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Egypte: Un adolescent s'oppose à la militarisation de l'école

[Les liens renvoient vers des pages en arabe ou en anglais]

Depuis la chute du Président égyptien Hosni Moubarak et la transition dirigée par l'armée, l'institution militaire a essuyé des critiques croissantes. Plusieurs groupes révolutionnaires ont condamné les mauvais traitements et les violations commis par les militaires. L'un de ces groupes, Non aux Procès Militaires, se consacre à militer contre le déferrement de civils devant les tribunaux militaires. Une campagne appelée Militaires Menteurs a utilisé les médias sociaux pour dénoncer l'utilisation de la violence par l'armée à l'encontre de manifestants pacifiques. D'autres s'élèvent contre le contrôle des militaires sur les affaires civiles en général. D'autre part, la conscription est de plus en plus contestée.

Le Mouvement Non au Service Militaire a été fondé en 2009 et plus récemment des membres de ce mouvement ont fait état leur refus de se présenter au service militaire, refus fondé sur leurs convictions pacifistes.

Ahmed Hassan, un jeune blogueur membre de ce groupe a fait un pas de plus contre l'institution militaire en refusant la militarisation de l'école. En Egypte, quelques lycées et toutes les universités publiques inscrivent au programme des cours obligatoires d'éducation militaire. Le mouvement a considéré qu'Ahmed avait franchi une étape importante en exposant pacifiquement les violations des droits de l'homme commises par les militaires égyptiens qui obligent les enfants à un entraînement militaire.

Dans cette vidéo [en arabe] sur YouTube, Ahmed explique son action (cliquer cc pour les sous-titres en anglais) :

Ahmed a démarré une campagne intitulée “Non à la militarisation de l'école” où il demande aux élèves de son école de Minia, une ville du sud de l'Egypte, de boycotter les cours d'éducation militaire. En réponse à sa campagne, la direction de l'école a changé le nom de l'école. Le Lycée de Garçons de Minia est devenu le Lycée Militaire de Garçons de Minia. On lui a dit que ses examens ne seraient pas validés et que sa punition consisterait à faire 15 jours de formation militaire dans une base militaire locale. Malgré cela, il est resté sur ses positions et a boycotté l'examen d'éducation militaire. En persistant dans la défense de sa cause, il a pu récupérer son dossier à l'école et obtenir son examen de fin d'étude. En gagnant sa bataille il a créé un précédent pour des telles écoles.

Le Mouvement Non au Service Militaire a félicité Ahmed pour son courage :

Le mouvement fait l'éloge de Ahmed Hassan pour son courage et sa constance à défendre ses idées et ses principes. Il le félicite d'avoir combattu la pénétration de l'institution militaire au quotidien après le coup d'état militaire. Le mouvement demande aux militaires égyptiens de se conformer aux lois internationales et d'arrêter toute formation militaire des mineurs de moins de 18 ans. Il est temps de purger les écoles égyptiennes de toute forme de militarisation et de militarisme.

Ahmed tenant une affiche sur laquelle il est écrit “menteurs”. Photo du compte Twitter @S_Takoza.

Global Voices a interviewé Ahmed Hassan :

Global Voices (GV): Quelles sont vos motivations pour avoir rejoint le mouvement contre le service militaire obligatoire ?

Ahmed Hassan (AH): J'avais entendu parler du mouvement avant la révolution et j'ai lu ce qu'en disait Maikel Nabil (le fondateur du mouvement) sur son blog. J'ai trouvé que ce qu'il faisait était courageux. Après d'autres lectures sur le service militaire obligatoire, j'ai pensé que c'était une forme d'esclavage. Après avoir refusé de passer mes examens en éducation militaire, j'ai été contacté par le mouvement et j'en suis devenu membre.

GV: Quel rôle peuvent jouer les médias sociaux pour la promotion du changement social ?

AH: Les médias sociaux sont très importants en particulier pour les jeunes et je pense qu'il jouent un grand rôle pour la mobilisation. Mais je pense que les effets des médias sociaux sont limités, même si je les utilise moi-même pour faire connaître mes causes et pour mobiliser pour les manifestations.

GV: Comment ont réagi vos parents face à votre activisme ?

AH: Ils n'ont appris ma situation à l'école qu'à la fin, et quand ils l'ont su ils ont été très contrariés et m'ont demandé de me concentrer sur mon avenir. J'ai parlé à mon père et je l'ai convaincu de ma position et de mes droits. Cependant, encore maintenant, ils n'apprécient pas mon activisme politique et je continue à agir derrière leur dos !

GV: Etes-vous impliqué dans d'autres activités pour votre communauté ?

AH: Je suis volontaire pour d'autres groupes de jeunes tels que le mouvement du 6 avril. Je suis aussi engagé sur un projet pour encourager la participation des jeunes élèves à l'école et les inciter à former des groupes d'élèves actifs dans leur communauté. J'ai aussi démarré une campagne contre le harcèlement sexuel et je fais partie d'initiatives artistiques.

GV: Comment souhaitez-vous voir l'Egypte dans le futur ?

AH:En ce qui concerne le gouvernement, j'aimerais qu'il respecte les droits humains et la liberté. En ce qui concerne les gens, j'aimerais qu'ils connaissent leurs droits et qu'ils cherchent activement à les faire respecter.

GV: Qu'est-ce que vous voulez dire aux autre jeunes ?

AH: Je dis aux jeunes de ma génération que nous vivons une époque où les peuples ont brisé les barrières de la peur et demandé le respect de leurs droits. Nous devons donc maintenir nos acquis et ne jamais laisser personne nous les ôter.

 

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