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Venezuela : Réflexions suite à la victoire d'Hugo Chavez

[Liens en espagnol et en anglais] Dimanche 7 octobre, l'émotion était forte au Venezuela suite à l'annonce des résultats de l’élection présidentielle [en]. Hugo Chavez, président sortant, a été réélu avec 55.14% des voix, contre 44.24% pour le candidat de l'opposition Henrique Capriles, selon le Conseil National Électoral.

Une partie de la population a célébré la poursuite de la  ‘Révolution bolivarienne‘ de Chavez, alors que du côté des opposants on déplorait une nouvelle défaite électorale.

Réflexions des partisans de Chavez

Tamara Pearson dans Venezuelan Analysis [en] qualifie les résultats de dimanche de “victoire imparfaite”. Elle affirme que malgré l'état d'esprit victorieux des partisans de Chavez dimanche soir, elle s'est sentie “un peu abattue”.

car six millions de personnes ont soutenu, en votant pour Capriles, l'égoïsme (il avait centré sa campagne sur le fait que le Venezuela mette fin à la solidarité envers les autres pays) ainsi que la destruction et la vente du pays.

Elle analyse les raisons pour lesquelles la brèche entre l'opposition et Chavez est en train de se resserrer. Vu depuis cette perspective, “l'opposition sortira renforcée” par conséquent “la révolution ne peut pas se laisser aller” :

Si nous ne mettons pas fin à la corruption et la bureaucratie durant le prochain mandat, nous pourrions perdre cette révolution. Maintenant que les élections sont terminées, nous avons deux grandes questions à nous poser : Comment approfondir la révolution? Survivra-t-elle?

Supporters of President Hugo Chavez during the presidential elections on October 7, 2012. Photo by Alejandro Rustom. Copyright Demotix.

Partisans du président Hugo Chavez le jour de l'élection présidentielle le 7 octobre 2012. Photo d'Alejandro Rustom. Copyright Demotix.

Antonio Aponte, du blog Un Grano de Maíz [es] félicite les partisans de Chavez pour la victoire, cependant son regard se tourne aussi vers les futurs défis de la Révolution bolivarienne. Il analyse également la distance qui se resserre entre les partisans du gouvernement et ceux de l'opposition :

[…] nous passons de 26% à seulement 10% de différence aux résultats des élections. Nous perdons presque 20% de nos voix, les analyses montrent que nous les avons perdues chez les classes pauvres, sans augmenter le nombre de voix des classes moyennes.

Pourquoi ce déclin? La réponse réside dans l'essence du Socialisme, sans la comprendre nous allons tout droit vers l'échec : l'essence du Socialisme c'est l'amour, les liens fraternels, dans le sens de l'appartenance à la société.  L'essence du capitalisme c'est l'égoïsme, les solutions individuelles. C'est ça le fondement de la bataille, la lutte féroce entre égoïsme et amour, et c'est dans ce sens que nous devons diriger nos efforts.

Il conclut que les “révolutionnaires” doivent acquérir de toute urgence une “culture de la discussion” : “Sans discussion une révolution se meurt” :

Les études, les discussions doivent constituer les principales tâches de la société. L'ignorance est contre-révolutionnaire. Vive Chavez !

 

Réflexions de l'opposition 

De nombreux blogueurs ont suivi de près la campagne de Capriles, enthousiasmés par ce qui semblait être le moment adéquat pour un changement au Venezuela. Ils ont rapidement réagi aux résultats, partageant leur tristesse et leur déception, tout en faisant leur autocritique.

Alex Boyd [en] affirme sur son blog qu'il “ne s'attendait pas à un résultat différent”. Il publie une carte des résultats et ajoute une réflexion sur la fraude électorale :

Hugo Chávez a de nouveau mis une raclée à l'opposition. Six ans, et la plupart de mes compatriotes choisissent encore Chavez. C'est bien, je n'ai aucun problème avec ça. Le bon côté des choses, c'est que Henrique Capriles, Leopoldo Lopez, Ramon Guillermo Aveledo entre autres ont enterré le fantôme de la fraude électorale au Venezuela. En répétant que le système avait été suffisamment contrôlé, et que l'opposition s'était occupée de placer des témoins dans tous les bureaux de votes du pays, il n'y a pas lieu de continuer à penser à la fraude.

Selon Manuel Silva du blog No solo con la palabra, le pire pour l'opposition, à travers ses nombreux processus électoraux, est de ne pas être préparée à la défaite. Il affirme cependant que l'échec de l'opposition n'est pas politique :

L'opposition a perdu car […] la plupart des Vénézuéliens ne s'identifie pas à cette forme de gouvernement. Nous sommes prêts à accepter les abus et à nous faire marcher dessus comme mode de vie, on rend l'insécurité naturelle, on se résigne face à la misère, on accepte avec plaisir de vivre comme on l'a fait durant les dernières années: en nous détestant les uns les autres.

La blogueuse Mirelis Morales Tovar de Caracas Ciudad de la Furia affirme quant à elle que l'opposition n'a pas suffisamment appris :

nombreux sont ceux qui doivent regarder un peu plus loin. Le Venezuela ce n'est pas Caracas, ni La Lagunita et encore moins Twitter. Nous sommes un pays divisé en deux, et nous devons apprendre à regarder de l'autre côté.

D'après Alejandro Tarre, l'opposition doit se tenir prête, et continuer à proposer une alternative pour les vénézuéliens, en prenant en compte le fait que “la politique, comme la vie, n'est pas immobile, elle est fluide” et que le pays votera en décembre pour les maires et les gouverneurs :

La masse de l'opposition est bien là, le défi est simplement de la secouer jusqu'à en tirer la stupeur dans laquelle elle se trouve, pour ensuite la mobiliser. On a beaucoup dit qu'après cette grande campagne, Capriles est en position idéale pour prendre la tête de l'opposition et renforcer l'unité. Et bien voilà son premier défi. Plus que jamais nous avons besoin de notre rock star pour mobiliser les gens et parcourir le pays afin de soutenir les candidats aux postes de maires et gouverneurs.

 

Voici quelques-unes des réflexions des partisans de Chavez et de l'opposition, suite aux élections les plus intenses et les plus disputées des dernières années. De nombreuses autres réactions ont été publiées sur Twitter, média citoyen préféré de la plupart des internautes au Venezuela.

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