Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

Kibera : Les femmes de PowerWomen contre les stigmates du SIDA

Ce billet entre dans le cadre de l'opération de journalisme citoyen conjoint “Journalisme Citoyen avec Map Kibera pendant le Sommet de GV“.

Dans le cadre du programme du Sommet 2012 de Global Voices qui vient de se tenir à Nairobi, au Kenya, a été organisée une visite à Kibera, le deuxième plus grand bidonville d'Afrique, avec une population estimée à plus d'un milion.

The Kibera slum. Photo by @LauraSchne (CC-By-ND 2.0)

Kibera. Photo @LauraSchne (CC-By-ND 2.0)

L'équipe de la Fondation MapKibera Trust a chaleureusement accueilli les membres de la communauté Global Voices, venus à leur bureau en deux minibus. Créée en 2009, la Fondation a travaillé au développement d'une cartographie de Kibera faisant apparaître les différents besoins et ressources de la collectivité. La carte sert aussi d'outil de plaidoyer pour mettre en lumière les principaux enjeux avec les interlocuteurs et à améliorer la situation de la collectivité Kibera.

Kibera à Nairobi, Kenya, était une tache blanche sur la carte jusqu'en novembre 2009, lorsque des jeunes habitants ont créé la première carte numérique ouverte et gratuite de leur communauté. Map Kibera a grandi pour devenir aujourd'hui un projet d'information communautaire interactif complet.

Venir à Kibera

Après brève présentation de MapKibera et des projets parents Voice of Kibera (Voix de Kibera) et Kibera News Network (Réseau d'actualités de Kibera), nous sommes partis travailler sur le terrain. Au vu des échanges avec l'équipe, les bénévoles de Global Voices ont choisi quatre principaux centres d'intérêt : l'enseignement, les femmes et la santé sexuelle/SIDA, la culture numérique et la préparation aux élections. L'équipe Kibera a bien voulu nous accompagner dans notre exploration de ces thèmes et des initiatives locales intéressantes. Nous avions très envie d'entrer en contact avec les personnes travaillant à mobiliser sur la santé sexuelle. C'est ainsi que Lucy, notre guide, nous a présentés aux Power Women.

Lucy, our tour guide. Photo by Rezwan (CC-BY)

Lucy, notre accompagnatrice. Photo Rezwan (CC-BY)

Qui sont les ‘Power Women’ ?

Selon leurs propres mots :

Les Powerwomen sont un collectif de vingt femmes qui se sont unies pour réduire la pauvreté dans la communauté. Elles ont choisi le nom “power”, ce qui veut dire la force. “nguru” est un mot swahili pour pouvoir. L'un des motifs de s'unir était de faire baisser la stigmatisation dans la communauté.

The Power Women Group. Image from their website

Le groupe des Power Women. Image de leur site web

Elles nous ont reçus dans leur boutique des Power Women. En entrant, nous avons fait la connaissance d'Elizabeth (présidente du collectif) et de Rosemary (trésorière). Leur histoire remonte à 2004, lorsqu'une poignée de femmes séropositives victimes de discrimination se sont réunies pour chercher un moyen de s'en sortir. Elles nous ont raconté leur belle histoire.

Au début, chacune de ces femmes mit de côté 10 shillings kenyans (KSH) à chaque réunion. A raison de deux réunions par semaine, le collectif eut vite fait de collecter 3.000 KSH et put commencer à réaliser des pins VIH/SIDA. Elles ont commencé à sortir dans la collectivité et distribuer ces pins gratuitement afin de sensibiliser au VIH/SIDA et briser le silence et la stigmatisation autour de la maladie. Puis elles ont eu l'idée de rendre leur opération durable en démarrant leur propre entreprise : la Boutique des Power Women. Les femmes y vendent des bijoux artisanaux en perles et corne de vache, ainsi que des sacs en matériaux recyclés.

Jewelery by the Power Women Group. Image from their website

Objets artisanaux fabriqués par le collectif des Power Women. Image de leur site web

Le collectif des Power Women a mis sur pied une organisation et mise en commun de leurs ressources étroitement liées à leurs gagne-pain et contraintes au quotidien. Comme la plupart de ces femmes ont un autre emploi, elles se partagent leurs tours à la boutique en fonction de leurs disponibilités, de façon à garantir la présence chaque jour de deux d'entre elles.

Le chiffre d'affaires mensuel de la boutique est divisé en quatre parts. La première va à l'acquisition des matières premières nécessaires à la création de leurs produits. La deuxième sert à nourrir les femmes pendant leur temps de présence. Les séropositifs étant plus vulnérables aux infections, la troisième part va aux situations d'urgence quand la santé d'une des femmes est gravement menacée. La quatrième part sert à salarier le travail des femmes pour la boutique.

Qu'ont changé les Power Women à Kibera ?

Les femmes disent qu'elles ont défié les stéréotypes de la vie avec le VIH/SIDA dans la communauté. Par leur exemple vivant de survie et de persévérance, les attitudes négatives ont commencé à évoluer : plus de gens sont prêts à être en relation avec elles et sont mieux informés sur le VIH/SIDA.

Elizabeth a dit que de plus de gens faisaient des tests de dépistage et s'informaient de leur santé sexuelle. De même, les revenus de la boutique permettent aux femmes du collectif de s'occuper d'enfants orphelins. Ceux-ci sont souvent abandonnés par leur famille en bonne santé lorsque leurs parents meurent du SIDA. De nombreux habitants de Kibera s'adressent aux Power Women pour de l'aide et des conseils sur leurs problèmes quotidiens en voyant l'exemple de résilience qu'elles donnent.

Les femmes n'en sont pas moins confrontées à différentes difficultés, dont l'une des principales est la résistance surtout des hommes de la collectivité à s'engager sur les questions du VIH/SIDA. Malgré les obstacles, les femmes sont déterminées à poursuivre leurs efforts pour combattre la stigmatisation. Elles nous ont détaillé leurs projets pour élargir leur travail et faire entrer plus de femmes dans le collectif. La détermination des Power Women à diffuser leur message est la meilleure illustration du sens de leur dénomination.

Si vous souhaitez aider le collectif Power Women, vous pouvez faire un don au compte bancaire ci-dessous :
Barclays Bank of Kenya
Development House Branch
Power Women Group
N° de compte 047-1131432
Code banque 03
Code agence 047
Swift Code Barckenx

Compte-rendu par Ahmed Awadalla et Rayna St.

Commentez

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français

Non merci, je veux accéder au site