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Argentine : Un nouveau billet de banque à l'effigie d'Evita

[Liens en espagnol, sauf mention contraire] Le 26 juillet 2012 était le 60ème anniversaire du décès de Eva Duarte de Perón (Evita) [fr] ; le  25 juillet, pour marquer cet anniversaire, la Présidente  argentine Cristina Fernandez de Kirchner a présenté un billet de banque commémoratif orné du visage d'Evita, qui remplace celui de Julio Roca sur ce billet de cent pesos. La page officielle du palais présidentiel, la Casa Rosada, a reproduit des extraits du discours présidentiel :

La Presidenta concluyó que “este billete es reparador de nuestros propios errores, de nuestras propias equivocaciones”. “No es que Eva haya sido una santa, sino que lo que la convierte inmortal es haber sido una sencilla mujer, que se encontró con un hombre y con un pueblo”, remarcó.

La présidente a conclu par ces mots : “Ce billet est en réparation de nos propres erreurs, nos propres fautes”. “Eva n'était pas une sainte mais ce qui la rend mémorable est qu'elle était une femme ordinaire qui a rencontré un homme, et un peuple”, a-t-elle dit.

Présentation du billet de 100 pesos en hommage à Eva Perón

L'autre côté de ce billet de cent pesos représente la Conquête du désert [fr], conduite par Julio Roca, qui s'est soldée par la mort de milliers d'indigène en l'an 1879.

Le blog Novedades numismáticas de Argentina y el mundo (Nouvelles munismatiques d'Argentine et du monde) [es] a reproduit un article de El Día [es] qui rappelle que plusieurs tentatives avaient déjà eu lieu pour remplacer l'effigie de Julio Roca, qui fut également Président d'Argentine de 1880 à 1886, sur le billet. Selon Teodoro Boot, sur le Blog del Ingeniero [es], l'utilisation du visage d'Evita est une avancée sociale car c'est la première femme à figurer sur un billet de banque argentin :

Uno, que tiende a entrar como un gil en esas polémicas, se maravilla del modo en que Cristina pasó de Roca (comparando con otros, un poco injustamente) y pasó de las opciones ofrecidas, para proponer o más bien recuperar otro paradigma, el de la justicia social, que en el caso de Evita supone además la reivindicación femenina.

On fait souvent figure d'idiot dans ces controverses et on s’émerveille du fait que Cristina a congédié Roca ( de façon un peu injuste, comparé à d'autres) et a aussi refusé d'autres options, pour proposer, ou plutôt, pour reconquérir un autre paradigme, celui de la justice sociale, ce qui avec le cas d'Evita, représente aussi l'avènement des femmes.

De son côté, la page Relato del Presente [es] revient sur la contribution du personnage évincé, Julio Roca, au concept d'Etat et de nation en Argentine :

Porque resulta ser que Julio Argentino Roca fue el que definió la nacionalidad. Porque resulta ser que el Teniente General Roca fue el que combatió a la oligarquía porteña -nétamente mitrista- por considerarla contraria al concepto de nación. Porque resulta ser que el expresidente Roca concibió un Estado moderno, laico, independiente de la iglesia, políticamente liberal, económicamente desarrollista. Porque resulta ser que Roca pensó un Estado que colocaba al capital a su servicio, garantizando el libre desarrollo de la actividad comercial y empresarial y, al mismo tiempo, llevando a que el Estado se hiciera cargo de lo que no era productivo para ningún inversor como, entre otras cosas, la construcción de ferrocarriles en zonas improductivas.

Parce que c'est Julio Argentino Roca qui a défini la nationalité. Parce que c'est le Lieutenant général Roca qui s'est battu contre l'oligarchie de Buenos Aires  – clairement partisane de Bartolomé Mitre [fr] – car il la considérait comme incompatible avec le concept de nation. Parce que l'ancien Président Roca avait pour vision un Etat moderne et laïc, indépendant de l'église, politiquement libéral et économiquement dévelopementaliste. Parce c'est Roca qui a conçu un Etat qui a placé son capital au service de la chose publique, garantissant ainsi le libre développement du commerce, tout en permettant à l'Etat de prendre en charge des investissements non rentables tels que, entre autres, la construction de lignes de chemin de fer dans des zones sans intérêt économique.

Sur son blog, Daniel Mancuso [es] fait allusion à la phrase “Je reviendrai, et je serai des millions”, phrase prononcée par   Tupac Catari (exécuté par démembrement par les Espagnols en 1781), et phrase que la légende a placé également dans la bouche Evita,  avant son décès :

Portrait d’ Evita- Archives graphiques de la nation, domaine public

Y como castigo, aun los que te desprecian tendrán que sostenerte y atesorarte. Pronto, una roca genocida será derribada de su sitial indigno, despeñada hacia el abismo del olvido. Era cierto, no renunciaste nunca, a pesar de 60 años de ausencia. Tus sentimientos volvieron y son millones.

Et comme punition, vous devrez embrasser et chérir même ceux qui vous répugnent. Bientôt, Roca  le génocidaire sera renversé de son siège d'honneur non mérité, tête première dans l'abysse de l'oubli. C'est vrai, vous n'avez jamais renoncé, même après  60 ans d'absence. Vos sentiments sont revenus et sont des millions.

Cependant, certains pensent que l'image d'Evita sera dévaluée par son apparition sur un billet de banque, comme Roberto Barozzi sur le blog El Mensajero [Le Messager][es] :

Así, los billetes parecen estampillas conmemorativas, probablemente porque al perder valor ante la inflación se produce una depreciación que los convertirá en breve en piezas de colección.

Cristina tenía 2 opciones para recordar con dignidad a Eva Duarte de Perón: > lanzar en su nombre un plan de recuperación del valor de la moneda, bajando la inflación; o > imprimir con su imagen billetes de mayor denominación así los argentinos recordaban el evento y Evita duraba más tiempo del que durará en los $ 100 que ya no tienen el poder adquisitivo de cuando fueron impresos por 1ra. vez.

Ainsi, les billets ressemblent à des timbres commémoratifs, probablement parce que quand ils perdront leur valeur en raison de l'inflation, ils deviendront bientôt des objets de collection. Cristina avait deux options pour commémorer Eva Duarte avec dignité : lancer un programme en son nom pour restaurer la valeur de la monnaie, en faisant baisser l'inflation ; ou bien
imprimer des billets à valeur faciale plus importante à son image pour que les Argentins se souviennent de l'évènement ; Eva aurait duré plus longtemps que les billets de 100 pesos, qui n'ont plus la valeur qu'ils avaient à l'époque de leur première émission.

La page web du journal  Perfil.com [es] a publié un entretien réalisé par  Channel 26 [es] avec l'ancien président de la  Banque centrale d'Argentine, qui pense que l'image d'Evia a été dévaluée :

“Evita era la excusa perfecta para sacar un billete de 500 pero la devalúan y la ponen en el de 100 para no admitir la inflación”, opinó el ex funcionario, sobre los nuevos billetes de 100 pesos. “Este Gobierno devalúa hasta a Eva Perón”, opinó.

“Evita était le prétexte parfait pour émettre un billet de 500 (pesos), mais ils l'ont dépréciées, et l'ont mise sur le billet de 100 pour ne pas reconnaitre l'inflation” a dit l'ancien fonctionnaire à propos des nouveaux billets de 100 pesos. “Ce gouvernement va jusqu'à dévaluer Eva Peron.”

Sur Twitter [tous les tweets sont en espagnol], les mots clés #ChauRoca et Evita sont apparus, avec d'autres. Sebastián Abrevaya (@SebasAbrevaya) cite également la phrase “Je reviendrai et je serai des millions” :

@SebasAbrevaya: Efectivamente volvió y fue millones (de billetes) #Evita #ChauRoca

@SebasAbrevaya: Elle est en effet revenue, et était des millions  (de billets de banque)

Marian Villavicencia (@marianV7),a propos du marché des devises, demande :

@marianV7: Los $ 100 de Evita van a cotizar en el mercado oficial o en el mercado negro??#ChauRoca

@marianV7: Les billets de 100 pesos avec Évita seront-ils cotés au marché officiel des devises ou au marché noir ?

Hernán Giardini (@HernanGiardini) fait une autre suggestion :

@HernanGiardini: Por fin sacan al genocida Roca del billete de cien pesos! #ChauRoca Ahora a quitar los monumentos, y cambiar las calles y ciudades

@HernanGiardini: Ils ont enfin éjecté Roca le génocidaire du billet de 100 pesos ! #ChauRoca Maintenant, il faut démolir les monuments, et changer le nom des rues et des villes.

Le nouveau billet ayant un cours officiel, l’ Hôtel argentin de la monnaie  a publié [es] les caractéristiques techniques et de sécurité de ces nouveaux billets.

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