Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

Singapour : La “Law Society” (Barreau de Singapour) face aux critiques des internautes

[Liens en anglais] Le barreau de Singapour s'est mis dans de beaux draps sur les plateformes de médias sociaux après les allégations qu'il aurait tenté d'empêcher l'avocat des droits humains Madasamy Ravi de continuer à plaider devant les tribunaux.

Le 16 juillet 2012, l'homme politique d'opposition Kenneth Jeyaretnam – qui se trouvait au tribunal avec Me Ravi et sa cliente Mme Vellama – a tweeté:

@KenJeyaretnam: “Law Society” tente de faire déclarer M. Ravi inapte à pratiquer le droit et de le faire radier en vertu de la Loi sur la santé mentale.

Puis il a publié la copie d'une lettre que le psychiatre de M. Ravi avait écrite à la Société du Barreau. Le message a depuis été supprimé, mais a été repris par d'autres médias comme The Online Citizen.

M. Ravi avait été au tribunal ce matin pour une audience publique sur les pouvoirs discrétionnaires du premier ministre de convoquer une élection partielle. Puis M. Wong Siew Hong, qui fait partie du conseil de la Law Society, a comparu, voulant s'adresser au juge. L'avocate Jeannette Chong-Aruldoss décrit ce qu'elle a vu:

J'étais assise dans la tribune du public, qui était pleine. Les journalistes étaient également présents. L'audience a commencé avec Me Ravi en premier. Le juge lui a demandé quelques questions d'approfondissement juridique. Me Ravi a compris les questions, et il a répondu d'une manière dont le juge semblait satisfait. L'échange entre M Ravi et le juge était agréable, courtois et a pris place dans le respect mutuel.

Si M Ravi souffre d'une quelconque maladie mentale, ce n'était pas évident pour moi ce matin-là. Le juge Pillai trouva que M Ravi était mentalement normal. Lorsque Me Ravi eut fini de parler, c'était au tour de l'avocat du procureur général (que je nommerai “PG”).

Andrew Loh et Richard Wan ont, plus tard, interviewé Mr Ravi, qui a dit que la lettre était “ridicule”. Il a également été souligné que la lettre avait été datée du jour de l'audience, alors que le médecin avait vu M. Ravi deux jours avant:

M. Ravi a travaillé sur de nombreux cas très médiatisés à Singapour. Il est un défenseur de l'abolition de la peine de mort et a représenté plusieurs détenus condamnés à mort. Récemment, il a également représenté Mme Marie Vellama Muthu dans sa demande pour que la Cour suprême détermine les pouvoirs discrétionnaires du premier ministre d'appeler à une élection partielle, ainsi que M. Kenneth Jeyaretnam dans sa demande d'empêcher le gouvernement d'engager 4 milliards de dollars américains pour le Fonds monétaire international.

La “Law Society” a plus tard, publié une déclaration précisant qu'elle n'avait pas fait une demande pour empêcher M. Ravi de se présenter devant le tribunal, comme indiqué dans “Temasek Review Emeritus“.

Les informations contenues dans la lettre du psychiatre ont conduit à beaucoup de spéculations et critiques en ligne, les Singapouriens soupçonnant une tentative de réduire au silence ou discréditer un avocat virulent.

Hendra Lee: Ils inventent des excuses pour l'empêcher de pratiquer. Si je ne me trompe, M Ravi a plaidé coupable et a reçu des amendes à plusieurs reprises pour avoir causé du désordre à la mosquée et au temple hindou et South Bridge Rd. Mais cela ne veut pas dire qu'il n'est pas un brillant avocat.

Luo Han: C'est la victimisation délibérée de l'avocat esseulé à Singapour, qui est assez courageux pour dire à l'Etat que les lois sont injustes ou oppriment manifestement le Singapourien ordinaire. Je connais M.Ravi personnellement. Il est le champion de l'homme ou la femme sans voix, des marginalisés et des défavorisés. Si le Barreau réussit dans cette tentative de dépouiller M.Ravi de son gagne-pain, ce sera un jour triste pour les Singapouriens sans voix qui n'ont AUCUN recours ou sont incapables de se payer une assistance juridique, en particulier en matière pénale. Ce sera également un jour triste pour le Barreau car il perdra son statut de respectabilité et toute prétention à une réputation non-partisane sera jetée dans la cuvette des toilettes.

Beaucoup ont également condamné le psychiatre, le Dr Calvin Fones, pour violation du secret médical en écrivant à la Société du Barreau à l'insu de son patient et sans son consentement.

Betty Teo: Pourquoi est-ce qu'un psychiatre écrirait au Barreau concernant son patient en premier lieu, à moins qu'il fut enjoint de le faire?

Balaji Narashimhan: J'espère que cette lettre n'est pas vraie parce que si c'est le cas, je la trouve absolument dégoûtante. Une violation flagrante et contraire à l'éthique de confidentialité médecin et patient. Comment quelqu'un peut-il être en sécurité avec ce médecin sachant que s'il en a envie, il peut diagnostiquer sans motif une personne sans une entrevue menée seule à seule ou un examen approfondi de son dossier médical pour une maladie mentale ou une rechute? Il doit être signalé à l'association des médecins de Singapour et avoir son permis suspendu. Les personnes bipolaires ne sont PAS fous et le simple fait de souffrir d'un trouble bipolaire ne signifie pas que vous êtes inapte à travailler.

Le 18 juillet 2012, la “Law Society” a publié une déclaration rejetant les soupçons d'une conspiration et disant que M. Wong Siew Hong avait agi de son propre gré:

Le barreau de Singapour estime qu'il est important que le public lui fasse confiance comme organisme professionnel indépendant qui a toujours équilibré les intérêts du public et des avocats. Les critiques formulées envers le barreau de Singapour sont injustes pour ses bénévoles, et rendent au grand public un très mauvais service. Toute suggestion d'une conspiration impliquant le barreau de Singapour est fausse et irresponsable.

Certains blogueurs ont trouvé la déclaration de la “Law Society” insatisfaisante. Ng E-Jay se demande si M. Wong avait vraiment agi de son propre gré. Bertha Henson estime que le Barreau devrait se soucier de ses propres opérations avant de censurer les autres :

Quel genre d'organe dirige la “LawSoc” lorsque l'un de ses membres peut courir aux tribunaux muni d'une lettre provenant de la”‘LawSoc” ? Est-ce que le «représentant» Wong Siew Hong est vraiment si stupide qu'il n'a même pas informé ses patrons de la “LawSoc” de ce qu'il allait faire ? Certes, il existe des procédures en place dans la “LawSoc” avant que tout avocat puisse aller courir aux tribunaux ou venir avec une déclaration au nom de la “LawSoc” ? Donc, je dis à M. Wong Meng Meng : Allez tirer sur votre propre messager.

Commentez

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français
* = required field
Non merci, je veux accéder au site