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En Arabie Saoudite, le gouvernement menace de bloquer Skype et WhatsApp

Les dirigeants de l'Arabie Saoudite, qui faisait partie en 2012 de la liste des ennemis d'internet [en français] (rapport établi par Reporters Sans Frontières), menacent de bloquer l'utilisation de moyens de communication très populaires tels que Skype et WhatsApp (un service d'applications de téléphonie mobile) .

Brian Whitaker, qui participe au blog Al-bab [en anglais], dit des autorités saoudiennes qu'elles :

menacent de bloquer l'utilisation de services comme Skype, WhatsApp et Viber, à moins que les compagnies qui les gèrent n'acceptent la surveillance des messages et appels des utilisateurs.

Sur la chaîne de télévision Al-Arabiya, on a pu apprendre que les membres de la Commission des Technologies de Communication et d'Information (C.T.C.I.) ont donné jusqu'à la fin de la semaine aux compagnies concernées pour donner leur réponse.

Et de préciser :

“Si jamais ces sociétés déclaraient qu'il était impossible de contrôler leurs applications, la commission a affirmé qu'elle envisagerait de prendre des mesures pour en empêcher l'utilisation à travers tout le royaume.”

Dans le journal d'information Arab News, basé à Jeddah, on peut lire que les autorités sont inquiètes parce que les applications utilisent des connections sécurisées :

“Selon deux sources bien informées qui travaillent pour des compagnies locales de télécommunication, la situation a été le sujet de discussion principale entre les dirigeants des compagnies de télécommunication et les membres du C.T.C.I. au cours des trois dernières semaines. Les pourparlers ont finalement débouché sur la demande des membres du C.T.C.I. à pouvoir surveiller les applications qui utilisent des connections cryptées.”

Comme on pouvait s'y attendre, les autorités utilisent le prétexte de la lutte contre le crime et le terrorisme pour justifier leur besoin d'exercer une telle surveillance. Mais, comme l'explique très bien un article du site Ahram Online, les conservateurs du royaume sont inquiets de voir les réseaux sociaux se développer sur internet, réseaux qu'ils ne peuvent pas contrôler et qui “ont largement repoussé les limites imposées à la liberté d'expression”.

Whitaker nous rappelle que:

La question maintenant est de savoir si les compagnies concernées vont céder aux demande du C.T.C.I. Trois ans auparavant, le pays a vécu une situation similaire quand le C.T.C.I. a menacé d'interrompre le service de messagerie de BlackBerry (Blackberry Messenger) si Blackberry ne lui communiquait pas les codes d'accès qui permettaient de lire tous les messages.

Ce problème a finalement été résolu, même si l'on ne sait pas vraiment comment. Le C.T.C.I. a déclaré avoir levé l'interdiction qui pesait sur Research in Motion, la société canadienne qui gère Blackberry, après que la société eut décidé de “suivre” certaines exigences réglementaires. Selon plusieurs enquêtes, la société aurait cédé et accepté d'installer un serveur BlackBerry dans le pays pour permettre aux Saoudiens d'accéder directement aux informations confidentielles des clients.

Sur le site Riyadh Bureau, Ahmed Al Omran écrit [en anglais] que Abdulaziz Al Sheikh, le grand mufti d'Arabie saoudite, a décrit Twitter comme étant un endroit où les jeunes perdaient leur temps et « le lieu de rassemblement de tous les clowns et corrupteurs qui publient des tweets illégitimes et mensongers.”

Al Omran ajoute également que:

Le grand mufti est devenu de plus en plus critique face aux utilsateurs de Twitter ces derniers temps. En janvier 2012, il a déclaré que ce réseau social “était devenue une plate-forme qui permettait aux personnes en manque de popularité d'échanger des accusations et de publier des mensonges” Puis en octobre, il a traité les utilisateurs de Twitter d’ « imbéciles » et les a accusés de manquer de modestie et de foi.

Al Omran a également présenté des statistiques sur les utilisateurs de Twitter en Arabie Saoudite et les a commenté comme suit :

Twitter est devenue une plate-forme incontournable pour les échanges d'idées et les débats politiques dans le pays. Une récente enquête nous apprend que 51% des internautes en Arabie saoudite utilisent activement Twitter, ce qui est un record mondial. Le mois dernier, un officiel saoudien a avoué que la quantité de messages publiés par les utilisateurs à l'intérieur du pays était tellement importante que le gouvernement faisait tout ce qui était en son pouvoir pour contrôler et censurer le site.

Alors que, grâce au développement des réseaux sociaux, les Saoudiens parviennent à faire entendre leur voix sur internet, les autorités saoudiennes font tout ce qu'elles peuvent pour les faire taire.

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