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La Vanguardia censure un blog pour avoir parlé de la grève de la faim chez Telefónica

La journaliste catalane Lali Sandiumenge [en catalan et en espagnol] a décidé de retirer des blogs associés à La Vanguardia [en espagnol] le blog militant qu’elle tenait, Guerreros del teclado [Les Guerriers du clavier, en espagnol]. Elle a pris cette décision à la suite du retrait par la direction du journal d’un billet dans lequel elle expliquait la situation des nouveaux salariés de la grande entreprise des télécommunications Telefónica qui sont en train de mener une grève de la faim à Barcelone, et l’utilisation que ceux-ci font d’Internet pour faire connaître leurs revendications. Ces travailleurs demandent la réintégration d’un de leurs collègues licencié.

La Vanguardia

Vue du blog après la suppression du billet.

Lali Sandiumenge, qui a été correspondante au Caire pour le quotidien catalan Avui, a lancé son blog sur La Vanguardia le 1er mars 2011, en ayant comme objectif d’aborder l’utilisation d’Internet par les cyberactivistes du monde entier. Le vendredi 9 novembre, la journaliste a décidé de réaliser un entretien avec le groupe de salariés en grève de la faim, pour expliquer en particulier comment ceux-ci se servent d’Internet pour leur lutte, devant le « siège médiatique » qu’ils dénoncent. Le lendemain de sa publication, la direction du quotidien a décidé, comme l’explique [en espagnol] Lali Sandiumenge, de retirer l’article :

La direction de La Vanguardia a décidé de censurer le billet lundi et elle l’a supprimé. Ils m’ont appelée pour me l’annoncer, avec franchise. Ils ne m’ont pas demandé d’abandonner mon blog, mais la décision qu’ils ont prise est en contradiction directe avec ce que je crois et qui est la raison pour laquelle je suis journaliste, c’est pourquoi j’ai décidé d’arrêter de collaborer avec leur portail. C’est une question de principes. Je démarre donc ce blog personnel, je publie de nouveau, avec sa date réelle, la chronique que j’ai écrite sur la grève, qui en est maintenant à son dixième jour, et j’espère en écrire beaucoup d’autres. Continuons.

Bien que le journal l’ait informée du retrait du billet [en espagnol] et n’ait pas fait pression pour qu’elle ferme le blog, la journaliste a décidé de quitter le portail et de le réouvrir [en espagnol] sur la plateforme libre WordPress. On peut lire sur le nouveau blog le billet [en espagnol] censuré par La Vanguardia, dans lequel Lali Sandiumenge explique de quelle façon les salariés de Telefónica ont articulé leur lutte par l’intermédiaire d'Internet :

« Internet leur appartient et nous luttons sur leur propre terrain », explique Isabel, l’une des salariées de l’entreprise, membre du syndicat Co.bas qui, avec En Construcció et la plateforme Sí, soy rentable [en espagnol] créée par les salariés, coordonnent la lutte sur le front du cyberespace. Avec près de 5,5 millions de lignes sur un total de 11 164 966 (chiffres de 2011), Teléfonica est le principal opérateur fixe à haut débit en Espagne, bien que sa part de marché ne soit plus aussi majoritaire qu’autrefois.

Le combat en ligne, surtout grâce à @HHTelefonica [en catalan et en espagnol] et @sisoyrentable [en catalan et en espagnol] sur Twitter, à un compte qui retransmet des images en direct [en catalan et en espagnol] et au blog Vaga de fam a Telefónica [en catalan et en espagnol], va de pair avec la lutte sur le terrain.

Lali Sandiumenge explique ensuite dans son article toutes les cyberactions qui ont permis aux militants de donner de la visibilité à leurs revendications, qui concernent une des société les plus puissantes de l’état espagnol.

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