавзӯи марбут ба Тоҷикистон расонаҳои ҷаҳон ин гуна таваҷҷӯҳ […] нишон дода бошанд.

A ma connaissance, c'est la première fois depuis au moins deux ou trois ans que les médias internationaux parlent autant du Tadjikistan.

Même si les fonctionnaires ne veulent pas le reconnaître, si “le Dictateur” a été censuré, c'est surtout à cause du parallèle que les Tadjiks n'auraient pas manqué de faire entre le personnage du général Aladeen, le despote à la tête de la République nord-africaine fictive de Wadiya, et leur propre dirigeant autocrate frauduleusement élu [en anglais], au pouvoir depuis 1992. Le film est interdit également au Kazakhstan et au Turkménistan.

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