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Panama : Un pays à vendre

Il semble que le Panama soit à vendre, c'est du moins ce qu'entendent un bon nombre de Panaméens, indignés par la façon dont le gouvernement du président Ricardo Martinelli prétend liquider une grande partie des actifs de l'Etat.

L'Etat du Panama détient 49% du secteur telecom  du pays, autant que l'entreprise britannique Cable & Wireless, les 2% restant appartenant aux travailleurs de cette compagnie. L'Etat possède également des actions dans les entreprises d'électricité. Cependant le gouvernement a décidé de mettre en vente 24% des actions de chacune des deux compagnies. La décision a provoqué l'indignation de la population.

Erick Simpson expose son point de vue sur son blog Pma507Pty Panamá Blog :

Comme s'il s'agissait d'une petite liquidation pas chère pour cause de fermeture, le gouvernement s'est mis à liquider ses derniers actifs,  c'est-à-dire sa participation dans les entreprises à capital mixte. Pour commencer, les “honorables” parrains de la patrie ont “légalisé” en catimini, sans avertir la population et très tôt le matin, la vente des actions de l'Etat dans les entreprise de distribution et de production électrique, et le Conseil du Cabinet a autorisé le MEF  [en] à présenter devant l'Assemblée nationale une modification de la loi qui a restructuré l'Institut national de Télécommunication, dans le but de liquider 49% du capital social de l'Etat dans l'entreprise Cable & Wireless et déposer 25% du produit de cette liquidation dans le FAP, entreprise créée récemment.

Messieurs les politiciens : Si vous avez tellement envie de vendre quelque chose, pourquoi ne pas organiser un vide-grenier ? LE PANAMA N'EST PAS A VENDRE ! Message partagé par plusieurs utilisateurs de Twitter.

L'indignation est telle que deux partis historiquement opposés se sont unis pour former un “Front pour la démocratie”. Le PRD (Parti Révolutionnaire Démocratique), fondé par le Général Omar Torrijos, s'est allié au parti Panameñista [es] d’Arnulfo Arias Madrid  [es] , président du Panama jusqu'au coup d'Etat de l'armée, dirigé par Torrijos. Cependant, le week-end dernier, les deux partis partageaient le calumet de la paix, et se sont mis d'accord pour s'allier contre les intentions du gouvernement.

Quelques Panaméens se sont donné rendez-vous le lundi 18 juin à l'Assemblée nationale, où avait lieu le débat sur la vente des actifs. Les assistants et les députés de l'opposition ont presque boycotté la séance, qui a dû être suspendue et reportée. La Prensa a publié à propos de la séance :

Ce lundi les marches situées en face de l'Assemblée étaient remplies. A 12h45, l'hymne national a été entendu, alors que les participants brandissaient des drapeaux du Panama.

Pendant ce temps, les députés de l'opposition se sont levés face au siège du Président de l'Assemblée, et ont brandi à leur tour le drapeau tricolore.  Trois grands drapeaux au total, chacun tenu par deux députés.

Les internautes panaméens ont également fait part de leur indignation. La tendance No Vendan Panamá a été créée, et des centaines de panaméens ont ainsi protesté contre la manière dont sont gérés les actifs de l'Etat.

Au-delà de la classe politique, Ana Lorrein J (@analorrainej) voit dans cette question un problème de fond, qui touche les fondements de la société panaméenne :

La classe politique est un reflet de cette société du “il n'y a que moi qui compte, et les autres peuvent aller se faire foutre…”

Karen Chalmers (@karen_chalmers) a prié le président d'éviter les affrontements entre panaméens :

M. le Président,je vous en prie, pour nous, nos enfants, pour notre cher Panama! Réfléchissez et évitez de nouveaux affrontements entre les Panaméens.

La journée s'est achevée par une marche, où des milliers de Panaméens ont demandé au gouvernement de suspendre les ventes. La Prensa résume ainsi le mouvement :

Par contre, environ 1500 personnes ont rejoint plus tard la manifestation . Cette marche a pour but de mettre fin aux récents agissements du Président de la République, Ricardo Martinelli.

Il était prévu que les séances de l'Assemblée  reprennent le 18 juin. De leur côté, les Panaméens sont dans l'expectative, prêts à se faire entendre sur Internet et dans les rues.

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