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Un tribunal saoudien condamne deux réformistes à 10 et 11 ans de prison

Cet article fait partie de notre dossier central en anglais Procès des réformistes en Arabie Saoudite

 

Le 9 mars 2013, le tribunal pénal de Riyad a rendu sa décision concernant deux figures du réformisme et des droits humains, Mohammad al Qahtani et Abdullah al Hamid, inculpés pour “rupture de l'allégeance au souverain et à son successeur” et pour avoir “essayé de freiner le développement du pays”. al Qahtani a été condamné à 10 ans de prison et al Hamid à 5 ans qui s'ajoutent à une peine précédente (de 7 ans, dont il avait été gracié par le roi après une année de détention). Le juge a déclaré que leur  liberté représentait un danger et a ordonné leur arrestation immédiate. Il a également ordonné la dissolution de l'Association saoudienne des droits civils et politiques (ACPRA) et la confiscation immédiate de ses biens. Les deux défenseurs des droits humains disposent de trente jours pour faire appel.

Le procès d'al Qatani et al Hamid a débuté en juin 2012 en secret et a été scindé en deux affaires distinctes. Après la première audience, le juge les a fusionnées mais a insisté pour le  huis clos. Les deux militants ont refusé, en affirmant qu'il s'agissait d'un procès politique et qu'il devait se dérouler publiquement pour garantir la justice. À la cinquième audience, le juge a finalement accepté que le procès devienne public.

al-Qahtani (left) and al-Hamid (third on left) right before the session. via @DrRAYQ

al Qahtani (à droite) et al Hamid (troisième à droite) juste avant l'audience, via @DrRAYQ

La veille de sa condamnation, al-Hamid publiait sur Tweeter [arabe,ar] :

إلى الإخوة المتشائمين والمشفقين من #محاكمة_حسم لئن سجنا فهو والله نصر كبير جدا للمشروع ومن السجن تشعل الشموع

@Abubelal_1951: À tous mes frères qui sont pessimistes et consternés par ce procès fait à l'ACPRA : si nous sommes emprisonnés, c'est une grande victoire pour notre projet et des bougies s'allument dans les prisons.

Plus de 130 sympathisants, ainsi que les correspondants de certains journaux nationaux mais aussi d'Al Jazeera et de Sky News ont assisté à la dernière audience. Plus de 30 représentants des forces spéciales étaient également présents dans le tribunal.  al Hamid était venu en avance afin de rassembler les signatures des militants présents à l'extérieur pour exiger le renvoi du Ministre de l'Intérieur Mohamed ben Nayef et l'annulation de tous les jugements rendus lors de procès secrets.

Le militant Waleed Abualkhair déclarait sur Tweeter :

سحب الأقلام بالإضافة الى الجوالات وعدد الحضور وصل الى ١٠٥ حتى الآن بحسب الكشف وهناك ٣٠ لم يسجلوا

@abualkhair: Ils ont pris nos stylos et nos téléphones. Selon la liste, il y a maintenant 105 personnes qui assistent à l'audience plus 30 qui ne se sont pas encore inscrits.

Certains n'ont pas réussi à entrer. Hood al-Aqeel témoignait ainsi :

الان في داخل المحكمه وقد منعت من الدخول للقاعه بحجه عدم وجود أماكن فاضيه !!!

@h_141: Je suis au tribunal. On ne m'a pas laissé entrer sous prétexte qu'il n'y aurait plus de place libre !!!

Dans son jugement, le juge a déclaré qu'Al-Qaïda et ACPRA incarnent les deux faces d'un même problème. Il a également affirmé la légitimité de la coercition dans l'exercice du pouvoir. Mohammad al-Abdualkreem rapportait ainsi ses propos :

توصل القاضي إلى بطلان نظرية العقد الاجتماعي ومنافاتها لعقيدة المسلم، وجواز التغلب والتوريث والتعيين واعتبارها من أصول السلف

@alabdulkarim0: En conclusion, le juge a déclaré que la théorie du contrat social n'est pas valable car elle est en contradiction avec la foi musulmane. Selon lui, l'exercice coercitif du pouvoir, la monarchie héréditaire et le système de nominations sont inhérents aux principes de l'Islam.

En mai 2011, al Qahtani avait participé à la campagne Women2Drive qui réclamait le droit de conduire pour les femmes. Il semblerait que le juge y ait fait référence dans son jugement. Jihad Abdullah rapportait sur Twitter :

القاضي قبل قليل يتهم القحطاني بأنه يركب سيارته وزوجته تقود السيارة ومعهم اجانب يتجولون داخل الرياض، طيب هو حر وزوجته وش دخلك ! #محاكمة_حسم

@CheJihad: Le juge vient d'accuser al Qahtani de laisser sa femme conduire lorsqu'il est en compagnie d'étrangers. Ils en sont bien libres et ce ne sont pas vos affaires !

Les utilisateurs de Twitter ont remarqué que le mot-clic du procès renvoyait à des messages générés automatiquement maintes fois répétés attaquant les deux militants et les accusant de trahison. Mishari AlGhamdi notait ainsi :

نفس العبارة تكتبها عشرات المعرفات الوهمية .. شغل رديء .. حتى شغل التطبيل و التدليس خربه الفساد

@mishari11: La même déclaration est postée par des dizaines de faux comptes. Travail d'amateurs… Même le léchage de bottes et la fraude pâtissent de la corruption !

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