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Les derniers développements de la crise politique à SaoTomé-et-Principe

[Liens en portugais sauf mention contraire] Sao Tomé-et-Principe a vécu ces dernières semaine un des événements politiques les plus importants depuis son accession à l'indépendance. Le gouvernement a été, Global Voices l'avait annoncé, la cible, le 29 novembre, d'une motion de censure venant des partis d'opposition. La tension politique atteignit son apogée au moment où l'assemblée nationales approuva cette motion en l'absence des parlementaires de l'ADI (Action démocratique indépendante) soutenant un gouvernement minoritaire. La réponse de l'ADI fut d'organiser une manifestation et de réclamer des élections anticipées.

Le Président de la République, Dr. Manuel Pinto da Costa [en anglais], a convoqué le Conseil d'Etat pour tenter d'arriver à un consensus avec l'opposition mais cet espoir s'est révélé totalement vain. Après des consultations et entretiens divers, le Président a finalement rompu le silence dans la nuit du 4 décembre et par le décret présidentiel 23/2012  (partie 1partie 2), proclamé la destitution officielle du quatorzième gouvernement constitutionnel dirigé par Patrice Trovoada [en anglais].

L'ADI avait annoncé une nouvelle manifestation le 5 décembre, le jour même où elle reçut un courrier du président de la république l'invitant à participer à la formation du quinzième gouvernement et désigner un nouveau représentant dans les 24h. L'ADI a évidemment estimé que le délai imparti était inacceptable et maintenu sa demande d'élections anticipées.

Manifestantes seguram cartazes diante do Palácio do Povo. Foto de Olinto Daio partilhada no Facebook (usada com permissão).

Des manifestants brandissent des pancartes devant le palais du peuple. Photo de Olinto Daio partagée sur  Facebook (utilisation autorisée)

Les  partis de l'opposition : Mouvement de libération de Sao-Tomé-Principe, Parti social-démocrate(MLSTP/PSD), et Parti de la convergence démocratique, estiment tous, comme le constate le Journal Vitrina, que le président de la république a agi prudemment et dans le respect de la constitution. Il s'est montré ouvert au dialogue et attend du Parti du gouvernement récemment démis la solution possible de la crise politique qui s'est installée dans le pays.

Sur Internet  les réactions des citoyens de Sao Tomé ne sont pas fait attendre.:

Pour Emilio Pontès qui vit en Angola, la crise politique et institutionnelle est difficile à résoudre, on pouvait déjà s'y attendre peu après les élections législatives de 2010. (…). Il s'explique dans un article du journal Tela Non : en démocratie c'est la majorité qui gouverne.

Cette opinion est partagée également par Gerhardt Seibert, un correspondant à Sao Tomé-et-Principe du centre des études africaines de Lisbonne, qui estime dans une déclaration à RFI  que les scénarios possibles sont des élections anticipées ou la formation d'un nouveau gouvernement. Il estime positif le rôle du président de Sao Tomé dans sa tentative de résoudre la crise politique dans son pays.

Emílio Pontes a republié sur Facebook l'article dans lequel il défend le principe des élections législatives anticipées dans un délais maximum de 90 jours conformément à la loi électorale.

Pour le bien du pays et pour clarifier la situation politique actuelle, rendre le pouvoir au peuple pour que celui-ci décide, souverainement, dans le calme et tourné vers le développement, de qui pourra le gouverner pendant les quatre prochaines années.

Le sociologue Humbah Aguiar avait déjà publié avant l'annonce de la démission du gouvernement un article dans lequel il se mettait à la place du président : “Si j'étais le Dr. Pinto da Costa“…

Si le vote de la motion de censure et l'élection du président de l'assemblée était légales, si les motifs invoqués par les députés de l'ADI n'étaient pas sérieux, si les accusations lancées par l'opposition au gouvernement étaient fondées : alors là oui mais seulement à ces conditions je convoquerais des sélections anticipées, car avoir un parlement qui ne fonctionnerait  pas selon ses propres règles et un gouvernement qui ne serait pas en train de travailler pour le peuple n'aurait aucun sens. (…) . En dernier recours je demanderais à l'ADI qu'elle nomme un nouveau premier ministre et je l'inviterais à former son gouvernement.

En conclusion Patrice Troavada ne doit pas être le seul au Parti ADI susceptible de devenir premier ministre !

Concentração do Povo na Praça Yon Gato. Foto de Olinto Daio partilhada no Facebook (usada com permissão). Num comentário lê-se: "Não se aceita que em 22 anos de democracia já nomeou 15 governos..Estamos perante uma média de 1ano , 5 meses e 20 dias para cada governo.. Temos que dar um BASTA nestes bloqueadores do desenvolvimento..."

Assemblée populaire sur la place Yvon Gato. Photo de Olinto Daio diffusée sur  Facebook (usage auorisé). Sur les banderoles on peut lire: “Il n'est pas acceptable qu'en 22 ans de démocratie 15 gouvernements ont été nommés ce qui fait une moyenne d'un an, cinq mois et 20 jours pour chacun d'eux. Il faut mettre un terme à ces obstacles au développement”

Si l'ADI refuse la proposition du Président de former un gouvernement, Pinto de Costa devra se tourner vers le Parti Social Démocrate, le second dans l'ordre des législatives de 2010, pour former un exécutif, surtout si d'autres partis représentés au parlement comme le Parti de la convergence démocratique étaient disposés à constituer une coalition. En dernier recours il resterait l'éventualité d'élections législatives anticipées et même éventuellement la possibilité de mettre en place un gouvernement de techniciens.

En réponse à une question posée par la DW portugaise pour l'Afrique sur Facebook : ” Comment envisagez-vous le futur immédiat de la situation politique de Sao Tomé-et-Principe après la démission du gouvernement par le président Manuel Pinto da Costa?”, les internautes n'ont pas oublié la situation politique en Guinée-Bissau qui partage le même passé d'occupation coloniale portugaise. Un pays qui cumule les problèmes politiques et militaires et qui en avril dernier fut victime d'une nouvelle crise politique inaugurée par un coup d'état militaire et la destitution du gouvernement.

Protestante diante do Palácio do Povo segura cartaz que diz "Corruptos fora da Assembleia". Foto de Olinto Daio partilhada no Facebook (usada com permissão).

Manifestants devant le palais du peuple avec des pancartes portant les mots : “Les corrompus hors de l'assemblée”. Photo de Olinto Daio partagée sur  Facebook (avec autorisation)

Et pourtant au milieu des turbulences qui assombrissent la vie politique de Sao Tomé-et-Principe, une bonne nouvelle provient de la classification présentée par “Transparency International” sur la perception de la corruption en 2012 : Sao Tomé-et-Principe a gagné 28 places depuis le classement précédent se situant aujourd'hui en 72° position.

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