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Philippines: Le gouvernement critiqué pour sa mauvaise gestion des inondations

Alors que la capitale des Philippines ainsi que les provinces voisines continuent d'être confrontées à de fortes pluies et à d'importantes inondations, les médias en ligne ont été utilisés pour faire état de l'aggravation de la situation sur le terrain et pour coordonner les opérations de secours.

Les internautes philippins utilisent maintenant les médias en ligne pour questionner les décisions prises par le gouvernement du président Noynoy Aquino en réponse à la catastrophe et le manque de mesures prises qui auraient pu atténuer les effets des intempéries.

Des mèmes sur internet

Voici des photographies de quelques-uns des mèmes s'inspirant du président et qui circulent maintenant sur la toile via Facebook et d'autres réseaux sociaux :

Image publiée par Pixel Offensive sur Facebook .

Image publiée par Pixel Offensive sur Facebook.

Sur le profil Facebook de Jerry Ocampo .

Sur le profil Facebook de Jerry Ocampo.

2010: c'est le gouvernement précédent qui nous a légué ce problème. Nous sommes au pouvoir depuis seulement un an. 2011 : c'est le gouvernement précédent qui nous a légué ce problème. Nous sommes au pouvoir depuis seulement un an. 2012: c'est le gouvernement précédent qui nous a légué ce problème. Ate Vi joue dans « The Healing ». Ne le ratez pas!

Des projets de contrôle des inondations avortés

Le site internet Get Real Philippines explique [en anglais] que les projets pour lutter contre les inondations, dont le budget s'élevait à 1,9 milliard de pesos philippins et que le gouvernement Aquino a annulé, auraient pu sauver le métro de Manille des dommages qu'il a subis :

En plus du regrettable coût d'opportunité de 12,5 milliards de pesos philippins des dégâts causés par le typhon Pedring en 2011, il faut maintenant ajouter le coût encore à définir des destructions causées par les inondations, tout ça parce que les principaux projets pour de nouvelles infrastructures ont été tués dans l’œuf par le président Aquino, peut-être parce que son ennemi personnel, « l'affreux régime » de la GMA (groupe de média philippin), était associé à ces projets.

'Dans les médias généralistes, les masses sont toujours accusées d'avoir « la tête dure » s'ils n'évacuent pas les lieux. Mais quand le gouvernement/ les pouvoirs publics font l'économie de projets de lutte contre les inondations, alors ils les ignorent/ ne tiennent pas compte d'eux.' Image publiée par Pixel Offensive sur Facebook.

‘Dans les médias généralistes, les masses sont toujours accusées d'avoir « la tête dure » s'ils n'évacuent pas les lieux. Mais quand le gouvernement fait l'économie de projets de lutte contre les inondations, alors ils les ignorent.’ Image publiée par Pixel Offensive sur Facebook.

A la recherche d'un coupable

Dans son statut Facebook [en anglais], Gerry Lanuza remet en question le discours ambiant qui voudrait que les pauvres soient tenus pour responsables de la catastrophe; le président a récemment reproché [en anglais] au public, lors d'une conférence de presse donnée au plus fort des inondations, de ne pas avoir pris au sérieux les alertes de risques d'inondations et d'avoir « par conséquent risqué encore plus la vie des sauveteurs » :

On trouve deux causes principales aux inondations : la première, c'est que le métro de Manille produit chaque jour 8600 tonnes de déchets, la seconde, c'est que des occupants informels s'installent près des étangs, des ruisseaux et des voies d'eau. Quel est le dénominateur commun ? C'est que la plupart d'entre eux sont démunis et sont des squatters ! La solution? Démolir, verbaliser les pauvres qui créent des décharges sauvages et contrôler la population. Pourquoi pas une politique d'emplois durables, une meilleure éducation et des logements de masse ? Parce qu'il est préférable de croire aux mythes plein de bon sens concernant les pauvres que de se confronter réellement au problème. Parce que cela mettrait à jour l'évidente discrimination et la négligence subies par les squatteurs des villes!

Pendant ce temps, une société prestataire de service a également subi de fortes remontrances [en filipino] pour avoir demandé à ses agents de plateforme téléphonique d'aller travailler malgré les inondations. Le message interne qu'elle a envoyé à ses employés a été diffusé sur plusieurs sites de réseaux sociaux et a fait l'objet de nombreuses critiques :

La Business Processing Association des Philippines [en anglais] a demandé au gouvernement de ne pas appliquer aux entreprises de plates-formes téléphoniques sa décision de suspendre le travail [en anglais]]. La société BPO (Business Process Outsourcing ou externalisation des processus d'affaires) en question a publié une déclaration de gestion de crise [en anglais] qui propose une prime de jour férié majorée de 30% pour les employés qui viendraient tout de même travailler :

Alors que nous encourageons nos employés à venir travailler, nous leur demandons de le faire seulement si ce n'est pas dangereux pour eux de circuler.

Sur son blog, le jeune groupe progressiste Anakbayan  [en anglais] condamne le gouvernement Aquino d'avoir permis au groupe BPO de contourner l'avis de suspension de travail.

En gros, l'administration Aquino n'a pas assumé sa responsabilité et son rôle principal qui est de s'assurer de la sécurité des travailleurs philippins. Il n'y a aucune certitude que les employeurs vont assurer eux-mêmes la sécurité de leurs employés, et il n'existe aucune mesure gouvernementale obligeant les employeurs à le faire. Aucune prime de « jour férié » ne justifiera le fait de risquer la vie d'employés de BPO ou d'autres compagnies.

Dans le fond, l’administration Aquino ne fait que révéler à qui elle estime devoir rendre des comptes : pas à la classe laborieuse philippine, ni aux millions de Philippins qui travaillent dur, mais aux grosses sociétés cupides et aux capitalistes.

Dans le même temps, le site A Radical's Nut fustige [en anglais] la cupidité des compagnies pétrolières et de production d'énergie pour avoir augmenté les prix de l'essence et de l’électricité pendant la catastrophe, et l'inaction du gouvernement pour les en empêcher.

Petron, qui appartient à Danding Cojuangco, oncle du président, comme d'autres compagnies pétrolières, a augmenté les prix à la pompe malgré la gravité de la situation, grâce à la loi de dérégulation du prix de l'essence, loi défendue avec acharnement par le président Aquino, en dépit des critiques et des accusations de sureévaluation des prix, et qui leur donne le droit d'augmenter leur tarifs sans aucune consultation publique.
Meralco, qui appartient également à Danding ainsi qu'aux soutiens bien connus du président, Manny Pangilinan et la famille Lopez, a augmenté sa production en dépit des événements, grâce à la loi Epira (Electric Power Industry Reform Act), dont la mise en œuvre totale rencontre une forte opposition à Mindanao et dans d'autres secteurs, et qui permet une augmentation automatique de ses taux de production sans consultation publique.

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