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Les immolations par le feu continuent en Tunisie

Le 12 mars, Adel Khadri, un vendeur de rue de cigarettes âgé de 27 ans s'est immolé par le feu dans l'avenue principale de Tunis, l'avenue Habib Bourguiba. Selon des témoins, Adel Khadri aurait crié : “C'est un jeune homme qui vend des cigarettes à cause du chômage” avant de s'immoler. Adel Khadri est décédé tôt au matin du 13 mars à l’hôpital pour les grands brûlés de Ben Arous.

Le blog collectif Nawaat anonce [fr]:

Le jeune vendeur à la sauvette qui, désespéré par ses conditions de vie, s’était immolé, est décédé mercredi à l’aube, dernière illustration en date des tensions sociales en Tunisie auxquelles le nouveau gouvernement devra faire face une fois investi. “Il est mort aujourd’hui à 5 h 30 du matin des suites de ses graves brûlures“, a dit Imed Touibi, le directeur du Centre des grands brûlés de Ben Arous (banlieue de Tunis) où le jeune homme de 27 ans, Adel Khadri, était hospitalisé.

L'auteur du blog Massir Destin, citant la radio privée Mosaïque FM, écrit à propos [fr] du nombre d'immolations par le feu en Tunisie :

Oh mon Dieu!!!
Le nombre d'immolations par le feu en Tunisie:
2 en 2010
91 en 2011
63 en 2012
11 en 2013
Source Mosaïque fm. Mais on n'a pas précisé le nombre de décès.

Emergency services arrive  at Habib Bourguiba Avenue to transfer Khadri to hospital. Image via Alqarra TV facebook page

Les secours arrivent sur l'avenue  Habib Bourguiba pour transporter Adel Khadri à l'hopital. Photo de la page Facebook de Alqarra TV

Le 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi, un vendeur de fruits ambulant de Sidi Bouzid s'était immolé par le feu suite à la confiscation par la police de ses moyens de subsistance. Son acte désespéré avait provoqué des manifestations pour la justice sociale et la démocratie à Sidi Bouzid, puis dans tout le pays, obligeant le président Ben Ali à s'enfuir en Arabie Saoudite 18 jours plus tard. Vingt-quatre mois après la chute de Ben Ali, la Tunisie connait cependant toujours des problèmes socio-économiques profonds, intensifiés par la crise politique encore aggravée depuis l’assassinat d'un leader de l'opposition, Chokri Belaid, le 6 février 2013.  L'augmentation des prix, un taux de chômage de 16.7% et les inégalités entre régions rendent la vie de tous les Tunisiens, mais surtout des plus démunis, difficile. Adel Khadri ne rencontraient pas seulement des difficultés financières. Selon son frère [fr], il souffrait de problèmes gastriques qu'il ne pouvait soigner par manque d'argent.

Benoît Delmas, un journaliste vivant à Tunis, écrit [fr] :

Adel Khadri est-il mort pour rien ? La question semble indécente mais elle est suscitée par le silence politique qui a entouré l’annonce de cette immolation. Laquelle renvoie inévitablement au point de départ de la révolution tunisienne lorsque Mohamed Bouazizi, un vendeur à la sauvette de fruits et légumes, s’aspergea d’essence et s’immola à Sidi Bouzid, le 17 décembre 2010. Avant et après Bouazizi, d’autres cas similaires furent notés. La mort, au petit matin, d’Adel Khadri devrait interpeller toute la société tunisienne. Un pays qui n’offre aucun espoir à sa jeunesse est un pays qui s’étiole, s’effondre. Il ne s’agit pas d’exiger des remèdes miracles mais de demander à la classe politique, majorité ET opposition, de bien vouloir travailler pour le bien commun, l’intérêt national, le peuple. Les chicaneries politiciennes qui polluent toutes les vieilles démocraties ne sont pas d’une urgence absolue pour un pays qui vit librement depuis seulement deux ans et deux mois.

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