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Inde : Tollé sur la Toile après l'arrestation du caricaturiste Aseem Trivedi

Le 8 septembre 2012, un caricaturiste politique lauréat de plusieurs prix a été arrêté à Mumbai, en Inde, sur des accusations de sédition et placé en garde à vue. Aseem Trivedi, âgé de 25 ans, co-lauréat du Courage in Editorial Cartooning Award (Prix pour le courage en caricature politique) 2012 décerné par Cartoonists Rights Network International (CRNI), est surtout connu pour les messages percutants de ses caricatures publiées sur le blog Cartoons Against Corruption (Caricatures contre la corruption). Il est également membre fondateur de Save Your Voice, un mouvement qui vise à mobiliser l'opinion publique contre la censure sur Internet.

Aseem Trivedi a été arrêté pour avoir “insulté” le Parlement et d'autres symboles nationaux à travers ses caricatures politiques, qui parodiaient ces symboles pour dépeindre un pays en proie à des escroqueries et des scandales de corruption. L'arrestation a été effectuée suite à une plainte privée déposée contre lui auprès de la police de Mumbai et à la Haute Cour. Plus tôt cette année, le site Web de Trivedi avait été bloqué, mais il a depuis déménagé sur un autre blog.

 

Capture d'écran du blog  Caricatures  contre la corruption

Des militants anti-corruption, ses collègues, ainsi que des net citoyens sont outrés de son arrestation, qui est largement considérée comme  un acte à caractère politique et illégal du gouvernement. Justice Katju, le président du Press Council of India (Conseil de la presse indienne), a défendu avec force Trivedi disant que la satire politique était une profession pleine de risques, que la classe politique doit apprendre à supporter.

Le blogueur Arun a écrit sur son blog Musings :

Les politiciens sont nerveux, semble-t-il, outrageusement, et ils s'en sont pris au caricaturiste Aseem Trivedi. Voir ici à ce sujet. C'est scandaleux! Qu'arrive-t-il à la liberté d'expression en Inde ?

Political cartoonist Aseem Trivedi arrested in India for "insulting" National symbols. Original image from Wikipedia, used and adapted by the author under CC BY-SA 3.0

Exprimant son soutien à Trivedi, Sanjeev Sabhlok, un ancien fonctionnaire, est cinglant dans sa critique de l'establishment politique. Il attire l'attention sur une caricature politique qu'il avait lui-même dessinée dans les années 1970, et dit :

Apparemment, en Inde, c'est un crime que de traiter du cours actuel des affaires : un monstre qui suce le sang du peuple indien … Apparemment, Trivedi a manqué de respect aux symboles nationaux … Qu'est-ce qui est plus important : les symboles ou la réalité ? À mon avis, le gouvernement indien montre le PLUS GRAND manque de respect envers les symboles nationaux. Trivedi a vu juste.

Des tweets qui reflètent les sentiments populaires et l'indignation ont inondé la toile, faisant monter en Tendance le mot-clic # AseemTrivedi sur Twitter. Quelques exemples :

Nikhil Moro (@nikhilmoro): Horrible ! Aseem Trivedi, caricaturiste politique indien, arrêté en vertu de l'art. 124A, la loi coloniale en vertu de laquelle Gandhi a été reconnu coupable en 1922.

Sujit Kumar Sahu (@sujitsahu53): @janlokpal Dessiner une caricature politique c'est un crime, mais se battre à l'intérieur du Parlement n'est pas un crime ..!! Jago Jago Inde

PennyKin (@pallavipinakin) : Étrange époque, en effet, quand une caricature est considérée comme de la sédition, mais la corruption éhontée est acceptable. # # AseemTrivedi Inde

Chetan Bhagat (chetan_bhagat) : Ce sont les escrocs qui détournent les ressources du pays gratuitement pour des amis qui se sont rendus coupables de sédition, pas les dessinateurs.

Sardar Khan (@hussync_in) : Vous saurez que vous êtes en Inde, si comme caricaturiste vous allez en prison, et si comme terroriste, vous avez une sécurité n garantie! # # AseemTrivedi iProtest

Tushar A. Gandhi (@TusharG): Arrêter et accuser Aseem Trivedi est une action méprisable qui doit être condamnée et le gouvernement doit être ridiculisé.

Cependant, certains internautes ont également soulevé des questions quant à savoir pourquoi la colère se tourne contre le gouvernement, en bloc, alors que l'arrestation a été faite sur la base d'une plainte privée et d'une ordonnance du tribunal qui a suivi. D'autres ne sont pas d'accord avec une telle différenciation :

Abdulla Madumoole (@AMadumoole): @TusharG Mais il s'agit d'une plainte privée, la police a agi sur mandat judiciaire – pourquoi le gouv devrait-il être ridiculisé ?

Mahesh Murthy  (@ maheshmurthy): @ probablytrippy flics = bras armés du gouv., l'exécution d'ordres des politiciens. depuis toujours.

Certains mettent également en cause la pertinence de certaines caricatures de Trivedi, telles que celle sur les viols collectifs, Gang rape of Mother India (qui montre une femme en train d'être clouée au sol), les trouvant de mauvais goût. Cependant, d'autres y voient des analogies acceptables. Ce qui a ravivé le débat sur l'opportunité ou non d'avoir une ligne de démarcation entre l'art / la satire et l'obscénité.

Siddhartha (@srameshwaram): ashutoshibn7 Aseem devrait être libéré, tout le monde devrait avoir une chance, mais les caricatures de Mother India devraient être retirées le plus vite possible.

Shipi Tewari (@shipitewari): Svp, ne reproduisez pas les caricatures de Trivedi. Elles sont dégoûtantes et bon marché .. Veuillez trouver d'autres façons de le soutenir! Ughh!

R.K. Mishra (@rkmishra100): @gsurya Aussi bien M F Hussain que #Aseem trouvent qu'elles blessent les sentiments des gens. Tout le monde ne peut pas résister à la réaction. # Aseem devrait s'excuser.

Sai Kumar (@m_saiK): @PowercutIN et toute personne sensée sait que ses caricatures n'ont pas insulté mother India (mère Inde) … Elles ont pris en mire les gens qui la dirigent.

Nilanjana Roy (@nilanjanaroy): @aparnaray Si vous avez commis un crime de mauvais goût, que se passerait-il au Parlement ? L'emprisonnement d'un caricaturiste est loin d’être un jugement artistique !

De son côté, Trivedi continue son défi et a promis de poursuivre sa lutte contre la corruption dans la vie politique et la gouvernance. Réagissant à l'indignation populaire, le ministre de l'Intérieur du Maharashtra RR Patil a déclaré qu'il étudiait la question, mais a admis prima facie que la police n'avait aucune raison de garder le dessinateur en garde à vue. La police, elle aussi, semble avoir changé d'opinion et est ouverte à renoncer à sa garde à vue. Des internautes ont déjà vu cela comme une victoire possible pour les médias numériques.

Mahesh Murthy  (@ maheshmurthy) La libération de # AseemTrivedi une victoire pour le numérique en Inde ? Peut-être en partie. Nous avons commencé à mettre la pression et les médias traditionnels l'ont amplifiée

Cependant, au tribuanl, Trivedi a refusé sa libération sous caution, et a insisté pour que toutes les accusations de sédition contre lui soient abandonnées. Comme la police ne souhaitait plus le garder à vue, il a été placé en détention judiciaire jusqu'au 24 septembre 2012. Il semble que la bataille n'est pas encore terminée sur le cas d'Aseem Trivedi. On peut trouver ici la pétition en ligne demandant sa libération. Une autre pétition, demandant au gouvernement d'abroger la loi sur la sédition, peut être signée ici.

2 commentaires

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