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Togo: Une victoire pour la liberté des médias, mais les affrontements se poursuivent

Catégories: Afrique Sub-Saharienne, Togo, Droit, Droits humains, Élections, Gouvernance, Liberté d'expression, Manifestations, Média et journalisme, Médias citoyens, Politique, Travail

Cet article a été écrit par Madeleine Bair, responsable de la chaîne droits de l'homme de l'association WITNESS. [1]

(Billet d'origine publié le 29 mars 2013)

Les vidéos citoyennes des manifestations de février et mars au Togo, toutes en français, ont été compilées et publiées sur des comptes YouTube et Twitter. Une sélection complète de ces vidéos se trouve sur le Human Rights Channel [2] (canal des droits de l'homme) sur YouTube.

Les journalistes du Togo, un pays d'Afrique de l'Ouest, se réjouissent de la décision de la Cour constitutionnelle [3] rejetant une récente loi limitant la liberté des médias. La loi aurait donné à l’agence de régulation des médias [4]du pays le pouvoir de punir les journalistes, censurer et fermer des organes de presse sans ordonnance du tribunal.

Les journalistes togolais ont réagi [5] à la loi adoptée en février avec un black-out des médias et des sit-in [6] devant le palais présidentiel en mars. Une vidéo [7] réalisée par des journalistes citoyens et un groupe de défense des militants a enregistré les manifestations ainsi que la réaction [8] des autorités. Elles révèlent un usage excessif de la force, entraînant une suffocation par gaz lacrymogènes et des blessures causées [9] par des balles en caoutchouc.



A l'approche des élections, la répression contre la presse et les personnalités de l'opposition n'est que la continuation d'une habitude des dirigeants togolais, qui ont toujours tenté de contrecarrer le processus démocratique et de s'accrocher au pouvoir.

Pendant cinq décennies, ce petit pays a été gouverné par un seul parti, le Rassemblement du Peuple Togolais [10] (RTP). Dans les années 1990, le Togo a adopté des réformes démocratiques, y compris des élections multi-partites. Mais il n'a pas encore réussi à mettre en oeuvre ces réformes, chaque élection a été marquée par des conflits politiques, la violence et la répression des partis de l'opposition.

Cette année aussi, on ne s'en tire pas autrement. Pour les élections prévues pour la fin de mars, 27 membres de la coalition de l'opposition, y compris le président de l’Alliance nationale pour le changement [11], ont été arrêtés sur des accusations liées aux incendies [12] dans la capitale, Lomé. Les manifestations contre ces arrestations ont également été réprimées avec des gaz lacrymogènes et des balles [13] en caoutchouc. Les élections ont depuis été reportées.

Malgré la décision de la cour, annulant les plus récentes restrictions sur la presse, les journalistes font face à d'autres obstacles au Togo. L'association Freedom House [14] décrit la presse togolaise comme “non libre”, non pas en raison de restrictions légales, mais à cause des intimidations et de l'impunité pour les attaques contre la presse. La censure officielle ou de facto rend le journalisme en ligne encore plus important. Comme le journaliste Noel Tadégnon le fait remarquer [15], les journalistes vont probablement se tourner vers le Web pour contourner la censure du gouvernement alors que ces conflits se poursuivent.

Pour voir plus de vidéos participatives sur la répression de la liberté de la presse et de l'opposition au Togo, visitez la liste de lecture vidéo sur le canal droits de l'homme. Les vidéos de Human Rights Channel  [2](canal droits de l'homme) sont le produit d'une collaboration entre l'association Witness [1] et Storyful [16], hébergée sur YouTube.