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L'exécution d'un des terroristes de Mumbai en Inde ramènera-t-elle le calme ?

Cet article fait partie de notre dossier spécial Relations internationales et sécurité.

Mumbai marks first anniversary of  26/11 attacks

Premier anniversaire des attentats de Mumbai  (26 novembre 2009) par Vinit Gupta © Demotix.

[Liens en anglais] Le 21 novembre 2012, Mohammed Ajmal Amir Kasab, un militant pakistanais de Lashkar-e-Taiba et l'unique terroriste arrêté vivant après les attentats de 2008 à Mumbai, a été exécuté. L'exécution a eu lieu après le rejet par le Président de l'Inde Pranab Mukherjee du recours en grâce de Ajmal Kasab, 25 ans, et est l'aboutissement d'une longue procédure judiciaire.

Dès que la nouvelle de son exécution par pendaison a été connue, les réactions ont explosé en ligne. L'information a aussi relancé le débat sur la peine de mort en Inde, et a la question de savoir si cette exécution peut mettre fin ou au contraire provoquer de futurs attentats.

Lashkar-e-Taiba (LET), un mouvement que l'on a découvert après les attentats de Mumbai, a immédiatement réagi en promettant d'autres attentats. Les Talibans du Pakistan, de leur côté, ont également juré d'attaquer des cibles indiennes.

B. Raman, un ancien fonctionnaire indien, a commenté ces risques sur son blog :

Nos services de sécurité doivent avoir pesé la probabilité de représailles  des jihadistes au Pakistan et en Inde et renforcé les mesures de sécurité pour éviter des attentats. Le LET et leurs affiliés voudront se venger vite. Des représailles sans préparatifs peuvent se révéler problématiques en territoire indien, en dehors du Jammu et du Cachemire (…) Renforcer la sécurité physique [au Jammu et au Cachemire] et en Afghanistan devrait être la plus haute priorité. L'autre site qui requiert la vigilance est la Haute Commission d'Islamabad, qui pourrait être ciblée.

Ces informations ont provoqué beaucoup d'émotions chez les Indiens. Comme nombre de ceux qui ont été directement affectés par la tragédie de 2008, la blogueuse Matangi Mawley (qui a perdu un oncle dans les attentats) écrit :

Bravo aux autorités pour avoir traité cette exécution discrètement, merci au President Pranab pour avoir été ferme et merci l'Inde – finalement, les victimes obtiennent une sorte de justice. Je me souviens de mon bien-aimé oncle maternel, Shri. P.K. Gopalakrishnan, qui a perdu sa vie le jour funeste du 26/11

Des sentiments similaires s'expriment sur Twitter où beaucoup estiment que justice a été faite pour ce qui concerne Kasab, bien que tardivement. Certains se disent aussi soulagés d'apprendre que le gouvernement indien, qui a dépensé des millions pour garder Kasab en vie sous sa tutelle, ne serait plus contraint à dépenser davantage d'argent public. La longueur des procédures a été soulignée par beaucoup, mais le soutien du système judiciaire a aussi été salué.

Nandita Saikia (@nsaikia): L'Inde n'a pas seulement dépensé de l'argent pour “garder Kasab vivant” ; il l'a dépensé en vérifications préalables et pour respecter sa propre loi. L'investissement n'était pas négociable.

Ceux qui ont perdu des êtres chers durant les attentats de 2008 à Mumbai ont éprouvé un soulagement (ou une raison de se réjouir) à l'annonce de la mort de Kasab. Ashish Chowdhry, qui a perdu sa soeur et son beau-frère dans la tragédie, a tweeté :

Ashish Chowdhry (@AshishChowdhry): pourquoi devrais-je me réjouir de la mort de Kasab ? Je me réjouirai quand on arrêtera d'enseigner à des enfants comment tuer au nom de dieu…

On trouve aussi des réflexions sur le fait que Kasab, un exécutant, était peut-être le plus facile à traduire en justice, alors que le(s) cerveau(x) derrière les attentats n'ont toujours pas été trouvés.

Laughing Gas (@waatho): Ajmal Kasab était un simple exécutant. Très peu de satisfaction ou de réconfort d'apprendre qu'un pion a été retiré de l'échiquier.

Vishal Dadlani (@Vishal): Ne soyez pas trompés ou distraits par la mort de Kasab. Soyez tristes parce que nous n'avons pas été capables d'attraper les véritables cerveaux. Ou de faire le ménage chez nous.

L'exécution par pendaison a ramené sur le devant de la scène le débat sur la peine de mort – une discussion qui coïncide avec l'Assemblée générale des Nations unies qui a récemment approuvé un projet de résolution en faveur de l'abolition de la peine de mort dans le monde entier. 110 nations ont voté pour, l'Inde et le Pakistan font partie des 39 pays qui ont voté contre la résolution. Oculus Dada relève sur Twitter la coïncidence avec le jour du vote :

Oculus Dada (@daddy_san): Pour votre information, voici 12 heures, l'Inde a voté contre une résolution de l'Assemblée générale visant à interdire la peine de mort. Maintenant, on sait pourquoi. #Kasab

De nombreux blogueurs ont exprimé leurs opinions sur la peine de mort dans des posts ou des tweets. Il y a ceux qui ne voient pas de solutions alternatives à ce que l'on pouvait faire de Kasab, même s'ils ont des réserves sur la peine de mort. D'autres auraient privilégié l'emprisonnement à perpétuité.

Les conséquences à long terme de l'exécution de Kasab ne font pas l'unanimité. Le Christian Science Monitor écrit qu'elle n'aura probablement pas de répercussions sur le processus de paix Inde-Pakistan, alors que le site de la Deutsche Welle pense le contraire. Dans un post d'invité sur le site Kafila, le blogueur indien Yug Mohit Chaudhry a parlé du “pouvoir de la pitié” à propos de l'exécution de Kasab. Faisant écho aux avis les moins optimistes, il écrivait :

Exécuter Kasab au nom du peuple indien ne fera que nourrir un bas instinct de vengeance qui rendra notre société plus assoiffée de sang, plus encline à l'esprit de vengeance, et violente. Cela n'améliorera en rien notre sécurité ou notre bien-être.

ISN logoL'article et ses traductions en espagnol, arabe et français ont été commandés par International Security Network (ISN) dans le cadre d'un partenariat destiné à faire entendre les points de vue des citoyens sur les relations internationales et les questions de sécurité à travers le monde. Cet article a d'abord été publié sur le blog de l'ISN. Voir d'autres articles ici.

 

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