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Syrie : Intervention militaire ou guerre civile ?

[Les blogs cités sont en anglais] Depuis que le Comité International de la Croix Rouge (CICR) a annoncé, le 15 juillet 2012, qu'il conférait au conflit en Syrie le statut de guerre civile à grande échelle, les sites de médias et les blogueurs d'Occident ont initié un débat révélateur des luttes d'influence entre puissances mondiales en matière de politique secrète et de bénéfices de guerre dans la région.

Le CICR classait jusqu'alors les violences en Syrie en guerres civiles localisées entre forces gouvernementales et groupes armés d'opposition à Homs, Hama et Idlib. En outre, le président du CICR Jakob Kellenberger vient de déclarer que l'organisation internationale est la seule en mesure d'opérer sur le terrain en Syrie. En d'autres termes, le CIR passe aux conventions de Genève.

Le blog Military In the Middle East (Armées au Moyen-Orient), consacré aux équipements militaires dans la région, a publié cinq articles sur le sujet “Guerre civile en Syrie,” décrivant, entre autres, les opérations militaires dans les grandes villes syriennes comme Alep et Damas.

Sur son blog du cetri, Alain Gresh a écrit un billet sous le titre “Guerre civile ou intervention étrangère ? Impasse sur la Syrie”. Il y explique :

Il y a une nouvelle scission au coeur du CNS [le Conseil National Syrien], menée par des gens comme Haytham al-Maleh et Kamal al-Labwani, d'anciens prisonniers politiques qui rejettent l'alignement étranger du CNS. Ammar Qurabi, l'ancien directeur de l'Organisation nationale syrienne des Droits de l'Homme et à la tête du Courant National pour le Changement, a accusé le CNS de marginaliser les révolutionnaires alaouites et turkmènes. Les chrétiens syriens, qui ont vu de nombreux chrétiens fuir l'Irak, s'alarment de la montée des djihadistes et des slogans anti-chrétiens et anti-alaouites scandés lors des manifestations.

D'autres, tels Stephen Lendman, récusent la théorie de la guerre civile en Syrie. Il a écrit sur son blog :

La liberté à l'américaine c'est l'esclavage. Le discours dominant n'explique rien, il répète des concepts depuis longtemps discrédités d'intervention humanitaire et de responsabilité de protéger (R2P). La violence prolongée et le bain de sang ne sauraient le traduire.
La violence occidentale conduite par Washington ravage la Syrie. Dimanche, le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a déclaré guerre civile le conflit en cours.

Il argue que ce n'est pas la guerre des Syriens eux-mêmes, mais celle d'autrui sur leur territoire :

Cela n'a rien de civil quand ce sont surtout des agents importés qui sont utilisés. La plupart des Syriens déplorent les violences et sont opposés aux mouvements intérieurs et extérieurs qui les commettent.

D'un autre point de vue, des blogueurs se sont intéressés au voisin turc, qui était un allié solide du régime syrien et a retourné sa veste vis-à-vis du président Bachar Al Assad après les premiers mois de l'insurrection en Syrie. Le 30 juillet, le blog – A Pseudo-Ottoman Blog: Occasional Musings –  (Songeries occasionnelles) a écrit :

La Turquie fait partie intégrante de l'alliance occidentale comme membre de l'OTAN et ami proche des Etats-Unis. Ou n'y a-t-il qu'Israël, en tant qu'Etat-nation importé au Moyen-Orient, à pouvoir être publiquement dénommé membre des puissances occidentales ??? Quoi qu'il en soit, les sources de Doherty et Bakr [correspondants de Reuters] montrent d'évidence que la Turquie sort maintenant de l'ombre et a ouvertement assumé un rôle dirigeant dans la mission de renversement du régime baasiste syrien.

Michael Blackburnsr défend l'idée que le conflit en Syrie est une lutte de pouvoir. Il a écrit :

Trois facteurs principaux rendent une victoire des rebelles plus vraisemblable.
Un, l'Arabie Saoudite et le Qatar, avec les facilités de la Turquie et la coordination des USA, envoient des armes à l'opposition.
Deux, le régime expédie les mêmes unités de confiance dans tout le pays pour écraser les insurrections. Après de nombreux mois de combat, ces forces se fatiguent et suffisent à peine.
Trois, le président Bachar al-Assad n'a rien du tout à offrir à l'opposition. Il ne partira pas et ne peut pas partager le pouvoir. Sa stratégie de répression brutale et de tueries à grande échelle ne peut faire capituler l'opposition ni l'éradiquer. Il a beau tuer les civils et les manifestants, les forces militaires rebelles peuvent se retirer pour attaquer un autre jour.

Que les Syriens soient en guerre civile ou au milieu d'une intervention étrangère, ils meurent tous les jours et plus de 20.000 vies ont déjà été perdues. D'où cette question du blog POUMISTA “Le conflit en Syrie est-il la nouvelle guerre d'Espagne ?”

[..] Barry Rubin est l'observateur le plus récent à suggérer que la Syrie est la guerre d'Espagne de notre temps, une assertion contestée à droite par Daniel Larison. En mars déjà, le journaliste chevronné Arnaud de Borchgrave avait fait la même remarque : Syrie 2011, même chose qu'Espagne 1936

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