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“Mort ou vif” : Comment le premier ministre slovaque esquive les convocations de la justice

Robert Fico a exercé les fonctions de Premier Ministre de la Slovaquie d'abord de 2006 à 2010, puis a passé deux ans dans l'opposition, avant de retrouver son poste en avril 2012. En 2011, dans l'intervalle entre ses deux mandats, M. Fico – qui n'ignorait pas “la totalité des conséquences jurifiques” – déclara [en slovaque] que son successeur (qui allait être aussi, par la suite, son prédécesseur), la Premier Ministre Iveta Radičová, était “incompétente, menteuse et suspectée d'avoir trempé dans la corruption.”

Mme Radičová a assigné M. Fico en justice, exigeant des excuses, mais il ignore le procès [slovaque] depuis déjà un an, et la police elle-même est incapable de trouver l'adresse du Premier Ministre pour lui délivrer les convocations du tribunal.

D'après le registre de la population, M. Fico n'a pas d'existence officielle (probablement pour raisons de sécurité). La juge Michaela Králová a pris langue avec le siège de la police de quartier pour faire remettre le courrier à la dernière adresse connue de M. Fico. La police a découvert que si la plaque sur la porte indique toujours “Fico,” l'appartement du Premier Ministre a été vendu et le nouveau propriétaire (qui se trouve être le neveu de M. Fico) a prétendu ne pas connaître l'adresse actuelle de celui-ci. (Quelques mois auparavant, M. Fico avait pourtant annoncé publiquement [slovaque] qu'il avait déménagé dans une résidence de luxe, le Bonaparte, située près du Château de Bratislava.) La police a alors envoyé un avis par courrier au Secrétariat du Gouvernement, qui en a refusé la réception.

Robert Fico during the 2010 parliamentary elections. Photo by Tomas to-mas Halasz, copyright © Demotix (12/06/10).

Robert Fico lors des élections parlementaires de 2010. Photo Tomas to-mas Halasz, copyright © Demotix (12/06/10).

Mme Radičová, revenue d'Oxford pour le procès, a qualifié la situation de “mascarade.”

Le porte-parole de M. Fico a fait savoir que les affirmations selon lesquelles “il n'était pas possible de remettre quelque chose à l'une des personnes les plus publiques de Slovaquie” étaient “ridicules.”

Le Premier Ministre a fait récemment une apparition dans un programme télévisé mélodramatique en prime time. Gabor Grendel, ancien journaliste et ex-porte-parole du Ministère de l'Intérieur, a écrit [slovaque] :

Quand il s'agit d'un programme télé montrant de poignantes histoires humaines, délivrer une invitation à Robert Fico ne pose absolument aucun problème. Mais si c'est le tribunal qui le cherche pour s'expliquer sur ses propos, pour lesquels il est poursuivi par Iveta Radičová, soudain il n'y a personne au secrétariat du gouvernement pour prendre sa convocation.

Peter Jankovič, de l'association civique “Stop Alibismus” [slovaque], s'adresse ironiquement [slovaque] à M. Fico :

[…] suite aux derniers événements, je vous prie de bien vouloir relever dès que possible le Ministre de l'Intérieur Robert Kaliňák de son poste. […] Les fonctionnaires de son ressort sont incapables de délivrer même un courrier ordinaire du tribunal et pas même au citoyen le plus connu de l'Etat, qui de plus ne se cache même pas. […]

Ján Macek a écrit [slovaque] :

Si les flics sont sains d'esprit, je me demande s'il est normal que la Slovaquie ait pour premier ministre quelqu'un dont ils ne peuvent trouver l'adresse.

Tomáš Bosák a écrit [slovaque] :

Je voudrais rappeler au magistrat du tribunal de district à Pezinok que Fico est au gouvernement et a assez de temps pour participer à un programme télévisé. De même, il aurait pu trouver le temps d'accepter la [convocation du tribunal] et finalement venir à l'audience avec l'ex-Premier Ministre Radičová. Mais le Premier Ministre a toujours eu tendance à se comporter comme un enfant privé de ses jouets.

Ci-après, quelques commentaires sous cet article de SME [slovaque] consacré à l'affaire.

Najsocialnejsi.Financny.Zralok.z.J&T.Fico a écrit :

La semaine dernière [Fico] criait qu'il n'y avait pas d'état de droit en Slovaquie. A présent je ne sais pas s'il se plaignait ou s'il se félicitait de son oeuvre.

Hlava81 :

C'est du mépris pour la justice. Quelle sorte de pays est-ce, où le Premier Ministre ignore les lois. […] Comment veulent-ils que les citoyens respectent les lois ?

Dana Bobeková :

Quelle différence y a-t-il entre le Premier Ministre et un membre de la Mafia ? Aucune. Aucun des deux ne veut recevoir de courrier. :)

Le lecteur a boľševizmus musí byť zničený!!! a fait allusion [slovaque] à la passion de M. Fico pour les objets de luxe, ainsi qu'à l'enregistrement de son discours secret de 2002, rendu public avant l'élection de 2010, dans lequel “une voix ressemblant à celle de Fico” disait qu'il avait gagné des millions “avec sa tête” (voir ici l'article de GV) :

Voici mon conseil : Annoncez que des montres Rolex seront distribuées gratuitement dans les locaux du tribunal. […] Il viendra – avec sa tête.

Kasi a écrit :

[…] Il faut peut-être lui donner [la convocation du tribunal] à la conférence de presse en direct.

logikanepusti :

[…] Et si on le faisait rechercher par Interpol ?

appleVSsamsung a commenté le parcours universitaire de M. Fico :

Vous croyez qu'un docteur en droit et titulaire de PhD a ces diplômes juste pour le plaisir ? Il a dû travailler dur pour apprendre à truander le système :D

mirsa a écrit :

Et qui dirait maintenant que nous sommes tous égaux devant la loi ? Le Premier Ministre, un avocat, n'y croit pas, et se comporte en conséquence.

vskiper :

[C'est] super de vivre dans un pays où la police n'arrive pas à trouver le Premier Ministre ;))

Chytrak :

On devrait mettre des affiches “Recherché, mort ou vif” […].

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