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Conversation avec Marianna Breytman, traductrice pour Global Voices

Lors du Sommet de Global Voices [anglais, en] à Nairobi, au Kenya, j'ai rencontré de (relativement) nouveaux collaborateurs de Global Voices. L'une d'eux était Marianna Breytman [en], qui traduit des articles de l'espagnol vers l'anglais, ce qui fait d'elle une lectrice avide des contenus publiés par les auteurs d’Amérique Latine [espagnol, es] et d’Espagne [es] sur le site Global Voices en espagnol.

Nous nous sommes entretenus de façon informelle et vous pouvez la voir (et l'entendre) dans la vidéo ci-dessous parler de Global Voices, de traductions et de langues [en espagnol] :

Depuis lors, nous sommes en contact via email, par lequel nous avons parlé des sujets suivants :

Juan Arellano : Vous avez récemment passé la barre des 100 traductions d'articles pour GV. Est-ce que ceci était, d'une certaine façon, un but que vous vous étiez fixé quand vous avez commencé ? 

Marianna Breytman : Non. A vrai dire,  quand j'ai commencé à Global Voices, je ne savais pas où ça me mènerait. Je faisais juste les traductions parce que c'était quelque chose que j'aimais faire. C'était amusant, comme je vous l'ai dit à Nairobi. Mais avec chaque traduction, j'en apprenais de plus en plus sur l'organisation et son importance dans le monde du journalisme. Le but de 100 articles est arrivé alors que mon 2e anniversaire avec GV approchait (en mars 2013) et je voulais traduire 100 articles avant cela. Et bien, mon 2e anniversaire a eu lieu le 18 mars et quelques jours plus tard, j'ai traduit mon 100e article [en], donc j'ai presque réussi !

JA : Est-ce que des traductions que vous avez faites pour Global Voices ont eu un impact sur vous ? Avez-vous des anecdotes ? 

MB : Les traductions qui ont un impact sur moi sont celles d’événements qui se déroulent dans des lieux où j'ai été. Je me rappelle d'un article qu'Ariel [Moreno] a écrit sur les “démons rouges” [es] au Panamá juste lorsque je me suis rendue là-bas. Je savais que je devais traduire cet article parce que j'ai eu cette expérience, de les voir dans toute la ville.

Il y a un autre article dont je me souviens, de Robert [Valencia] à propos des manifestations à Brooklyn suite à la mort de Kimani Gray [es]. Je ne savais même pas que cela se passait dans ma propre ville avant de me lancer dans la traduction [en].

Néanmoins, la traduction qui m'a le plus touchée n'a pas été pour GV, mais plutôt pour une collaboratrice de GV – Elaine Díaz Rodríguez. Quand Elaine s'est vu refuser son visa pour venir aux USA (*), elle a publié un article [es] sur son blog  sur ce qui s'était passé. Elle voulait répandre la nouvelle et je lui ai immédiatement dit que je le traduirais. J'étais si triste après avoir lu son récit émouvant et en avoir appris davantage sur sa situation, parce qu'elle était ma collègue et amie, que cela m'a poussée à faire la meilleure traduction [en] possible. À ce moment, j'ai réalisé l'importance de faire des traductions pour donner la voix à ceux qui veulent raconter leurs histoires au reste du monde. C'est la raison pour laquelle j'adore ce que je fais.

JA : L'espagnol n'est pas votre mangue maternelle, alors comment vous êtes-vous intéressée à cette langue ? 

MB : Tout le monde me pose cette question et je n'ai toujours pas de bonne réponse ! J'étudie l'espagnol depuis de nombreuses années, j'ai commencé alors que j'étais petite fille à l'école primaire, mais je pense que la première fois que je m'y suis vraiment intéressée c'était en 6ème ; j'avais un professeur espagnol qui était un juif orthodoxe de Panamá (c'est la beauté de vivre à New York !). Je pense qu'il avait vu quelque chose en moi que je n'avais pas remarqué et il m'a encouragée à continuer à apprendre cette langue. Grâce à lui, je me suis mise à lire davantage, à écouter davantage la radio espagnole, et à prendre des cours pour élèves avancés.

Je pense que c'était moitié ça, moitié le simple fait qu'apprendre l'espagnol était quelque chose qui me plaisait. J'ai toujours eu de bonnes notes en classe juste parce que je ne voulais pas en avoir de mauvaises et j'ai travaillé très dur pour les obtenir. Mais apprendre l'espagnol n'a jamais été comme ça pour moi. C'était intéressant et très amusant. Je l'ai étudié parce que ce n'était pas comme si je me forçais à l'apprendre. C'était simplement faire quelque chose qui me plaisait. (C'est aussi la deuxième langue de New York alors ça tombait bien !)

Marianna Breytman

Marianna Breytman

JA : Sachant que vous êtes bénévole pour GV, quelles autres occupations avez-vous ?

MB : À l'heure actuelle je travaille pour une organisation à but non lucratif qui a divers programmes d'échanges pour les étudiants. Je travaille plus particulièrement pour le programme Au Pair, qui donne aux étudiants qui vivent à l'étranger l'opportunité de venir aux USA pour s'occuper d'enfants et étudier en même temps. Mon poste est celuis de Coordinatrice du recrutement international, donc, j'examine toutes les demandes de candidature et travaille avec nos partenaires internationaux pour les aider à promouvoir le programme dans leurs pays d'origine.

À part ça, j'enseigne de temps en temps l'espagnol dans un centre d'éducation collaborative à Brooklyn.

 JA : J'ai lu que vous vous intéressez à la gastronomie… Cuisinez-vous pendant votre temps libre ? 

MB : Où avez-vous lu ça ?! Haha.. La gastronomie m'intéresse, mais je ne cuisine pas autant que je le voudrais. J'adore goûter la nourriture de différents pays. J'ai été à Panamá pour la première fois en mars (et ai eu la chance de rendre visite à un autre GVer, le merveilleux Ariel Moreno) et j'ai mangé mon premier ceviche. C'était délicieux et j'adorerais apprendre à en faire.

 JA : Vous êtes très jeune. Quels sont vos projets d'avenir ? 

MB : Pour l'instant, j'aimerais vraiment continuer à travailler dans le domaine de l'éducation internationale. Je suis fascinée par ce sujet des cultures mêlées et coexistantes, ce qui est la raison pour laquelle j'adore vivre à New York.

Pour le futur, je pense travailler pour une organisation qui œuvre en faveur des droits de l'Homme et / ou s'implique dans des projets de développement économique. J'aimerais aussi continuer à enseigner l'espagnol.

Et évidemment, j'espère continuer à travailler avec Global Voices. J'aimerais me diversifier et en apprendre davantage sur d'autres projets au sein de GV aussi. En fait, j'ai récemment fait quelques traductions pour Eddie [Ávila] à Rising Voices et ça m'a donné l'opportunité d'en apprendre plus sur cette partie de l'organisation. Je suis aussi bénévole pour WITNESS [en] (l'un des partenaires de GV qui crée des vidéos en faveur des droits de l'homme) depuis plus d'un an et je projette de continuer à les aider et à faire des traductions pour leurs initiatives.

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Dans la vidéo suivante, nous parlons un peu plus de Global Voices et du Sommet qui nous a réunis à Nairobi [en espagnol].

JA : Quelque chose à ajouter ? 

MB : Oui, avec l'aide de Firuzeh [Shokooh Valle] et Silvia [Viñas], j'espère continuer à évoluer comme traductrice. En fait, je n'ai jamais pensé de ma vie que, en tant que traductrice bénévole, j'aurais l'opportunité de faire partie de cette famille GV et de rencontrer tant de personnes incroyables qui changent le monde. C'est vraiment un rêve devenu réalité.

 

(*) – Finalement, Elaine obtint [es] le visa le 10 avril, après un examen de son cas.

Autres articles en lien avec ce sujet :

Entretien sur Cuba avec Ellery Biddle et Elaine Díaz [en]
Matisse Bustos Hawkes, WITNESS et le pouvoir de la vidéo [en]
Chris Moya, SpainRevolt et cyberactivisme
Afef Abrougui, blogueuse tunisienne
Conversation avec Rebecca MacKinnon sur son livre “Consent of the Networked”
Une visite à Kibera [es]
Le  premier jour du Sommet de Global Voices 2012 [es]

Photo confiée par la personne interviewée, reproduite avec son autorisation
La vignette provient d'une photo prise par Rezwan pour Global Voices.

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